Habillage_leco
Economie

Les ambitions africaines de Jesa

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5022 Le 12/05/2017 | Partager
L’accompagnement en infrastructures et pour le développement industriel et minier
Le renforcement des compétences locales
Après Abidjan, la J-V créée entre l’OCP et Jacobs Engineering s’installe à Addis-Abeba
abdelaziz_el_mellah_022.jpg

Pour Abdelaziz El Mellah, directeur général de Jesa, son objectif est d’atteindre les 5.000 personnes à l’horizon 2025 dont 80% seront locales

Joint-venture entre l’OCP et Jacobs Engineering, Jesa (Jacobs Engineering S.A) trace tranquillement son expansion en Afrique. L’entreprise vient de remporter plusieurs contrats en Côte d’ivoire, en Ethiopie, au Rwanda et à Conakry et a déjà installé ses bureaux à Abidjan et bientôt en Ethiopie. Pour son directeur Abdelaziz El Mellah, le potentiel en Afrique est important et l’avenir est prometteur. Un des objectifs du symposium dédié à l’ingénierie en Afrique qui poursuit ses travaux à Marrakech est de montrer ce potentiel. Entretien.
 
- L’Economiste: Jesa porte et organise la 2e édition du symposium dédié à l’ingénierie en Afrique. Comment évaluez-vous le développement de la filière dans le continent?
- Abdelaziz El Mellah:
Aujourd’hui, la filière dispose d’un fort potentiel et son avenir est très prometteur. Les pays du continent ont pris conscience qu’ils devaient prendre le train de la globalisation et prendre en charge, eux-mêmes le chantier du développement. Et l’ingénierie est un des outils de cette construction. Un avenir prometteur car tout est à faire en Afrique pour les infrastructures où il existe un fort déficit. Les routes, le transport, les énergies, l’accès à l’eau, la communication…ces chantiers qui démarrent à peine. Et puis, il y a aussi le volet industriel et particulièrement le domaine minier. L’ensemble de ces projets nécessitent donc un accompagnement d’ingénierie.

- Cela nécessite aussi des compétences et des ressources humaines…
- L’idée de départ à l’origine de la création de Jesa était de fonder une entreprise de taille mondiale autour d’une ingénierie de haut niveau, réalisée par des ressources et compétences locales. Nous sommes en adéquation avec ces objectifs et cette philosophie du départ et un des plus gros employeurs dans ce domaine. A la naissance en 2009, nous étions quelques cadres et puis nous sommes passés à un effectif de 1.200 personnes en 2015. Aujourd’hui, nous comptons 1.400 personnes et notre objectif est d’atteindre les 5.000 personnes à l’horizon 2025. Nous avons au sein de Jesa un département dédié uniquement au soutien des instituts de formation au Maroc par exemple.

- Restons en Afrique. Vous avez ouvert des bureaux en Côte d’ivoire et bientôt en Ethiopie. Pourquoi ces pays? Et qu’en est-il du Sénégal et du projet de centre commercial de 210 millions de dollars…
- Nous avons pensé notre expansion aussi bien en Afrique francophone qu’anglophone, mais cette expansion demande du temps. Nous avons choisi de commencer d’abord par assurer un ou plusieurs projets avant d’ouvrir nos bureaux sur place. C’est le cas pour Abidjan et nous avons d’ailleurs conclu un partenariat avec la plus grande société d’ingénierie en Côte d’Ivoire pour travailler ensemble dans cette région. Nous avons également remporté plusieurs contrats en Ethiopie et allons ouvrir prochainement des bureaux à Addis-Abeba. Enfin, nous sommes sur des projets au Rwanda, à Conakry…Outre les infrastructures, nous avons plusieurs clients et prospects en Afrique dans le secteur des phosphates. Comme vous le savez, l’OCP est très présent en Afrique et nous l’accompagnons pour la réalisation de ces projets au niveau de l’ingénierie. Nous nous considérons d’ailleurs comme l’outil du pays pour réaliser des projets à l’international. Maintenant, pour le projet du centre commercial du Sénégal, il est malheureusement en stand-by. Le client est en train d’apurer son assiette foncière.
- Vous rayonnez aussi en Asie et au Moyen-Orient?
- Oui et c’est au cœur de notre stratégie. Je rappelle rapidement les trois objectifs de Jesa: être le point central de l’expertise de l’ingénierie au Maroc, leader en Afrique mais aussi leader mondial dans l’ingénierie du phosphate. Et nos projets internationaux les plus avancés pour l’ingénierie des phosphates sont en Asie et au Moyen-Orient, avec des contrats déjà conclus et qui ont démarré au Pakistan, à Oman, et en Arabie Saoudite…

- Au point de faire de l’ombre à l’entité-mère?
- (rires) Non non! Nous ne jouons pas dans la même cour et nous restons beaucoup plus petits. Le deal de création de la joint-venture est clair. L’ingénierie des phosphates du monde et l’ingénierie Maroc et Afrique sont sous la houlette de Jesa.

Et au Maroc?

JESA communique rarement sur ses projets au Maroc. C’est pourtant dans le Royaume où l’entité cartonne. Outre l’accompagnement de l’OCP pour tous ces projets d’investissements, Jesa a réalisé plusieurs sites pour Siemens, Exell, la Banque populaire. «Le client Siemens a été tellement satisfait du rendu qu’il nous a intégrés dans un projet en dehors des frontières», indique fièrement El Mellah. C’est aussi à Jesa qu’a été confiée la maîtrise d’ouvrage déléguée du nouvel hôpital Cheikh Khalifa à Bouskoura. L’entreprise d’ingénierie vient aussi de remporter le marché pour la réalisation d’un data center pour un des opérateurs télécom ainsi que les travaux d’ingénierie pour la centrale éolienne de Laâyoune. Elle se charge également des études de faisabilité pour le grand chantier national du chemin de fer entre Agadir et Laâyoune.

Propos recueillis par
Badra BERRISSOULE

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc