Habillage_leco
Régions

Marrakech: Bientôt la fin des constructions standardisées?

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5011 Le 26/04/2017 | Partager
Les professionnels de l'immobilier débattent d’aménagement durable
La croissance démographique et l'exode rural, des questions qui turlupinent
Des pistes de travail entre le Maroc et la France pour des solutions durables
marrakech_contruction_011.jpg

Les synergies entre professionnels marocains et français pour un aménagement durable permettra d’accroître les capacités d’innovation, d’un côté comme de l’autre, en favorisant la collaboration entre industriels, chercheurs, organismes de formations et politiques (Ph. L'Economiste)

Durable. Le mot magique obligatoirement mis à toutes les sauces. Plus le choix. Et le secteur de l’immobilier est sûrement un des premiers à devoir s’y pencher. Pour son 2e colloque international, qui vient de se tenir à Marrakech, l'École supérieure des professions immobilières (ESPI) a ainsi choisi de parler d’aménagement durable. «Il s’agit de voir s’il y a une transformation économique positive des politiques administratives et organisationnelles, qui ont été prises après les COP21 et 22» explique le président du groupe ESPI, Christian Louis-Victor.

Proposer des actes après les débats est pour lui une priorité. Ce rendez-vous permet donc de réunir des professionnels de premier plan marocains et français pour des réflexions et opportunités communes. Mais aussi, comme le souligne Nabila El Merini, directrice de la promotion immobilière au ministère de l’Habitat et de la politique de la ville, «l’occasion d’enrichir toutes nos actions nationales et d’améliorer les espaces de vie, particulièrement pour nos citoyens confrontés à des situations difficiles».

En effet, la croissance démographique et le déplacement toujours plus important des populations vers les villes imposent une panoplie d’attentes sur le développement durable. Petit rappel du contexte du bâtiment au Maroc. Ce secteur consomme 31% de l’énergie, alors que 95% de l’énergie consommée est importée. Si 90% des matériaux de construction sont produits au Maroc, la production d’isolants (essentiellement le polystyrène) reste très limitée.

A ceci s’ajoute la problématique de la pénurie de granulats. En parallèle, la réglementation thermique devrait augmenter les besoins en matériaux isolants. L’utilisation des matériaux de construction biosourcés restant encore confidentielle dans le Royaume, et pourtant la demande est de plus en plus affirmée.

C’est ainsi qu’un accord de coopération a été signé en 2016 entre le Conseil de la région de Casablanca-Settat et le Conseil régional d’Ile-de-France autour notamment de la recherche, de l’innovation et de la transition énergétique. Le grand intérêt commun de cette coopération, c’est aussi, selon Louis-Victor, «de définir une politique médiane basée sur l’étude de nos deux climats». L’objectif étant d’accroître les capacités d’innovation, d’un côté comme de l’autre, en favorisant la collaboration entre industriels, chercheurs, organismes de formations et politiques.

Le colloque s’est également attelé à des sujets purement immobiliers, comme les freins juridiques au changement dans les copropriétés. Younes Anibar, avocat au barreau de Casablanca, a ainsi dressé le portrait, entre points forts et faiblesses, de la loi 18.00 de 1946, inadaptée au contexte économique du Maroc, et donc modifiée par la loi 106.12. La charia étant la source de droit, ce qui en fait la particularité marocaine. Pour lui, il reste encore à renforcer le rôle du juge des référés «pour plus d’audace dans ses décisions», mettre en place un régime de médiation préalable à toute contestation, mais aussi «une police de voisinage pour répondre à des besoins de plus en plus pressants».

En face, François Davy, président du groupe Foncia, premier acteur en France, espère voir se réorganiser «l’exercice de la gestion de la copropriété, qui reflète notre société dominée par le repli sur soi». Rajoutant que «la copropriété est une sorte de société. Il faut expliquer aux acquéreurs que ce type de bien a certes des intérêts mais surtout des devoirs». En effet, il constate que beaucoup de problèmes entre copropriétaires pourraient être résolus par l’écoute et le dialogue. «Plutôt que de se tourner immédiatement vers des textes juridiques qui ne sont jamais suffisants».

Car les lourdeurs administratives sont un bon exemple de frein juridique, objet du débat, le consommateur surprotégé croulant sous les obligations. Alors, «plutôt que d’ajouter des lois, il vaut mieux les mettre à jour» ajoute Davy. Le devoir d’exemplarité de la profession s’impose également. Logiquement, comme il le souligne, «plus le métier se comporte de manière éthique, moins les gouvernements vont légiférer».

De notre correspondante,
Stéphanie JACOB

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc