Politique

Premier test pour El Othmani

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5006 Le | Partager
Un Conseil de gouvernement aujourd'hui
Décompensation, investissements… Les dossiers chauds reviennent
Un guichet unique pour l’accès au foncier
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El Othamni  est attendu sur de nombreuses réformes.  Un véritable test pour ses capacités de leadership politique (Ph. Bziouat)

Le nouveau chef du gouvernement sort enfin de l’ombre. Saâdeddine El Othmani tient son premier Conseil de gouvernement ce mercredi matin. Au menu, la validation du programme gouvernemental. Il enclenche l’après-midi avec la présentation de son programme devant les deux Chambres réunies du Parlement, conformément à l’article 88. Cette planification la même journée vise à éviter des fuites avant son exposé devant le Parlement comme cela a été le cas en 2012.

Selon le calendrier arrêté, le débat ne démarre que la semaine prochaine, avec une intervention de chaque groupe parlementaire. Il sera suivi de la réponse du nouveau chef du gouvernement et le vote de confiance, qui semble acquis, en dépit de certaines sautes d’humeur dans les rangs de plusieurs partis politiques. Le nouveau gouvernement n’aura pas eu le temps de s’acclimater que les dossiers chauds s’accumulent déjà.

D’abord l’équipe El Othmani semble avoir pris conscience de  la nécessité de «poursuivre le rétablissement des équilibres macroéconomiques», même si elle doit s’attendre à être interpellée sur le comment. Elle table ainsi sur un taux de croissance de 5%, soit mieux que  les prévisions du FMI (voir aussi en page 14) un déficit budgétaire de 3% et un taux d’inflation de 2%. Comme pour le gouvernement Benkirane, El Othmani prend des engagements sur la décompensation du sucre, farine et  gaz butane. Peut-il véritablement rouvrir un dossier considéré jusque-là de réforme impossible?

La libéralisation du gaz butane, tout particulièrement,   reste une éternelle usine à gaz que les gouvernements évitent de négocier de manière frontale. Là aussi sans trop de détails, le programme économique et social s’annonce somptueux pour d’autres périmètres d’intervention: emploi, protection de l’environnement, gouvernance ou encore réduction des inégalités. El Othmani semble vouloir faire de l’accélération industrielle l’un des arguments forts de son programme avec des objectifs très envoûtants: 23% de contribution au PIB et un demi-million d’emplois.  Sur d’autres sujets, la colonne vertébrale des propositions est directement tirée de feuilles de route ou de diagnostics anciens.

C’est le cas pour la réforme de la fiscalité. Le gouvernement veut engager d’urgence le dialogue sur un plan de mise en œuvre des recommandations du colloque de Skhirat. Au menu, l’IS progressif, la TVA à deux taux et exonération sur tous les investissements de création ou d’extension des projets.

Par ailleurs, le gouvernement  veut reprendre en main des dossiers ayant connu une pause. Certains exigeront beaucoup de leadership de la part d’El Othmani car ils sont transversaux par excellence, comme pour l’investissement, et quelques-uns de ses prérequis comme les incitations fiscales ou l’accès au foncier. La création d’un guichet unique pour l’accès au foncier  ainsi que la création de zones franches par région font déjà leur chemin.

Il y a enfin le nerf de la guerre, le financement.  Le gouvernement El Othmani  va devoir très rapidement rentrer dans le vif du sujet, à savoir sur sa capacité à  trouver la bonne formule pour accompagner les PME notamment.  Là aussi il faut aller très vite dans l’intégration des mécanismes de garantie et d’accompagnement, la réduction des délais de paiement à 60 jours effectifs, et à l’apurement des arriérés de l’Etat vis-à-vis des entreprises.

R&D: 14 milliards de DH en 2021?

Si cette promesse est respectée, ce sera probablement l’une des meilleures nouvelles pour la recherche. L’idée est de déployer une stratégie nationale de l’innovation et de l’investissement dans la recherche scientifique. De par son parcours scientifique,  El Othmani pourrait être beaucoup plus sensible aux enjeux que son prédécesseur.  Mais pour cela, il faudra porter le financement de la recherche scientifique à 1% du PIB. L’objectif est de passer de 4 milliards de DH actuellement à 14 milliards d’ici 2021.

 

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