Economie

Ciment: Les ventes baissent de 7% en avril

Par Nadia DREF | Edition N°:5024 Le 16/05/2017 | Partager
En 4 mois, les ventes ont fléchi de 5,32%
Repli de l’auto-construction, augmentation des invendus dans le logement social…
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Six régions ont vu la demande se replier, durant les 4 premiers mois de l’année. La consommation du ciment a été impactée par la baisse d’activité du secteur de l’immobilier et des travaux publics

Les cimentiers s’inquiètent. Et pour cause, les baisses de la consommation de ce matériau de construction, annoncées par l’Association professionnelle des cimentiers (APC), qui s’élèvent à 5,32%, au cours des quatre premiers mois de 2017 et à près de 7% sur le seul mois d’avril, enfoncent davantage le clou et compromettent sérieusement les réalisations de 2017.

Au cours du mois d’avril, la consommation nationale s’est établie à 1,25 million de tonnes contre 1,34 million, durant le même mois de l’année écoulée. Au total, 4,8 millions de tonnes ont été absorbées par le marché, à fin avril, contre 5,08 millions de tonnes commercialisées au cours de la même période de 2016. Ces ventes ont balayé, d’un seul coup, les espoirs des cimentiers qui tablaient sur une reprise au cours du mois d’avril, après les contre-performances encaissées durant les mois de février et mars, suite aux fortes pluies.

Selon l’APC, cette dégringolade de la demande s’explique, essentiellement, par la baisse de l’activité enregistrée au niveau du secteur de l’immobilier. Déjà, la cadence de la construction a diminué dans le logement social, suite à l’accumulation des invendus.

Les promoteurs attendent l’écoulement de leurs stocks avant d’entamer de nouveaux chantiers. Même tendance baissière enregistrée au niveau de l’auto-construction, qui absorbe 40% de la demande nationale. S’y ajoute le ralentissement, voire même l’arrêt des lancements des programmes dédiés à la classe moyenne. Autre facteur aggravant et non des moindres, les six mois de blocage liés à la constitution du nouveau gouvernement, qui ont ralenti l’octroi des autorisations de construire et les marchés publics.

Par volume, la plus forte consommation de ciment a été enregistrée au niveau de la région Casablanca-Settat, qui a absorbé 263.185 tonnes, à fin avril, contre 295.541 tonnes durant la même période de 2016. Elle est suivie par celles de Rabat-Salé-Kénitra (163.610 t), Marrakech-Safi (159.115 t), Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (155.013 t) et l’Oriental (120.112 t). 

Les plus fortes baisses ont été du lot des régions de Béni Mellal-Khénifra (-15,09%), de Laâyoune Sakia El Hamra (-14,35%), de l’Oriental (-14,23%), de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (-11,64%) et de Casablanca-Settat (-10,92%). En revanche, les plus fortes hausses de la consommation du ciment ont été enregistrées par les provinces du Sud, en l’occurrence Dakhla-Oued Ed-Dahab (+28,77%), Drâa Tafilalet (+16,96%) et Guelmim-Oued Noun (+13%).

In fine, le marché cimentier, l’un des principaux indicateurs de la bonne santé du secteur de l’habitat, continue de traverser des zones de turbulences et ce, depuis 2012. En termes de perspectives, les cimentiers ne sont pas optimistes, pour les mois à venir, sachant que l’activité devrait ralentir durant le mois de Ramadan et la période de Aïd Al Adha.

Une caravane pour la sécurité dans les chantiers

L’Association professionnelle des cimentiers organise, jusqu’au 24 mai, la 4e édition de la Caravane sécurité dédiée aux actifs et responsables sécurité des sites de construction. «La mission principale de la caravane est d’inculquer la culture de la santé sécurité et d’en faire une préoccupation permanente et omniprésente au travail», a annoncé l’Association, à l’occasion du lancement de cette action de sensibilisation. Une plateforme logistique dotée de moyens techniques et humains sillonne une dizaine de villes, d’Oujda à Laâyoune. Elle propose des ateliers thématiques de formations, de diffusion de bonnes pratiques au profit des travailleurs de chantier afin de les sensibiliser aux risques professionnels et aux accidents du travail.
Au programme, la diffusion de vidéos de situations réelles et des simulations de cas pratiques sur les aspects liés aux comportements des personnels d’un chantier et à la co-activité entre entreprises, aux travaux en hauteur, à l’obligation du port des équipements de protection individuelle, à la circulation des engins, etc. Des formateurs expérimentés, des experts et des professionnels du secteur cimentier et de la construction se relayent, également, pour présenter les démarches pragmatiques et participatives à suivre, précise l’APC.
A signaler que les accidents dans les chantiers de construction sont nombreux. Seulement 2.000 cas sont recensés, tandis qu’un grand nombre n’est pas déclaré vu que c’est un secteur où sévit l’informel. Un constat alarmant.

 

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