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SIAM 2017/Huile d’olive: La modernisation de la production enclenchée

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5007 Le 20/04/2017 | Partager
La capacité des unités modernes dépasse 1,2 million de tonnes
Normes de qualité, pureté, traçabilité… les défis à l’export
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Selon le COI, les oliviers couvrent plus de 11 millions d’hectares dans 47 pays des cinq continents. Notons que la surface totale des oliveraies des pays membres du COI est de  9.954.169 ha de la surface oléicole mondiale, soit 89% . Dans cette superficie cultivable, l’on compte plus de 1,5 milliard de pieds d’oliviers. Signalons enfin que plus de 6,7 millions de familles dans le monde ont des oliviers, soit 1,67 ha/famille en moyenne. Les principaux vergers sont recensés en Espagne, Italie, Turquie, Tunisie

Au Maroc, la trituration des olives est réalisée dans environ 11.000 unités traditionnelles (maâsras), et 1.021 unités semi-modernes (à super presse) et modernes (à chaîne continue à 2 et 3 phases). Malgré leur prédominance, les maâsras ne triturent qu’un faible tonnage (270.000 t d’olives). La capacité de trituration des unités modernes et semi modernes est d’environ 1.223.000 t. Ceci est dû notamment aux grandes manœuvres de restructuration et de modernisation du secteur oléicole national adoptées dans le cadre du Plan Maroc Vert (PMV).

Il s’agit particulièrement de l’intensification et de la réhabilitation  du verger oléicole national (projets PMV et MCA-Maroc), ainsi que l’adoption des nouvelles pratiques techniques et technologiques de production des olives et de l’huile d’olive de qualité. Ceci s’est traduit en un accroissement important de la production et de l’exportation nationale d’huile d’olive de qualité.

Avec des volumes de 15.000 t, 40.000 t et 23.575 t, vendus à l’étranger, respectivement en 2012, 2014 et 2015, les producteurs exportateurs marocains se positionnent au 5e rang. Parmi les gros exportateurs d’huile d’olive extra-vierge de renom figurent Aïcha-Les Conserveries de Meknès, Atlas Olive Oils, Lesieur Cristal, les Huiles de Saiss, ou encore Zitoun Al Atlas. Ces marques marocaines, cataloguées et primées par des guides internationaux, accaparent plus de 80% des exportations d’huile d’olive marocaine. A noter que les marchés espagnol et italien absorbent le plus la production marocaine, devant le marché américain.

L’un des défis majeurs de la filière oléicole nationale reste la conformité des huiles d’olive produites et commercialisées aux normes de qualité, de pureté  et de composition prévues par les normes en vigueur dans ce domaine. En effet, la croissance et la compétitivité du secteur oléicole marocain constituent les préoccupations majeures des opérateurs de la filière oléicole ainsi que le secteur public. Dans la conjoncture actuelle du marché oléicole international caractérisée par la mondialisation et la libéralisation des échanges commerciaux, l’impératif de la compétitivité devient alors un élément déterminant.

«Le cas est encore plus manifeste pour un pays comme le Maroc avec l’existence, sur le marché international de l’huile d’olive, de pays leaders aussi bien au niveau production que commercialisation, en l’occurrence l’Espagne, l’Italie, la Grèce et la Tunisie», explique Noureddine Ouazzani, directeur de l’Agropôle olivier Meknès (AOM). Et d’ajouter: «les progrès techniques et technologiques mais aussi les changements en termes de management, stratégies de marketing et commercialisation, sont autant de facteurs qui, entre autres, contribuent à la position de leadership de ces pays dans le marché de l’huile d’olive international».

Quatre pays sont identifiés comme principaux concurrents du Maroc dans le marché oléicole international: l’Espagne, l’Italie, la Grèce et la Tunisie. Les deux premiers présentant des grandes capacités de production et de commercialisation, ce qui leur permet de monopoliser le  marché international de l’huile d’olive. «S’agissant de la Tunisie et la Grèce, l’avantage compétitif de leurs filières oléicoles est principalement corrélé avec leurs niveaux de productions très importants», explique Ouazzani.

Et de poursuivre: «pour que le Maroc puisse assurer un développement compétitif de son secteur oléicole, et un positionnement avantageux et concurrentiel de son huile d’olive dans le marché international, il doit connaître les forces et faiblesses des filières oléicoles de ces quatre pays». Auparavant, il faut noter que les pays du Bassin Méditerranéen ont toujours été les principaux producteurs, exportateurs et consommateurs de l’huile d’olive à l’échelle mondiale.

Cependant, durant les deux dernières décennies, la filière oléicole a expérimenté une tendance accrue vers l’internationalisation, avec l’expansion de la production et/ou consommation de l’huile d’olive dans d’autres pays non traditionnellement oléicoles, tels que: les États-Unis d’Amérique (USA), le Canada, l’Australie, le Brésil, l’Argentine, le Chili, le Japon et la Chine.

Ainsi, bien que la production mondiale soit sujette à des fluctuations interannuelles importantes sous l’effet des aléas climatiques, la production internationale d’huile d’olive a fortement progressé, avec l’Espagne comme leadership, passant de 1,45 million de tonnes il y a 25 ans (1982-1984) à 2,46 millions de tonnes en 2015. «L’essentiel de la production mondiale est concentré dans quelques pays dont la très grande productivité provient des perfectionnements techniques et technologiques employés ainsi que de leurs superficies oléicoles importantes», souligne Ouazzani.

L’UE accapare la consommation

L’UE est la première consommatrice avec 55 % de la consommation mondiale d’huile d’olive, et où l’Italie (19,6%), l’Espagne (16,9%), la Grèce (4,5%) et la France (3,6%) sont en tête de liste.
En dehors de la zone UE, les pays du Sud de la Méditerranée consomment environ 16,4% de la production mondiale de l’huile d’olive, avec 4,3% consommés en  Syrie et en Turquie, et 4,1% au Maroc. En revanche, certains pays, qui ne sont pas traditionnellement consommateurs d’huile d’olive, représentent actuellement un pourcentage important de la consommation de cette denrée alimentaire; il s’agit notamment des USA (10,1%), du Brésil (2,3%) et du Japon (2%).

 

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