Analyse

Région Drâa-Tafilalet L'agriculture solidaire, réservoir d'innovation

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5030 Le 24/05/2017 | Partager
Un projet pilote du gombo pour agréger les fellahs
L’objectif est d’améliorer la production, en passant de 8 à 20 tonnes par ha
Un GIE pour les apiculteurs
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Dans la région Drâa-Tafilalet, plusieurs projets ont vu le jour dans le cadre du Pilier II du plan Maroc Vert. Ces programmes, qui visent un accompagnement solidaire de la petite agriculture, permettent par la même occasion la modernisation des pratiques et un développement rural intégré. En effet, l'agriculture représente plus de 90% de l'activité économique de la province et 60% de la population travaille dans le secteur qui procure environ 5 millions de journées de travail. C’est dans cette perspective qu’un projet pilote de valorisation du gombo a été lancé dans la petite commune rurale de Ksar Essifa, dans la province d’Errachidia.

Le gombo (Mloukhia) est un produit agricole spécifique de la région, mais dont la production et la commercialisation sont peu valorisées. Le projet, qui a démarré en 2012, est porté par l’association Al Amal des Khettarat de Ksar Essifa et chapeauté par le Centre régional d’investissement agricole du Drâa-Tafilalet. L’objectif est d’améliorer la production du gombo, en passant de 8 à 20 tonnes par ha, valoriser le m3 d’eau à travers l’utilisation du goutte-à-goutte, mais surtout l’instauration du travail solidaire au sein de la communauté. L’éclatement des parcelles agricoles dans chaque exploitation est en effet une réelle problématique dans cette commune. Avec une moyenne de 8 parcelles par exploitation et des superficies allant de 40 à 50 m2 seulement, la valorisation du gombo devait passer d’abord par l’agrégation des agriculteurs au sein de l’association, au nombre de 12 actuellement. Le projet a mobilisé à ce jour un budget de 5,87 millions de DH.

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Le projet de valorisation du miel pour les 16 coopératives du GIE des apiculteurs de Rich et Imilchil. La construction de la Maison du miel «Dar Al Assal», permet aujourd’hui au GIE d’avoir un siège, une vitrine pour les produits et une meilleure visibilité pour les coopératives 

«Le projet se décline sur plusieurs composantes: la lutte contre la désertification, la réhabilitation des khettaras, la rationalisation de l’utilisation de l’eau, l’instauration d’une pépinière et la construction d’une unité de valorisation prévue pour 2018», explique Zahra Aït Bella, du Centre régional d’investissement agricole du Drâa-Tafilalet. Certes, le système du goutte-à-goutte a, à ce jour, été installé sur à peine 4 ha, mais sert surtout de démonstration aux agriculteurs de cette région. Trois serres ont été également édifiées dans la parcelle agricole accueillant le projet, permettant d’obtenir les plants du gombo avant le début de la saison. L’association des agriculteurs participant au projet est actuellement en phase de transformation au statut de coopérative afin de pouvoir attaquer la prochaine phase de commercialisation du gombo. 

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Le projet pilote du gombo à Ksar Essifa a permis de mettre en place trois pépinières et un bassin de collecte d’eau pour l’irrigation, dont le remplissage se fait avec la participation de chaque membre de l’association (Ph. SB)

Toujours dans la région, entre la province d’Errachidia et celle de Midelt, les cercles de Rich et d’Imilchil accueillent une grande communauté d’apiculteurs qui a, depuis plusieurs années, opté pour le travail en coopérative. L’effet d’entraînement a permis la création de plusieurs coopératives d’apiculture dans cette zone, ce qui a abouti à la mise en place d’un Groupement d’intérêt économique pour l’ensemble de cette zone. «Le projet de valorisation du miel a démarré entre 2012 et 2013 dans le cadre des axes du Pilier II du PMV, en collaboration avec la coopérative Assafar pour l’apiculture. Ce projet a mobilisé près de 2,9 milliards de DH, avec la distribution de 460 ruches avec des abeilles jaunes aux adhérents, en plus du matériel nécessaire à l’élevage. «Deux formations ont également été dispensées aux apiculteurs», explique Mehdi Oukhouya, ingénieur agricole assurant le suivi du projet. En effet, la création du GIE a réuni 16 coopératives de la région, travaillant aujourd’hui en collaboration pour améliorer la production, organiser la transhumance des abeilles, mais surtout pour la commercialisation du miel avec les normes de qualité et les caractéristiques exigées sur le marché. La construction de la Maison du miel «Dar Al Assal» permet aujourd’hui au GIE d’avoir un siège, une vitrine pour les produits et une meilleure visibilité pour les coopératives. «Le projet de valorisation a permis à beaucoup d’adhérents de s’entraider pour développer l’activité et améliorer leur niveau de vie», ajoute Mouloud Issoumer, membre de la coopérative Assafar pour l’apiculture.
S.B.

 

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