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Dossier Spécial

Transport & Logistique: Les flux de Renault, un cas d’école

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5025 Le 17/05/2017 | Partager
Un récent partenariat similaire avec PSA
Comment intégrer la composante ferroviaire dans la chaîne logistique
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Mohamed Rabie Khlie, DG de l’ONCF: «La réussite du modèle logistique avec Renault a été un point fort et un argument de taille pour nouer avec PSA un partenariat autour du convoyage de 200.000 voitures entre son usine de Kenitra et le  port de Tanger Med» (Ph. Bziouat)

- L’Economiste: Quels sont les nouveaux enjeux logistiques qui s’offrent à l’ONCF?
- Mohamed Rabie Khlie:
Il est  important de mettre l’accent sur le facteur de différenciation indéniable  que procure  la connexion ferroviaire  aux  nouveaux ports de Nador West Med, Safi et Kenitra, la liaison ferroviaire  aux  centrales thermiques en cours de construction et aux grandes unités de production installées ou qui s’installeront  au niveau des plateformes industrielles. C’est le cas notamment de Renault, PSA, la cimenterie… L’intégration de la composante ferroviaire dans les chaînes logistiques induites par ces projets  leur assurera  un avantage compétitif de taille.

- A combien s’élève le chiffre d’affaires actuel et sur combien vous tablez à  terme?
- L’activité Fret & Logistique génère un chiffre d’affaires excédant les  2 milliards de DH.  Avec le développement logistique et l’augmentation de la capacité du réseau suite au doublement et au triplement des voies en cours, nous tablons sur une croissance soutenue dans les années à venir.

- L’ONCF prévoit-il de développer une filiale dédiée à cette activité?
- Nous sommes dans un métier  récemment intégré par l’ONCF et opéré par des structures  internes, mais les activités logistiques seront filialisées de manière à assurer un développement autonome et accéléré. La filiale donnera plus de flexibilité et plus d’efficacité. Des études sont en cours pour arrêter le modèle économique le plus adapté à cette filialisation.

- L’opérationnalisation de la LGV vers l’été 2018 devra introduire de nouveaux services de fret notamment des produits précieux, des colis et des prestations pour les entreprises. Qu’avez-vous préparé pour cette niche fortement rémunératrice?
- La mise en service de la LGV conjuguée à l’exploitation de la 3e voie entre Kenitra et Casablanca, libèrera pour le fret une grande capacité de transport entre le port de Tanger Med et Casablanca. En effet, en plus des 3 trains de marchandises circulant actuellement sur cet axe, cette libération de capacité  permettra à l’ONCF d’injecter, au démarrage, au moins 5 trains de conteneurs par sens et par jour, soit un volume quotidien de 330 conteneurs. Ce service de trains navettes permettra  aux opérateurs économiques du Grand Casablanca de capter de la valeur créée par le port de Tanger Med, accessible grâce au train.
Quant au transport de colis ou de messagerie, nos filiales Carre et Supratours l’assurent et veillent à son développement dans les règles de l’art.

- Avec le déploiement de nouvelles capacités d’extension, quels sont vos objectifs à moyen et long terme?
- En matière de transport et de logistique, notre stratégie en cours de déploiement vise à délocaliser des activités fret en dehors des villes et dans des zones industrielles et ce, sur des espaces importants de manière à leur permettre un développement moderne et harmonieux. C’est ce qui a été  réalisé à Fès, Marrakech, Kenitra et bientôt à Oujda. Cette stratégie ambitionne également de développer, sur un foncier de 300 hectares, un réseau de plateformes logistiques au niveau de Casablanca, Fès, Marrakech et Tanger. Chaque plateforme, qui s’étend sur une superficie moyenne de 60 ha, est composée principalement d’un terminal à conteneurs sous douane, d’entrepôts logistiques et d’un hub de messagerie. L’idée est de permettre aux clients d’accéder, sur le même site, à des solutions globales et intégrées.

- Que faites-vous des espaces libérés dans les gares après le transfert fret et logistique en dehors des villes?
- L’ONCF a procédé à l’élaboration d’un schéma directeur des gares qui a permis de développer une nouvelle approche intégrée visant la valorisation de ce patrimoine ferroviaire. Cela se réalise à travers la mise en place d’un programme de développement qui intègre des projets de requalification urbaine en vue de les transformer en espaces urbains dynamiques et ouverts. Ce schéma permet de générer des recettes pour financer le programme de délocalisation et d’assurer une meilleure fluidité de la circulation autour des gares. De tels projets, inscrits dans le cadre d’une vision globale d’un développement durable, intégré et équilibré, confortent la vocation de l’ONCF en tant qu’opérateur contribuant à l’aménagement du territoire.
-Vous avez développé un modèle réussi de convoyage des véhicules du site Renault au port Tanger-Med. PSA compte dupliquer le même schéma entre Kénitra et le Port de Tanger...
- C’est grâce au train que notre partenaire Renault a pu, depuis la mise en service de son usine en mars 2012, exporter via le port de Tanger Med, d’importants volumes de voitures. Le transport ferroviaire est intégré, comme un maillon incontournable, dans la chaîne de transfert de voitures. 6 trains complets transportent quotidiennement 1.500 voitures en assurant la navette entre l’usine et le port de Tanger Med et ce, dans de bonnes conditions de qualité et de sécurité. La réussite de ce modèle logistique avec Renault a été un point fort et un argument de taille pour nouer avec PSA un partenariat autour du transport de 200.000 voitures entre son usine de Kenitra et le  port de Tanger Med. Un montage logistique intelligent a été arrêté avec ce constructeur pour assurer des navettes de 250 voitures par train et ce, à partir d’avril  2019.

Nouveau partenariat avec l’OCP

Le transport des phosphates par pipeline n’a concerné qu’un seul axe sur trois opérés par trains et  pour lesquels  l’ONCF mobilise d’importants moyens logistiques pour répondre aux besoins croissants de son client OCP en matière de transport sur ses différents sites. Au-delà  du transport des phosphates et dans le cadre de leur partenariat historique, l’ONCF et l’OCP conjuguent leurs forces pour bâtir et développer d’autres activités créatrices de valeurs dans les deux sens. «Pour booster notre activité Fret-Logistique et développer nos parts de marché dans ce secteur, l’ONCF poursuit sa politique de partenariats, à travers la signature d’accords, notamment avec l’OCP fixant les termes de collaboration entre les deux opérateurs pour la période 2016-2021», confirme Mohamed Rabie Khlie. Ce qui s’est concrétisé à travers la signature d’un nouveau contrat ONCF-OCP relatif au transport des phosphates et d’un protocole d’accord pour développer avec le groupe OCP les métiers de la logistique et de la promotion immobilière autour des gares.

Propos recueillis par
Mohamed CHAOUI

 

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