Entreprises

La flexibilité du dirham préoccupe les cambistes

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5017 Le 05/05/2017 | Partager
Risque de fonte des marges
Rassurant, l’Office des changes promet de l’accompagnement
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L’Office des changes prépare un nouveau cahier des charges pour les cambistes. L’accès à la profession figure parmi les éléments qui pourraient être revus. Le document sera soumis incessamment à l’appréciation des opérateurs (Ph. Jarfi)

Les cambistes indépendants qui tiennent des bureaux de change craignent pour leur business. En cause, le passage, dans quelques semaines, à plus de flexibilité du dirham. Un changement auquel ils ne sont pas techniquement préparés. Une réunion a été  tenue récemment avec l’Office des changes et la banque centrale sur les implications de cette réforme mais les appréhensions demeurent entières.

«Nous sommes dans une situation délicate. Le passage à la flexibilité du dirham est une opportunité pour ceux qui sont organisés et une menace pour les autres», souligne Abderezzak El Mahmoudi, président de la fédération des professionnels de change.

L’Office des changes qui a multiplié les réunions avec les différents opérateurs se veut rassurant vis-à-vis des cambistes. «Nous allons organiser des concertations au niveau des régions et nous sommes prêts à les accompagner», souligne Hassan Boulaknadal, directeur général de l’Office des changes.

Pour les cambistes, le passage à la flexibilité pourrait induire une surexposition aux risques et «fonte des marges». Ce qui nécessite d’être mieux outillé. «Tout va changer et les professionnels doivent être formés. Si les cambistes qui viennent du secteur financier peuvent s’adapter rapidement, les autres mettront un peu plus de temps», poursuit le président de la fédération des professionnels de change.

«La banque centrale fixe les cours plancher et plafond de la vente de devises mais c’est la négociation avec la clientèle qui détermine les marges», rappelle un responsable à l’Office des changes. En tout cas, des cambistes  n’écartent pas le risque de fermeture de certains bureaux.

Les professionnels du change manuel tentent aujourd’hui de se mobiliser pour mieux se préparer à l’échéance de juin. Des contacts sont établis avec les banques et cette profession qui compte plus de 600 bureaux de change tente également de mieux s’organiser. Objectif, mieux négocier avec l’Office des changes en particulier le changement de certaines dispositions réglementaires.

C’est le cas par exemple de l’obligation de conserver une encaisse en billets de banque étrangers ne dépassant pas la contrevaleur en devise de 250.000 DH. Ce plafond est fixé à 600.000 DH dirhams pour les bureaux de change installés dans la zone départ hors douane des aéroports lorsqu’ils sont astreints à des horaires d’ouverture 24 heures sur 24. Tout excédent par rapport à ces plafonds est obligatoirement  cédé à une banque intermédiaire ou à Bank Al-Maghrib. Une obligation qui devrait être revue, selon des cambistes.

 

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