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OCDE: La plupart des adolescents sont heureux

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5007 Le 20/04/2017 | Partager
Les Coréens et les Turcs le sont moins que les autres
Dans 67 pays, un large sentiment d’appartenance à l’école
L’anxiété à propos du travail scolaire et les brimades posent problème
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Si les filles travaillent souvent pour avoir de bonnes notes et souhaitent choisir entre les meilleures options pour obtenir leur diplôme, les garçons eux se qualifient d’ambitieux et veulent être les meilleurs, quel que soit le domaine (Ph. OCDE)

L’OCDE s’est intéressée sur le bien-être des élèves âgés de 15 ans. Dans les pays membres, la plupart se disent heureux, avec en moyenne un niveau de 7,3 sur une échelle de satisfaction à l’égard de la vie allant de 0 à 10. Il existe de grandes disparités: «moins de 4% des élèves aux Pays-Bas déclarent ne pas être heureux, alors qu’ils sont plus de 20% dans ce cas en Corée et en Turquie».

Dans 67 pays participants à l’enquête PISA, la plupart des élèves expriment un sentiment d’appartenance à leur école. Un avis partagé chez les élèves de milieux aisés. «Les adolescents qui éprouvent un sentiment d’appartenance à leur école et qui ont de bonnes relations avec leurs parents et leurs professeurs peuvent obtenir de bons résultats scolaires et d’être heureux», d’après l’étude «Students’ Well-Being: PISA 2015 Results». Celle-ci analyse la volonté des élèves de bien travailler à l’école, leurs relations avec leurs camarades et leurs enseignants, leur vie à la maison et ce qu’ils font en dehors de l’établissement scolaire(1).

De nombreux élèves sont très anxieux à propos du travail scolaire et des examens, ce qui nuit aux résultats. Cela n’est pas lié au nombre d’heures de cours ni à la fréquence des examens, mais «au soutien qu’ils pensent avoir de la part de leurs professeurs et de leur école». Près de 59% des élèves signalent qu’ils s’inquiètent souvent de la difficulté des examens qu’ils vont devoir passer et 66% se disent angoissés par les mauvaises notes. Ils sont quelque 55% à se sentir très angoissés par les épreuves, même s’ils les ont bien préparés. Les filles sont les plus anxieuses.

Les brimades à l’école sont également pointées du doigt. Environ 4% des élèves (grosso modo un par classe) disent être frappés ou poussés au moins quelquefois par mois. Un pourcentage qui varie de 1% à 9,5% selon les économies. Les brimades sont moins nombreuses dans les établissements où les élèves ont des relations positives avec leurs professeurs. Comme solution, l’équipe de l’OCDE recommande de faire «participer les parents à la planification et aux actions menées contre ce genre de comportement». De même, les établissements doivent «collaborer avec d’autres structures et services pour mettre en place des plans de prévention».

Les enseignants ont une grande influence sur les conditions du bien-être de leurs élèves. Dans ce sens, «les jeunes qui fréquentent des établissements où le niveau de satisfaction dans la vie est supérieur à la moyenne nationale signalent que leurs professeurs les soutiennent plus que ceux des établissements où le niveau de satisfaction est inférieur». 

«Ces résultats montrent que les enseignants, les établissements scolaires et les parents peuvent réellement influer sur le bien-être des enfants», a indiqué Gabriela Ramos, la directrice du Cabinet de l’OCDE, à l’occasion de la présentation des résultats à Londres. «Ensemble, ils peuvent aider les jeunes à développer le sentiment de maîtriser leur avenir et la résilience nécessaire à leur réussite. Il n’y a pas de secret, on réussit mieux lorsqu’on se sent apprécié, que l’on est bien traité et que l’on est épaulé», dit-elle.

Les parents aussi ont un rôle essentiel à jouer. Les élèves dont les parents déclarent «passer du temps uniquement à parler avec leur enfant», «manger le repas principal attablé avec leur enfant» ou «discuter de l’école avec leur enfant» sont systématiquement entre 22% et 39% à signaler un niveau élevé à l’échelle de satisfaction de vie. Les conséquences sur le plan scolaire sont également importantes. En effet, les élèves qui passent du temps à parler avec leurs parents affichent une avance en sciences équivalant à deux tiers d’une année scolaire. Et même après avoir pris en compte le statut socioéconomique, leur avance reste équivalente à un tiers d’année scolaire.

Près de 44% des élèves de 15 ans espèrent obtenir un diplôme universitaire. En Colombie, en Corée, aux Etats-Unis et au Qatar, plus de trois élèves sur quatre sont dans ce cas. Les attentes des élèves au regard des études supérieures sont influencées par «les politiques éducatives en vigueur, en particulier le degré de répartition des élèves par filière».

En dehors de l’école

Environ 6,6% des élèves dans l’ensemble des pays de l’OCDE ne pratiquent aucune activité physique en dehors de l’école. Les filles sont plus souvent dans ce cas que les garçons. Les élèves qui pratiquent une activité physique risquent moins que les autres de faire l’école buissonnière, de se sentir étrangers à leur école, d’être très anxieux à propos du travail scolaire ou d’être souvent victimes de brimades.
■ 23% environ des élèves exercent des activités rémunérées et 73% déclarent travailler à la maison avant ou après l’école. Les garçons sont plus nombreux que les filles à exercer des activités rémunérées. Mais ils sont en revanche moins nombreux à effectuer des tâches domestiques non rémunérées.
■ Aussi, les élèves passent plus de deux heures en ligne après une journée d’école ordinaire, et plus de trois heures le week-end. Entre 2012 et 2015, le temps passé en ligne en dehors de l’école a augmenté de 40 minutes par jour pendant les jours d’école comme pendant le week-end.

Les remèdes

IL est essentiel de réduire l’anxiété des élèves engendrée par le travail scolaire. Des programmes de développement professionnel peuvent être proposés aux enseignants de manière à ce qu’ils puissent repérer ceux qui en souffrent. Par exemple, on peut encourager une attitude positive à propos des erreurs, en les relevant et en laissant les élèves les analyser ensemble. Les enseignants peuvent aussi les aider à se fixer des objectifs réalistes mais stimulants. Donner aux élèves un retour constructif sur le résultat des évaluations peut également renforcer leur confiance et motivation. Pour améliorer les relations élèves/professeurs, il convient de former ces derniers aux méthodes de base de l’observation, de l’écoute et de la communication interculturelle. Les enseignants devraient également collaborer et échanger avec leurs collègues sur les difficultés, afin qu’ils puissent déterminer la meilleure approche pour que les élèves se sentent bien à l’école. Pour améliorer le bien-être de leurs élèves, les établissements scolaires devraient aussi leur apprendre les bienfaits d’un «mode de vie actif et sain à travers l’éducation physique et sanitaire».

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(1) Les résultats se fondent sur une enquête réalisée auprès de 540.000 élèves dans les 72 pays ayant participé aux tests principaux du PISA 2015 en sciences, en mathématiques et en compréhension de l’écrit.

 

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