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Entreprises

Ubérisation: Ces métiers «exposés»

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5015 Le 03/05/2017 | Partager
Entre 45 et 50% des emplois à forte qualification menacés
Solution: cartographier les futurs métiers sinistrés et former aux emplois de demain

L’ubérisation, définie comme changement rapide des rapports de force grâce au numérique, fait grincer des dents. Au carrefour de l'économie du partage, de l'innovation numérique, de la recherche de compétitivité et de la volonté d'indépendance, «ce phénomène est une lame de fond qui va petit à petit impacter tous les secteurs de l'économie traditionnelle des services», soutient Denis Jacquet, fondateur de l’observatoire de l’ubérisation en France.

La révolution technologique monte en régime. «Oui, au niveau de la cité, mais en dehors des gadgets (WhatsApp, Snapchat…), la création de valeur est quasi inexistante», soutient Jamal Belahrach, président de la fondation Africa for Jobs, lors d’une conférence organisée par Attijariwafa bank sur les défis de l’économie digitale. Les conférenciers sont unanimes: il est temps d’amorcer une transformation culturelle au Maroc, voire sur l’ensemble du continent.

AirBNB, WeClaim, Amazon...

Pour le spécialiste de l’emploi Jamal Belahrach: «Une révolution s’installe subrepticement sans attendre les Etats ou entreprises». Et d’ajouter: «Les élites et décideurs ne sont pas dans la prospective. Ils ne comprennent pas de quoi va être fait le monde futur et de ce fait, n’impulsent pas dès maintenant les transformations nécessaires». Les Etats ont aussi leur rôle à jouer (création d’un cadre incitatif, législatif…).

Mais, une prise de conscience générale doit se faire au niveau du top management des entreprises sur l’utilisation du digital. «Cela va au-delà des smartphones, gadgets (application mobile, site web, web TV...)», soutient Belahrach. Ce n’est pas un problème de technologie, ni d’argent. La solution relève du leadership. En effet, le Maroc a les atouts pour réussir la mutation de son économie, grâce à son dividende démographique.

La révolution numérique (robotisation, automatisation, digitalisation des services, ubérisation, développement de l’intelligence artificielle…) devra entraîner une série de ruptures dans plusieurs domaines: business modèles, activités commerciales, relations managériales au sein des entreprises... Il faudra s’attendre à la disparition de plusieurs métiers.

«Cette révolution va supprimer à peu près entre 45 et 50% des emplois à haute qualification (bac+5 et plus: trader, banquier, radiologue…)», tient à préciser Belahrach. Le défi majeur aujourd’hui est de recenser les métiers susceptibles de disparaître et accompagner les personnes dans des programmes de formations et de requalifications à courte durée. «Il va falloir faire une cartographie des métiers qui vont disparaître et former les professionnels de ces métiers aux emplois de demain», préconise Denis Jacquet. L’exemple de l’école 42 a été cité.

Pour Denis Jacquet, il faudra saisir l’opportunité de la révolution digitale pour passer à des modèles alternatifs et transformer nos économies. Amazon a investi dans l’édition en proposant aux auteurs de publier leurs œuvres de façon électronique, et en intégrant les moyens logistiques. Dans l’hôtellerie, AirBNB supprime les intermédiaires et propose sur sa plateforme Web mondiale 1,5 million de lits chez le particulier, accessibles simplement et rapidement. 

Dans les métiers juridiques, WeClaim propose des services juridiques en ligne via des algorithmes de génération documentaire, des outils sémantiques et du big data. Dans le milieu bancaire, les plateformes de crowdfunding et de peer-to-peer lending permettent de se financer ou d'emprunter auprès de particuliers et plus souplement.

 

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