Dossier Spécial

Abattage: Trois perles et 182 abattoirs non agréés

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5005 Le 18/04/2017 | Partager
La mise à niveau de 12 unités communales traîne toujours
Il faut attendre la refonte de la charte communale pour concrétiser la réforme
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Clandestin ou contrôlé, l’abattage reste le parent pauvre des règles de salubrité les plus élémentaires. La situation actuelle des abattoirs des viandes rouges est caractérisée par la présence d’unités non agréées sur le plan sanitaire par l’Office en charge de la réglementation dans ce domaine. Ils sont au nombre de 182 abattoirs municipaux et 540 tueries rurales. Et le volume des viandes préparées et contrôlées dans ces unités s’élève à 270.000 tonnes par an, soit la moitié de la production. Le reste est bien évidemment fourni par le circuit clandestin.

Pourtant, dès le lancement du plan Maroc Vert, l’activité a bénéficié d’une attention toute particulière. Des mesures ciblant l’encouragement de l’investissement privé ont été mises en place par le ministère de l’Agriculture. Le dispositif ciblait également la mise à niveau des abattoirs existants avec l’objectif de leur gestion déléguée. A cet effet, le ministère, via l’Onssa (Office national de sécurité sanitaire de produits alimentaires), avait élaboré et diffusé 3 cahiers des charges auprès des autres intervenants (l’Intérieur et le Commerce et l’Industrie). Mais jusqu’à présent, seuls 3 abattoirs privés sur 7 projets annoncés ont été agréés par l’Office: Bio Beef à Meknès, Best viande à Béni Mellal et Copag viande à Taroudant. «Les autres projets sont toujours en cours de réalisation», indique l’interprofession (voir également interview du président de Feviar page XIX).
Par ailleurs, le 2e contrat-programme conclu entre le gouvernement et la Fédération interprofessionnelle des viandes rouges, pour la période 2014-2020, avait prévu la mise à niveau et la création de 12 abattoirs communaux. Avec à la clé une  contribution financière du ministère de l’Agriculture à hauteur de 30% du coût global de l’investissement. Un apport conditionné par l’externalisation de la gestion de ces unités et la fermeture des tueries existant dans leur périmètre. De nouvelles mesures ont été appliquées à partir du 1er février 2016. Elles tiennent à la limitation de la circulation des viandes rouges à l’échelle nationale à celles préparées dans les abattoirs agréés ou ceux autorisés provisoirement par l’Onssa. S’ajoute l’obligation pour les lieux de restauration collective sociale (pénitenciers, cantines scolaires et universitaires, hôpitaux…), les hôtels et les restaurants classés de s’approvisionner à partir des ateliers de découpe ou  d’abattoirs agréés ou autorisés. De ce fait, seules les viandes reconnues propres à la consommation humaine sont estampillées par les inspecteurs vétérinaires de l’Onssa et celles insalubres devraient, en principe, être saisies et détruites. Un travail devra aussi être opéré dans l’objectif de procéder à la fermeture de tout abattoir ou tuerie non conforme aux exigences sanitaires se trouvant dans l’environnement des nouveaux abattoirs privés pour en encourager l’activité. De même, la traçabilité des viandes préparées dans les abattoirs agréés doit être assurée. Par ailleurs, et suite à la mise en place de l’identification des bovins, les viandes rouges préparées dans les abattoirs doivent être tracées et le consommateur informé de l’origine. Sauf que le contrôle mené périodiquement par l’Office ne porte que sur les cas flagrants d’insalubrité telles les viandes avariées. 

 

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