Dossier Spécial

Ecole d’architecture de Casablanca: La reconnaissance dans la poche, mais…

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5007 Le 20/04/2017 | Partager
Le sort des anciennes promotions de diplômés n’est toujours pas réglé
La loi n’étant pas rétroactive, leurs diplômes ne sont pas concernés par l’équivalence
Etudiants et lauréats décident de maintenir la pression
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Le ministère de l’Enseignement supérieur a commencé à rédiger les décrets de reconnaissance des établissements privés dès l’annonce de l’avis favorable de la Commission nationale de coordination de l’enseignement supérieur (CNACES), fin mars dernier. Les textes seront ensuite envoyés au SGG, avant d’être validés par le Conseil de gouvernement et publiés au Bulletin officiel. Le processus pourrait durer quelques mois

Depuis l’annonce de la décision de reconnaissance de l’Ecole supérieure d’architecture de Casablanca (EAC) par l’Etat, fin mars dernier, étudiants et parents peinent à y croire. «Cela fait près de sept ans que nous revendiquons la reconnaissance. On nous l’a promise à maintes reprises, mais ça n’a jamais été concrétisé», fustige Mohcine Sadiq, secrétaire général de l’Association des lauréats et étudiants de l’EAC (ALEEAC).

Pourtant, l’EAC fait partie de huit établissements privés auxquels la reconnaissance sera accordée et qui pourront bientôt délivrer des diplômes équivalents à ceux du public. Plus qu’une promesse, cette fois-ci son dossier a été examiné et validé par la Commission nationale de coordination de l’enseignement supérieur (CNACES). Le reste n’est que formalités qui aboutiront d’ici quelques mois (voir illustration), comme cela a été le cas pour l’Université internationale de Rabat (UIR). Après avoir décroché le précieux label en 2015, l’UIR délivre aujourd’hui des diplômes équivalents.

Malgré la mobilisation du ministère de l’Enseignement supérieur et son engagement à accompagner le dossier de l’EAC jusqu’au bout, les étudiants et lauréats ont décidé de maintenir la pression. Ils continuent d’organiser des sit-in devant le siège du ministère pratiquement chaque jour. «Nous craignons que la rédaction du décret de reconnaissance ne s’éternise. Nous ne céderons pas, au moins jusqu’à ce que le texte soit rédigé et présenté au prochain Conseil de gouvernement», livre Sadiq.

Si tous les étudiants inscrits cette année à l’école pourront bénéficier d’un diplôme équivalent, selon la tutelle, ce ne sera pas le cas des diplômés des années précédentes, puisque la loi n’est pas rétroactive. Ceux-là, qui ne cessent de manifester depuis près de sept ans, risquent d’être toujours dans l’impasse. La seule issue, c’est que le Conseil de gouvernement décide de leur accorder une dérogation. Le fera-t-il?

L’EAC a été créée en 2004 dans le cadre d’un partenariat public-privé, avec dans son conseil d’administration les ministères de l’Education nationale et de l’Habitat. L’université Hassan II et le groupe Al Omrane avaient pris des participations dans son capital. Ses locaux sont la propriété des Domaines de l’Etat. Les diplômes de ses sept promotions n’ont pas été reconnus. Les lauréats n’ont donc jamais pu obtenir le statut d’architecte. Ils sont surtout recrutés en tant que dessinateurs dans des cabinets d’architecture.

 

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