Analyse

Sucre: Le Maroc sécurise la moitié de ses besoins

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5011 Le 26/04/2017 | Partager
Une production de 607.000 tonnes en 2016
La campagne 2017 s'annonce normale
La filière vise un rendement de 14 tonnes par hectare en 2020
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Mohamed Fikrat, président-directeur général de Cosumar: «L'évolution de notre activité à l’export ne repose pas sur la baisse des cours du pétrole. Elle s’appuie sur une expertise et une compétitivité croissante. Ce qui nous permet de saisir les opportunités sur le marché international»
(Ph. L'Economiste)

La filière sucrière marocaine a amélioré sa compétitivité de façon significative: une production de 607.000 tonnes de sucre en 2016 assurant un taux de couverture de 50% et un rendement moyen à l’hectare de 12 tonnes au lieu de 7 en 2006. Mohamed Fikrat, président-directeur général de Cosumar, estime qu'il faut consolider ces performances pour atteindre les objectifs 2020.
- L'Economiste: La filière reste sur deux campagnes exceptionnelles. Pourtant, la subvention est toujours orientée à la hausse. Est-ce une affaire de compétitivité?
- Mohamed Fikrat:
Les performances réalisées par la filière sucrière sont le résultat de plusieurs facteurs. Les conditions climatiques ont été très favorables aux cultures sucrières. Elles ont permis de mettre en valeur tous les efforts de développement entrepris par les partenaires de la filière sucrière réunis au sein des comités techniques régionaux. Pour l’amont agricole, nous avons des objectifs de performance calés sur la stratégie fixée dans le contrat-programme. Nous avons misé sur la compétitivité de l’ensemble de la chaîne de valeur pour atteindre un taux de couverture de 56% en 2020. Cette année, nous envisageons une campagne agricole 2017 normale en espérant que les conditions climatiques resteront favorables tout au long de la récolte. Le montant de la subvention suit le niveau du cours à l’international du sucre brut importé pour les besoins du marché national.

- Quels réglages faut-il encore apporter au niveau de la production?
- Nous avons réalisé des résultats record en 2016 mais nous ne sommes pas encore aux niveaux européens.  Ces dernières années, Cosumar a investi dans les dernières technologies afin de s'approcher des meilleurs standards internationaux tant en termes de performance que de qualité de sucre blanc.
La feuille de route 2020  vise  14 tonnes en termes de rendement de sucre à l’hectare. La réalisation de cet objectif passe par un ensemble de mesures: le développement des variétés performantes et adaptées aux conditions marocaines, la modernisation du train technique, la généralisation de la mécanisation et la promotion des projets d’irrigation des systèmes économes d’eau. A cela s'ajoute, le renforcement des actions de recherche et développement par la création des centres régionaux, à l’instar de celui du Gharb déjà opérationnel et celui de Moulouya en cours d’équipement.

- Quels sont les résultats du plan de relance de la canne à sucre?
- Le programme de relance mis en place depuis 2015 vise à redynamiser la culture de la canne à sucre et améliorer son attractivité dans les périmètres du Gharb et du Loukkos. Il prévoit la plantation de 4.000 ha annuellement avec l’objectif d'arriver à 20.000 ha à l’horizon 2019. Les premiers résultats sont prometteurs puisque  3.800 nouveaux hectares ont été plantés au bout de la première année.
Ce plan prévoit l'amélioration des performances agronomiques sur la base d'un ensemble de leviers. Il s'agit notamment de l’introduction de nouvelles variétés adaptées, à haute performance et tolérantes au gel. La R&D sera également renforcée.

- Avec la baisse des cours du pétrole, l'importation et la réexportation de sucre sont en hausse. Cette orientation est-elle durable?
- Le groupe Cosumar capitalise sur sa compétitivité et ses capacités excédentaires de production de sucre acquises grâce aux investissements consentis.
Depuis trois ans, nous avons ouvert la voie à l’exportation dans le cadre du régime d’admission temporaire et donc en dehors du système de subvention de sucre. Notre sucre est apprécié car il est aux standards internationaux les plus exigeants, en termes de qualité. En 2016, nous avons exporté plus de 325.000 tonnes de sucre. Il faut rappeler que l’évolution de notre activité à l’export ne repose pas sur la baisse des cours du pétrole. Elle s’appuie sur une expertise et une compétitivité croissante. Ce qui nous permet de saisir les opportunités sur le marché international.

- Les produits phytosanitaires sont jugés chers et leur efficacité est souvent critiquée. Cela ne risque-t-il pas d'affecter la compétitivité de la filière?
- Le suivi permanent de la situation phytosanitaire des plantes sucrières est un levier important pour l’amélioration de la compétitivité de la filière. Pour faire face à certaines maladies, le recours à l’utilisation des variétés tolérantes est indispensable. De  même que la poursuite des travaux de recherche agronomique permettant la prévention et le renforcement de la protection des plantes sucrières.

Propos recueillis par
Khadija MASMOUDI

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