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Dossier Spécial

Transport & Logistique: Les maillons faibles d’une stratégie

Par Amin RBOUB | Edition N°:5025 Le 17/05/2017 | Partager
Les multiples couacs de l’implémentation
Du retard pris dans le déploiement, des objectifs non encore atteints…
Entrepôts: Le pari difficile du remplissage
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La stratégie nationale de la logistique devait multiplier les enjeux et les impacts sur les politiques sectorielles, le plan Emergence, le plan Maroc Vert, Halieutis, ainsi que l’accompagnement de grands chantiers en termes de travaux publics, d’infrastructures, la distribution ou encore le négoce.

L’ambition était d’enclencher la consolidation d’une réelle compétitivité ainsi que l’amélioration des indicateurs de compétitivité pour optimiser les échanges commerciaux et l’attractivité des investissements étrangers. Le pari consistait aussi à réduire les coûts liés aux flux de marchandises, aussi bien des intrants que des produits à l’export.

La logique veut que les facteurs de compétitivité gagnés au niveau de la production soient relayés par un dispositif logistique sans faille. L’objectif de départ consistait à réduite le coût logistique de 15 à 20% du PIB dès 2015. Pour mieux apprécier les enjeux de la stratégie Ghellab, il va falloir en rappeler les principaux objectifs.

Il fallait créer un demi-point de PIB par an (soit 15 à 20 milliards de DH par an). Si tout s’est passé comme prévu, la logistique devrait créer aujourd’hui au moins 2,5 points de PIB en plus. La stratégie devait aussi réduire les externalités négatives à travers la limitation des nuisances (réduction des émissions de CO2, décongestion des routes et villes, développement durable...). L’objectif consistait à réduire de 35% les émissions de CO2.

Sur ce chantier, le bilan n’est pas très reluisant. Des villes comme Casablanca sont au bord de l’asphyxie, car les principaux chantiers (Zenata, alentours du port, couloir logistique...) accusent du retard. Ce qui a des conséquences lourdes sur la circulation, les flux de transport, avec les accidents, de la pollution, les retards de livraison et les nuisances de toutes sortes...

«Il suffit de voir comment vit la population de la ville de Casablanca pour s’en rendre compte», avait confié à L’Economiste Karim Ghellab, l’un des concepteurs de la stratégie logistique. Aujourd’hui, le bilan est assez mitigé. 6 ans après le lancement de la stratégie nationale, les différents chantiers avancent très lentement, d’autres n’ont pas eu les effets escomptés.

Tant que le cordon entre le port de Casablanca et la zone de Zenata n’est pas opérationnel, les premiers effets de la phase 1 ne seront pas vraiment perceptibles, analyse un expert. «Il faut passer l’équivalent des seuils pour atteindre la 1re phase, qui devra donner les premiers effets», a confié récemment Karim Ghellab à L’Economiste. En clair, ce retard a un effet direct sur l’implémentation de la zone de Zenata (80 ha).

Tout le défi aujourd’hui consiste à mettre en place et dupliquer des centres logistiques comparables à des pôles d’attraction (Casablanca, Tanger, Marrakech...) pour pouvoir organiser la gestion des flux entre sites. D’ailleurs, c’est la massification, l’un des principaux enjeux de la stratégie, qui devra attirer les flux entre régions très bien reliées.

C’est d’ailleurs cette spirale vertueuse qui est censée faciliter l’externalisation de la logistique auprès du plus grand nombre d’entreprises, les PME a fortiori. «Tout le défi est de mettre en place cette infrastructure qui va convaincre les PME de l’intérêt de louer un espace ainsi que les services intégrés», tient à préciser l’ancien ministre de tutelle, Karim Ghellab.

Le constat des experts est unanime. L’économie nationale s’est installée depuis 3 à 4 ans dans une sorte de ralentissement. Aujourd’hui, tous les indicateurs de croissance sont en stagnation... alors que des acteurs comme la SNTL, l’AMDL et autres opérateurs de l’immobilier logistique ont développé des capacités et ouvert des entrepôts... 

Sauf que la demande est encore timide. «Il y a un souci macroéconomique dû au ralentissement de l’économie au niveau du BTP, de l’immobilier, du tourisme, de l’industrie... Tout cela se traduit par un environnement qui n’est pas propice à l’investissement», signale Karim Ghellab.

L’écosystème tarde à prendre!

La logique d’écosystème telle que pensée au départ consiste à faire jouer des synergies positives entre l’ensemble des acteurs.  L’esprit est de mettre en musique l’ensemble de sous-traitants et d’acteurs directs et indirects. Mais ce raisonnement s’avère à la fois vrai et faux au Maroc. La tendance mondiale est d’avoir des acteurs intégrés de bout en bout. Ce n’est pas le cas au Maroc. Car l’apport de l’écosystème devrait être du ressort d’un ou de plusieurs opérateurs  capables d’intégrer tous les services: le fret forwarding, le stockage, le dédouanement, le transit, le transport... Pour l’heure, la notion d’écosystème ne peut être appliquée à la logistique.

 

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