Culture

Carnet de voyage: Safi se dévoile sur le web

Par Amine Boushaba | Edition N°:5007 Le 20/04/2017 | Partager
Un web documentaire qui invite à la découverte de la ville et sa région
Artisanat, musique, histoire… 19 vidéos réalisées par Marocopédia
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Travail de l’artisan Abdelhak Akkari, où se mêlent créativité et savoir-faire millénaire, mis en avant par le web documentaire qui se présente comme un carnet de voyage sur la ville de Safi et sa région (Ph. Marocopédia)

A Safi, il y a des artisans potiers et leur vieux quartier classé patrimoine historique en 1920, où on peut voir encore d’anciens fours et ateliers d’artisans qui ont fait la réputation de la poterie de Safi, il y a l’art de la aïta, particulièrement celui de l’école «Hasbaouia», si enraciné dans les plaines de Abda, il y a aussi la sardine…

Tout ceci, vous le savez probablement déjà, mais il y a également une grande tradition de melhoun, le mausolée des sept saints juifs, témoignant de l’entente cordiale qui a prévalu depuis plusieurs siècles entre les communautés juives et musulmanes, ou encore le  majestueux phare de Beddouza, bel édifice aux couleurs verte et blanche dont la construction remonte à 1916… et bien d’autres choses que vous pouvez découvrir dans un web documentaire inédit réalisé par l’encyclopédie solidaire et participative, 100% marocaine,  Marocopédia en partenariat avec l’association Badira et l’Association Mémoire de Safi.

Un véritable carnet de voyage de la ville de Safi et sa région qui rassemble 19 vidéos (sous-titrées en anglais) avec les témoignages d’historiens, d’anthropologues et spécialistes de renom, présentant la richesse culturelle d’une région souvent oubliée. Avec une réalisation particulièrement soignée, une mise en scène et des images savamment étudiées, le web documentaire va à la rencontre des safiotes, artisans, artistes, acteurs associatifs  apportant des témoignages vivants de l’Histoire de la ville.

On y retrouve notamment Ahmed Serghini, 7e digne représentant d’une des familles maîtres céramistes les plus illustres du Maroc, ayant contribué à exporter la poterie locale aux quatre coins du monde, qui nous explique les secrets de cet art millénaire. Mennis Mohamed, président de l’association Mémoire de Safi, nous raconte ses mémoires d’enfance  et la cohabitation entre juifs et musulmans à travers le sanctuaire des Ouled Ben Zmirou, l’anthropologue, Fouad Rehouma nous parle, lui des mythes et légendes véhiculés depuis des générations, autour de la mystérieuse grotte «Toufrit Mahdar» ou «la grotte du studieux» depuis l’époque des phéniciens.

«Aujourd’hui encore, certains croient y entendre le chant des sirènes», confie l’anthropologue. Un véritable condensé numérique du patrimoine matériel et immatériel, qui n’est pas une présentation exhaustive du potentiel de la ville de Safi, préviennent les promoteurs du projet, mais plutôt  un carnet de voyage visuel qui invite à découvrir la ville et sa région, au voyage et qui sensibilise à la défense du patrimoine culturel du Maroc.

Un Wikipédia made in Maroc

Comment unir les Marocains qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs? Comment partager les connaissances sur notre patrimoine culturel et le transmettre aux futures générations? Ce sont les questions que se sont posés les promoteurs de la première encyclopédie solidaire et participative: Marocopédia. Dynamique, la plateforme numérique accessible en quatre langues (arabe, amazigh, français et anglais) propose des contenus vidéo et des textes, basés sur la production participative. Chaque utilisateur est invité à contribuer à la création des définitions de sa région, de sa ville et de son patrimoine culturel.  Lancée en 2016, par son fondateur, Issam Boutrig, producteur, directeur artistique et amoureux de culture, l’encyclopédie présente différents aspects de la culture, du patrimoine et de la diversité marocaine: histoire, peuple, artisanat, musique, nature et monde associatif se partagent la plateforme numérique.
Chacune de ses catégories est divisée en une multitude de thèmes qui traitent des différentes tribus au Maroc, des principaux monuments ou encore des grands intellectuels ayant marqué le pays. La plateforme gratuite qui veut se distinguer de l’approche journalistique de Wikipédia, est construite en deux volets: l’un consacré au patrimoine oral et populaire, répertoriant, témoignages et histoires héritées de génération en génération, sans références écrites et un second se basant sur du contenu plus scientifique, se référant à des ouvrages académiques, des sites spécialisés ou des experts contenant des présentations relatives à la culture marocaine. Comme toute plateforme participative, Marocopédia se base sur la contribution de ses membres, elle compte aujourd’hui près de 700 définitions, qui traitent de musique, d’histoire des régions tout autant que de gastronomie et compte plusieurs centaines d’adhérents et quelque milliers de visiteurs.

 

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