Competences & rh

Education: Triche, violence, absentéisme… ce qu’ils en pensent

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5029 Le 23/05/2017 | Partager
Les élèves mènent des enquêtes terrain et sortent avec des recommandations
Centres d’écoute, activités parascolaires, éducation aux valeurs… leurs attentes
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D’après les enquêtes menées, les raisons  derrière l’absentéisme des élèves sont d’abord d’ordre scolaire, notamment le rejet par les profs des élèves retardataires. Les jeunes préconisent, d’ailleurs, l’ouverture de salles de perm pour les accueillir. Viennent ensuite des raisons d’ordre familial, comme le décès d’un parent ou la nécessité de prendre soin d’une mère malade. En revanche, ils rejettent, en majorité, toute responsabilité personnelle

Le conseil des élèves de Sidi Bernoussi, réparti en cinq groupes, a décidé de mener, pour la première fois cette année, des enquêtes terrain autour de sujets qui le préoccupent. Dont la triche, l’absentéisme, la violence et harcèlement, et les drogues.
Le groupe de Tacharouk s’est penché sur le phénomène de la triche. Un questionnaire a été soumis à un échantillon de 100 élèves de 3e année du collège (50 filles et 50 garçons).

Les résultats sont édifiants. 82% avouent avoir déjà triché, même si 90% se disent contre. Ils s’y adonnent parce qu’ils n’ont pas confiance en eux, s’absentent souvent, ont de «mauvaises fréquentations», ne sont pas préparés aux examens ou en ignorent les conséquences. Néanmoins, ils ne sont pas les seuls responsables.

Les jeunes pointent, également, du doigt leurs profs qui, parfois complices, leur facilitent la tâche, ne les préparent pas convenablement aux épreuves, ne leur expliquent pas correctement les cours et ne les éduquent pas à des valeurs, telles que le civisme et la citoyenneté. Pas plus que leurs parents qui leur mettent, la pression pour qu’ils obtiennent de bonnes notes. Les collégiens décrient, en outre, la difficulté des examens et l’insuffisance du temps accordé.

Ils avouent aussi que la triche, banalisée, est même perçue par la majorité comme un droit. Pour lutter contre ce véritable fléau, ils recommandent, entre autres, une forte implication des parents dans l’éducation de leurs enfants, la lutte contre l’encombrement des classes, du soutien scolaire, des examens adaptés au niveau des élèves, la mise en place de centres d’écoute et un programme annuel d’actions de sensibilisation.

Le groupe de Anassi, pour sa part, s’est intéressé à la violence. Pour les élèves, les raisons en sont multiples, comme le défaut d’éducation aux valeurs de citoyenneté et aux droits de l’Homme, l’échec de l’école à développer des aptitudes personnelles et l’esprit d’initiative, et l’influence de l’environnement immédiat.

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Pour beaucoup d’élèves, la triche s’est transformée en droit. Même si 90% sont contre, 82% avouent avoir déjà triché. C’est ce qu’a révélé l’enquête des élèves de Tacharouk (Sidi Bernoussi) auprès de 100 collégiens de 3e année

Là encore, ils insistent sur les valeurs, sur le rôle des clubs thématiques et des centres d’écoute et de médiation, ainsi que sur l’importance de la participation des élèves à la gestion de la vie scolaire. Les jeunes de Sidi Bernoussi, eux, ont traité le thème de l’absentéisme, dont ils ont réparti les facteurs en trois types: scolaires, familiaux et personnels (voir illustration). Le fait de refuser l’entrée en classe aux élèves retardataires fait partie des raisons les plus relevées par l’enquête. Le groupe préconise ainsi la mise en place de salles à la disposition de ces élèves retardataires. Il insiste aussi sur le renforcement de la communication entre l’école et les parents.  

L’équipe d’Al Azhar, quant à elle, a travaillé sur les drogues. Après avoir organisé plusieurs ateliers, elle est sortie avec plusieurs recommandations, notamment la prévention, à travers le suivi des élèves, à la fois par les parents et l’administration de l’établissement, la création de salles de permanence ouvertes à tous, la mise en place de centres d’écoute avec des assistants sociaux et la multiplication des activités parascolaires. 

Enfin, l’équipe Sidi Moumen a choisi la violence scolaire, le harcèlement et la solidarité. D’après ses investigations, la violence émane essentiellement de la mauvaise gestion des divergences entre profs et élèves, et l’absence d’activités parascolaires. Tandis que le harcèlement trouve son origine dans les problèmes familiaux, et le manque d’éducation et de sensibilisation à la gravité de la question.

Les jeunes de Sidi Moumen appellent, eux aussi, à l’activation de centres d’écoute, à l’animation de la vie scolaire, à la formation aux droits et obligations, et à la création de commissions sociales. Ils suggèrent, en outre, des uniformes pour tous les élèves. Enfin, ils appellent à la généralisation des conseils d’élèves à tous les établissements.   
Il s’agit là de travaux riches en enseignements. A bon entendeur…

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