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Politique

Premier dossier chaud pour El Othmani

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5010 Le 25/04/2017 | Partager
Tension palpable chez les syndicats
Ils appellent au retrait du projet de loi organique sur la grève déposé au Parlement
Une première rencontre pour définir les principes du dialogue
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Après cette première rencontre, les centrales syndicales devront revoir le chef du gouvernement, après l’investiture de son équipe par le Parlement. La prochaine réunion devra s’articuler autour d’un ordre du jour précis, comme l’a souligné Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’UMT (Ph. L’Economiste)

Après un long bras de fer qui a duré pendant tout le mandat précédent, Saâdeddine El Othmani veut apaiser les relations avec les syndicats. C’est du moins ce qu’il a laissé entendre lors de la présentation du programme gouvernemental, mercredi dernier. Il a assuré qu’une place de choix sera accordée aux partenaires sociaux, en particulier aux syndicats.

El Othmani veut instaurer un dialogue régulier avec «ces forces de proposition et d’accompagnement du gouvernement». Après une tournée effectuée par Mohamed Yatim, ministre de l’Emploi, chez les principales centrales syndicales, le week-end dernier, c’est au tour du chef du gouvernement de les recevoir. Cette première rencontre donnera un avant-goût de l’approche qui sera adoptée durant ce mandat.

Ces réunions sont étalées sur deux jours. Hier, El Othmani devait recevoir les dirigeants de l’UMT et de la CDT. Aujourd’hui, il rencontrera ceux de l’UGTM et de l’UNTM. Les autres syndicats représentés au Parlement seront reçus dans les prochains jours. Cette première «prise de contact», comme l’a qualifiée Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’UMT, a permis de «proposer des règles et principes pour construire des relations professionnelles entre les partenaires sociaux», a-t-il dit. Les syndicats ont donné le ton. Ils ont fait savoir au chef du gouvernement que «toute mesure qui concerne le monde du travail doit être prise en concertation avec les centrales syndicales», selon Moukharik.

Les représentants des syndicats ont déploré que cette réunion soit programmée après la présentation du programme gouvernemental. «Nous avons attiré l’attention du chef du gouvernement sur ce point. Car, nous aurions pu faire des propositions qui pouvaient être prises en compte dans le programme gouvernemental», a expliqué le patron de l’UMT.

Quelques jours seulement après la présentation du programme gouvernemental, les syndicats s’opposent déjà à certains projets d’El Othmani. Lors de cette rencontre, «nous avons manifesté notre étonnement face à l’annonce de la volonté de réviser le code du travail», a noté Moukharik. Une mesure à laquelle s’oppose l’UMT. Idem pour les autres syndicats, qui se sont élevés contre cette décision. La déclaration gouvernementale présentée par El Othmani devant le Parlement avait mis l’accent sur «la nécessité de la refonte du code du travail, afin de garantir son efficacité, son efficience et sa compatibilité avec la réalité». Un argumentaire qui ne semble pas convaincre les syndicalistes.

Concernant les autres dossiers qui avaient alimenté la tension ayant marqué les relations entre Abdelilah Benkirane et les syndicats, ces derniers s’accrochent aux mêmes positions. En tête, la réforme de la retraite. Le nouveau chef du gouvernement a appelé à «démarrer d’urgence le dialogue sur la réforme globale des retraites, afin d’aboutir à un système avec deux grands pôles, public et privé».

En face, les centrales continuent de s’opposer aux propositions de l’exécutif. Ils ont de nouveau manifesté leur «refus de ces mesures paramétriques». Sur le dossier du projet de loi organique sur la grève, la position des syndicats reste la même. Ils appellent au retrait de ce texte déposé au Parlement par l’ex-ministre de l’Emploi, Abdeslam Seddiki, «sans aucune concertation préalable avec les centrales». Celles-ci veulent que ce projet de loi soit remis sur la table des négociations dans le cadre du dialogue social.

D’autres sujets figurent aussi dans le dossier revendicatif des syndicats et risquent de susciter de nouvelles tensions entre les deux parties. C’est le cas notamment du projet de loi organique sur les syndicats, en plus d’autres points relatifs à la hausse des salaires, à l’exercice des libertés syndicales…

Reprise du dialogue

CETTE première rencontre entre le chef du gouvernement et les centrales syndicales ne signifie pas une reprise du dialogue social. Celui-ci a été gelé durant le mandat précédent. Saâdeddine El Othmani ambitionne de réussir là où son prédécesseur a échoué. Après cette première prise de contact, les deux parties devront reprendre langue après l’investiture du gouvernement. Les discussions du programme gouvernemental ont démarré hier à la Chambre des représentants, avant de passer au vote. Elles seront axées autour d’un ordre du jour précis, a fait savoir Miloudi Moukharik. A quelques jours du 1er mai, aucune date n’a été fixée pour la prochaine réunion.

 

 

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