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E-cooptation: Le boom des recommandations virtuelles

Par Karim Agoumi | Edition N°:5015 Le 03/05/2017 | Partager
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La cooptation numérique représente la version 2.0 du parrainage traditionnel. Une démarche qui repose sur une panoplie de sites spécialisés dans le domaine et qui apporte une véritable valeur ajoutée aux recruteurs, à condition de demeurer vigilant pour éviter de recruter des salariés inadaptés (Ph. Magazine)

Recommander son frère, son voisin ou un ami a longtemps représenté un moyen évident pour pourvoir un poste.  Aujourd’hui, à l’ère des réseaux sociaux et parallèlement au développement du sourcing, la cooptation est toujours employée mais prend désormais un nouveau tournant: celui du tout numérique. Une pratique baptisée «e-cooptation» qui commence à être adoptée par les entreprises, que ce soit de manière spontanée, assistée ou encore externe via des coopteurs professionnels. Une démarche innovante qui a le mérite d’être particulièrement avantageuse en termes de temps et de coût, mais qui requiert néanmoins une bonne dose d’objectivité pour être réussie. Oubliez donc vos clichés traditionnels sur la question et découvrez la dimension 2.0 de cette pratique grâce à Hanane Ellioua, professeur chercheur en GRH et psychologie comportementale à l’Université Hassan Ier.

■ Une panoplie de nouveaux «gadgets» virtuels pour coopter
- La cooptation virtuelle  peut prendre différentes formes. Celle-ci peut tout d’abord être spontanée. Les employés d’une entreprise peuvent dans ce cas de figure diffuser naturellement des offres d’emploi sur Facebook, Linkedin ou encore Viadeo grâce à l’option «partager» présente sur les applications dédiées au recrutement telles que [email protected], OhMyJob, BranchOut ou encore Beknown. Le lien vers cette offre va ensuite circuler de manière virale. Toujours en interne, l’e-cooptation peut également être assistée et totalement «automatisée». L’installation d’outils tels que «Referral Engine» sur les médias sociaux permet ainsi de rechercher dans le réseau des collaborateurs de l’entreprise les profils avec le meilleur matching. Une multidiffusion d’offres d’emploi qui s’effectue en un seul click, suggérant alors aux employés les candidats les mieux placés. Enfin, l’e-cooptation peut être externe. Keycoopt fait par exemple appel à un réseau de coopteurs «professionnels», anonymes et extérieurs à l’entreprise, moyennant une rémunération financière. La plateforme joue ainsi le rôle d’intermédiaire de recrutement.
- L’avis du spécialiste: Qu’elle soit interne ou externe à l’entreprise, l’e-cooptation repose sur une panoplie de sites spécialisés dans le domaine et qui apportent une réelle valeur ajoutée aux recruteurs. La démarche permet en effet de multiplier par dix le vivier de talents au sein d’une société. Parmi les plateformes extérieures aux entreprises, les sites comme Keycoopt connaissent un important succès du fait de l’attention apportée à leur qualité et à leur éthique.

■ Rigueur et objectivité avant tout
- Pour réussir un programme de parrainage virtuel, il demeure tout d’abord essentiel de fixer des règles claires et précises, indiquant par exemple si les membres familiaux peuvent être cooptés ou encore si un employé peut conseiller à son supérieur un membre de sa propre équipe. Il est également conseillé de mettre l’accent sur une bonne communication à travers la mise en œuvre d’un site web spécifiquement dédié, l’affichage d’un règlement ou encore via des annonces régulières intégrées à la newsletter du groupe. Enfin, une démarche de cooptation virtuelle efficace repose aussi sur l’instauration d’un système de récompense en nature ou numéraire qui valorisera l’action de coopter elle-même en plus de l’embauche.
- L’avis du spécialiste: Les programmes de cooptation des salariés ne doivent pas être complexes. Ainsi, la première condition à leur réussite consiste à établir un processus clair, efficace et transparent. Mais pas seulement. Le volet communicationnel s’avère également crucial. En effet, la communication en interne permet d’expliquer aux collaborateurs l’utilité de la démarche et les paramètres à maîtriser, sans toutefois dévoiler les informations qui restent quant à elles confidentielles.

■ Un formidable gain de temps mais attention au filtrage des candidats
- La cooptation virtuelle est plus rapide et plus ciblée qu’une démarche de cooptation «traditionnelle». Ainsi, en l’espace de quelques jours seulement, le manager peut se voir recommander plusieurs dizaines de candidats. Une grande réactivité qui permet de réaliser une sélection ad hoc en un délai très court et de la soumettre aux recruteurs. La technique s’avère également autrement moins onéreuse que la démarche classique, permettant notamment d’éviter les coûts imposés par les cabinets de recrutement. Cependant, il subsiste toujours un risque de «confiance», nécessitant de filtrer minutieusement les candidats suggérés.
- L’avis du spécialiste: La démarche de parrainage virtuel simplifie clairement la procédure de cooptation et en réduit inexorablement les coûts. Les coopteurs recommandent par ailleurs des compétences plus susceptibles de correspondre à la culture de l’entreprise. Néanmoins, le recours à cette technique peut augmenter sensiblement le risque de «copinage», lequel s’avère être grandement néfaste à la productivité du groupe. Ce type de cooptation peut également créer des «clans» et des réseaux entre collaborateurs, ce qui peut rapidement développer des conflits d’intérêts en interne.

■ Une pratique naissante au Maroc
- L’e-cooptation, particulièrement développée en Europe, commence à apparaître sur le marché marocain. Plusieurs sites spécialisés tels que «Xpertize.ma» proposent aux membres de coopter leurs connaissances avec une rémunération à la clé. De grands noms du monde de l’entreprise marocaine ont également été cooptés dont notamment Ahmed Rahhou, devenu via cette démarche administrateur indépendant au sein d’Aluminium du Maroc il y a quelques mois de cela.
- L’avis du spécialiste: Le parrainage virtuel entame sa lancée sur le marché marocain, profitant notamment de l’effervescence du marché des réseaux sociaux. Néanmoins, la généralisation de cette jeune pratique peut prendre beaucoup de temps étant donné les freins sociaux et culturels que présentent le milieu de l’entreprise marocaine.

Les outils du parfait coopteur virtuel

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Diffusion spontanée d’offres d’emploi sur Facebook et Linkedin grâce à l’option «Parta-ger» présente sur les applications [email protected] ou OhMyJob

■ Installation d’outils tels que «Referral Engine» sur les médias sociaux, permettant de rechercher en interne les candidats avec le meilleur matching

Recours à des coopteurs externes profes-sionnels

 

 

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