Régions

Sebta: Le drame continue à la frontière

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5011 Le 26/04/2017 | Partager
Une femme mulet décède lors des bousculades, lundi dernier
Elle sera fermée une semaine, le temps de trouver une solution
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Le nouveau passage frontalier de Tarajal II, avec ses restrictions sur la taille des colis, n’a pas réussi à contrôler les flux massifs de porteurs à la douane (Ph. El Faro)

A Sebta, le nouveau passage frontalier continue de faire des victimes. Cette fois, il s’agit d’une femme de 54 ans, originaire de Fnideq et qui officiait comme femme mulet, transportant des marchandises le long de la frontière de Sebta. Le décès a eu lieu suite aux bousculades monstres qu’a connu lundi ce passage fraîchement inauguré.

Baptisé par les espagnols du nom de Tarajal II, il se devait de permettre un accès direct à la zone commerciale où plusieurs entrepôts travaillant sur des produits destinés à être transportés au Maroc ont pignon sur rue. L’idée de génie avait été de mettre en place des portiques imposant une taille maximale des colis transportés, dans une tentative de limiter le volume de ces derniers. Certains colis en effet pouvaient dépasser la soixantaine de kilos.

Mais l’effet d’appel des nouvelles installations avait fini par saturer l’entrée dès le premier jour de son inauguration, en février dernier. Ce jour, il avait attiré près de 10.000 porteurs, soit près du double qu’en temps normal. Fermé à nouveau le temps d’apporter des modifications censées éliminer les points noirs source de bousculades et d’augmenter la fluidité, il a rouvert il y a quelques semaines mais sans changement notable. La fluidité n’est pas au rendez-vous et la circulation est des plus chaotiques, au point d’avoir entravé celle du passage frontalier de Bab Sebta et la circulation de véhicules à travers la frontière.

Il sera de nouveau fermé une semaine, le temps de trouver une solution finale à ce passage devenu une véritable souricière. Au niveau de l’enceinte commerciale frontalière le chaos est tel, que la police et les différentes forces de l’ordre espagnoles ne veulent s’impliquer dans la sécurité et l’organisation des files de porteurs, une responsabilité qu’ils rejettent sur les centres commerciaux en leur demandant de souscrire une sécurité privée, ce que ces derniers refusent de payer.

Entre temps, le passage qui était censé améliorer la situation a eu aussi un effet d’appel. Le nombre de porteurs a ainsi doublé, encouragé par la limitation de la taille des colis qui oblige certains commerçants à opter pour plus de «mules» ou à envoyer les mêmes personnes pour un deuxième voyage. La mise en place de cartes pour éviter les doubles passages et limiter les foules n’a pas elle aussi eu l’effet escompté.

Dernièrement, les autorités espagnoles ont eu aussi l’idée de limiter l’accès des véhicules en n’autorisant que ceux conduits par leur propriétaire, afin d’éviter l’arrivée massive des véhicules des contrebandiers, un autre des fléaux de Bab Sebta.
A rappeler que le passage a déjà été le témoin d’accidents graves de bousculades lors des dernières années, surtout à la veille du mois de Ramadan, où le commerce des produits alimentaires s’intensifie. Le point culminant avait été atteint en 2009 quand deux femmes avaient trouvé la mort dans une bousculade dans des escaliers qui donnent accès à la frontière et que l’on appelle depuis l’escalier de la mort.
De notre correspondant, Ali ABJIOU

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