Culture

André Azoulay: La culture contre les maux du monde

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5012 Le 27/04/2017 | Partager
Le conseiller royal était l’invité du Rotary Club Casablanca City
La culture pour mieux comprendre l’autre
Essaouira: un cas d’école à dupliquer
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Pour André Azoulay, la culture au service de la compréhension des uns et des autres peut être une réponse à la situation de repli et de confrontation que vit le monde aujourd’hui (Ph. Rotary)

Il ne sera pas question de culture dans le sens académique ou conventionnel, dans l’intervention d’André Azoulay, président, entre autres, de la Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh pour le dialogue entre les cultures. Invité par le Rotary Club Casablanca City, à intervenir, lors d’un dîner-débat, sur le thème de «La culture au service de la promotion du Maroc», le conseiller du Roi Mohammed VI, nous a transportés, avec son éloquence légendaire, à travers le monde, en empruntant un chemin, culturel, que l’actualité nous commande «dans une réalité du doute, plus généralement de l’archaïsme et de régression morale et philosophique, qui nous pousse à la croisade pour que revient la raison».

Le constat est pessimiste, «lucide», dira-t-il, mais place la culture comme remède aux maux d’une communauté des nations prise en otage. «Le système de régulation mondial, ONU, Banque mondiale, FMI… et les stratégies mises en place avec les paramètres de gouvernance d’hier, sont mis en échec aujourd’hui», constate Azoulay, qui plaide pour une révision des mécanismes, pour les adapter aux défis actuels.

C’est dans cette recherche de réponse différente et de chemins alternatifs que la culture, au service de la compréhension de l’autre, peut être un atout, selon le conférencier. «La culture, quand elle est invitée au banquet de la pensée, et non seulement celui de l’émotion, peut aider à apporter des solutions, là où la politique échoue», dira-t-il.

La culture, mise au service de la compréhension des uns et des autres dans le partage, si elle n’est pas la seule solution aux problèmes du monde, est toutefois susceptible d’apporter un espace d’écoute, de respect, mais aussi de plaisir et d’émotion, aiguisant la curiosité et la connaissance de l’autre que ne sauraient entretenir des négociations austères. C’est donc la diversité culturelle qui, paradoxalement, rapproche les Hommes, selon Azoulay.

Et quel meilleur exemple de cette pluralité harmonieuse opérant un miracle, que la ville natale du conseiller! Essaouira, ville oubliée, à la dérive pendant près d’un siècle (successivement par les autorités du protectorat et celles post-indépendance), mais qui en investissant dans ses ressources culturelles, a opéré une renaissance durable, sans sacrifier son âme. Grâce à une poignée de Souiris, dont André Azoulay, la ville océane, ne pouvant compter ni sur le commerce, ni sur l’agriculture et encore moins sur l’industrie, a d’abord misé sur ses vieilles pierres et ensuite sur son patrimoine musical.

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La diversité culturelle rapproche les Hommes, selon Azoulay. Quel meilleur exemple que sa ville natale Essaouira qui accueille des milliers de touristes des quatre coins du monde pour illustrer ses propos. Musique gnawa, musique andalouse, musique de chambre et art lyrique, la cité trois fois millénaire, porte aujourd’hui un message de paix et d’entente dans le monde à travers ses sept festivals (Ph. L’Economiste)

«Notre ADN souiri est tellement riche de légendes et d’histoires particulièrement en musique, que nous avons décidé de commencer avec ce qui nous caractérisait», précise Azoulay. Aujourd’hui, les vieilles ruelles de sa médina n’accueillent plus que des natifs guidés par la nostalgie, mais aussi des milliers de touristes mélomanes venus du monde entier.

Musique gnawa, musique andalouse, musique de chambre et art lyrique, la cité trois fois millénaire, porte aujourd’hui un message de paix et d’entente dans le monde à travers ses sept festivals qui représentent ses différentes confluences arabe, africaine, amazighe et juive. Une ville qui, selon le conférencier, a réussi le pari de créer, à l’instar du reste du pays, l’irréversibilité vers la réconciliation entre ses communautés. «La majorité de nos compatriotes se sont réapproprié notre identité plurielle, juive et musulmane, et il faut en être fier, car ce discours généralisé aujourd’hui, était tabou il y a quelques années ou du moins conflictuel».

Un résultat qui n’est autre que la «réminiscence de notre histoire et civilisation 3 fois millénaire qui fait que quand le monde est dans une logique de repli, de rupture ou de confrontation, le Maroc lui a décidé d’additionner toutes ses facettes, ses influences, ses cultures et ses religions».

 

 

 

 

 

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