Economie

Symposium de l’innovation: La technologie pour une agriculture durable

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5019 Le 09/05/2017 | Partager
Procédés industriels, fertilisants, biotechnologie, engrais spéciaux… le futur
L’OCP réunit 1.000 participants pour la 4e édition du Symphos à Benguerir
Son fief de R&D à 80 kilomètres de Marrakech
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En parallèle aux rencontres scientifiques du Symphos, une centaine d’exposants réunissant les principales entreprises du secteur présentent leurs produits, services et innovations. Une occasion également pour des rencontres B to B (Ph. Mokhtari)

C’est une véritable radioscopie de l’innovation qui est dressée à Benguerir au sein de l’Université Mohammed VI au 4e Symposium international de l’innovation et technologie de l’industrie de phosphate (Symphos). Organiser la 4e édition de cette rencontre scientifique au sein de l’université de Benguerir démontre l’engagement du groupe OCP dans la recherche et son investissement en les générations futures, un vivier de compétences et d’expertise, souligne Driss Dhiba, vice-président de la recherche & développement.

L’événement à dominante technologique et scientifique met à l’honneur tous les deux ans l’innovation, la technologie. L’édition de cette année du Symphos s’ouvre sur, entre autres, les défis de transformation de l’agriculture africaine, l’agriculture du futur, la biotechnologie et les engrais de l’avenir. Trois jours durant, les experts de 43 pays se penchent sur les nouvelles techniques et technologies qui peuvent améliorer la gestion de l’eau & de l’énergie ainsi que sur les procédés innovants pour une agriculture durable.

En fédérant la communauté mondiale des phosphates pour partager expertises, compétences et expériences, Symphos vise un double objectif: contribuer à faire émerger les idées de demain à même de relever les grands défis de la préservation des sols et tirer des leçons des stratégies mises en œuvre dans d’autres secteurs. «L’avenir de l’industrie devrait être envisagé dans le cadre d’une démarche de développement durable et de technologies propres, d’échange autour des matières premières, des produits intermédiaires et des produits finis», indique Rachid Boulif, directeur de la recherche et de la valorisation et membre du comité d’organisation du symposium. Cette année, Singapour est à l’honneur.

En l’espace de 50 ans, ce pays est arrivé à se classer parmi les économies les plus compétitives  et est en troisième position de l’indice mondial de l’innovation. La Recherche & Développement est devenue la pierre angulaire de la stratégie économique du pays. Pour le professeur Seeram Ramakrishna Fonction, directeur du Centre de nanofibres & nanotechnologie à l’Université nationale de Singapour (NUS), il n’y a pas de secret. La recette réside en les capacités d’investissement dans l’innovation.

Pour lui, il faut développer tout ce qui est intensif en R&D et dépasser les 3% du PIB dans la recherche. Le modèle marocain de management industriel et de développement de l’innovation dans l’industrie phosphatière, en particulier dans les domaines des mines, de la valorisation et de la production des engrais, est aussi un cas d’école. Le groupe OCP a essayé de trouver des méthodes d’exploitation plus efficaces, plus modernes et qui soient capables de récupérer plus de phosphates tout en s’adaptant au coût de recouvrement. Son engagement dans la R&D ne date pas d’aujourd’hui.

Il y a 50 ans que le groupe phosphatier prend appui sur la Recherche & Développement pour diversifier son portefeuille de produits et développer de nouveaux produits de spécialité, par l’accroissement de l’efficacité des engrais. Objectif: répondre aux besoins du marché en produits de plus en plus spécifiques notamment en Afrique. La Recherche & Développement est aussi en train d’explorer et développer des procédés de valorisation des by-products et des éléments de valeur.

Pour qu’il soit plus efficace et plus proche de la demande émanant du terrain, l'OCP a lancé en 2015 la création d’un écosystème d’innovation dynamique interne capable d’interagir et d’innover avec des centres d’excellence scientifique (X-teams). Le groupe s’appuie aussi sur des équipes pluridisciplinaires regroupées dans une unité mixte R&D entre l’OCP et l’Université Mohammed VI Polytechnique avec un suivi des projets par un PMO et un comité dédié à la R&D.

Un master dans les sciences et technologies de fertilisation

L’université Mohammed VI Polytechnique est au cœur de la stratégie R&D. Le groupe phosphatier a voulu en faire une cité du savoir au sein de laquelle la connaissance est au service de l’innovation. Fondée pour la recherche, l’Université Mohammed VI Polytechnique est dédiée aux formations de pointe et à l’excellence au service de l’Afrique et du monde. Son ambition est de mobiliser les meilleurs chercheurs et de leur offrir des infrastructures aux normes internationales pour répondre aux nombreux défis de la planète, du développement économique à la sécurité alimentaire, en passant par l’industrialisation durable. Tournée vers une approche qui favorise l’expérimentation et l’interdisciplinarité, l’UM6P a implanté dans plusieurs villes du Maroc des laboratoires et espaces d’expérimentation – les living labs – qui permettent aux chercheurs de tester, à échelle réelle, des solutions nouvelles dans des domaines clés pour le futur.  L’université va lancer un nouveau master dans les sciences et technologies de fertilisation à la prochaine rentrée universitaire.

 

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