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L’investissement est là, les difficultés à l’entrepreneuriat persistent

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5029 Le 23/05/2017 | Partager
Le Maroc est le premier investisseur intra-africain
Education, santé, formation… des entraves à la croissance
Fiscalité, système juridique, foncier, informel… des contraintes pour les PME
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Le Maroc fait partie des dix premières destinations pour les IDE en Afrique. Ensemble, ces pays ont capté 92% des investissements étrangers annoncés pour le continent en 2016. Bien que le secteur extractif représente l’essentiel de ces investissements, certains pays commencent à privilégier le secteur des services et les industries manufacturières, moins fortement consommateurs de capitaux. Et ce, afin de réduire leur vulnérabilité aux fluctuations des cours des matières premières

Le Maroc fait partie des dix premières destinations pour les investissements directs étrangers (IDE) en Afrique. Amélioration du climat des affaires, développement soutenu des infrastructures et stabilité du pays permettent d’attirer ces investissements. C’est ce qui ressort des «Perspectives économiques en Afrique 2017» publiées hier 22 mai en Inde (1). Au niveau sectoriel, c’est l’automobile qui tire son épingle du jeu.

Les investissements dans des projets nouveaux, en particulier de la part de PSA Peugeot-Citroën et Renault (France) et de Ford (Etats-Unis), ont représenté 1,3 milliard de dollars en 2016. Le Plan d’accélération industrielle 2014-2020 a pour objectif de porter à 23% la contribution de l’industrie au PIB du pays d’ici 2020 et de créer 500.000 emplois (cf. www.leconomiste.com N° 5026 du 18/05/2017).

Avec environ 8 milliards de dollars d’investissements annoncés en 2015-2016, le Maroc est le premier investisseur intra-africain. Un signe des gains en capacités des entreprises marocaines dans les services financiers, les télécommunications et les industries manufacturières. La majorité des investissements annoncés du Maroc concerne l’Ethiopie (un mégaprojet de l’OCP pour plus de 3 milliards de dollars). La Côte d’Ivoire est le deuxième bénéficiaire des IDE du Maroc (2,7 milliards de dollars en 2015-16), qui détrône ainsi la France.

L’étude fait référence aussi au développement humain et les priorités en matière d’entrepreneuriat. Les dépenses publiques consacrées à l’éducation sont supérieures à 6% du PIB au Maroc, soit le même niveau que l’Afrique du Sud, le Ghana ou encore la Tunisie. Si ces pays misent gros sur ce chantier, ils restent encore très loin de la moyenne mondiale (14,1%) et de celle de l’Afrique subsaharienne (16,3%). Au Maroc, l’éducation et la formation absorbent 21,8% du budget de l’Etat et sont identifiées parmi les entraves majeures à la croissance.

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Limitée à 1,5% en 2016 (en raison de la mauvaise pluviométrie), la croissance au Maroc est attendue à 3,7% en 2017. Cette dynamique va de pair avec l’amélioration des principaux agrégats macroéconomiques, avec un déficit budgétaire attendu à 3% en 2017

Du côté de la santé, le pays a atteint un taux de couverture médicale de 62% en 2016, contre 25% en 2006, et espère dépasser le seuil de 90% d’ici 2025. Néanmoins, le non renouvellement de la carte Ramed par une grande partie des bénéficiaires témoigne des failles du dispositif mis en place, qui ne répond pas pleinement aux attentes du monde rural où se trouvent 48% des ayants droit.

Du point de vue de l’entrepreneuriat et de l’industrialisation, les performances des nouveaux métiers du Maroc (automobile, aéronautique et électronique) ont permis de modifier le panier des exportations. Rabat s’est engagée dans un processus de réforme ambitieux afin d’améliorer le climat des affaires. Néanmoins, des obstacles au développement des entreprises persistent.

L’éducation et certains aspects de l’environnement réglementaire (fiscalité, système juridique, foncier) sont identifiés comme les contraintes majeures au développement des petites et moyennes entreprises (PME). Le poids du secteur informel est lui aussi régulièrement pointé du doigt. Le développement du statut de l’auto-entrepreneur en 2015 et l’extension progressive de la couverture sociale aux indépendants devraient permettre de faire passer vers le secteur formel une partie des acteurs engagés dans l’informel.

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(1) Les Perspectives économiques en Afrique sont publiées tous les ans par la BAD, l'OCDE et le PNUD

 

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