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Dossier Spécial

Agro-industrie: La nouvelle vision fait l’unanimité

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5005 Le 18/04/2017 | Partager
Elle a fait l’objet d’une large concertation entre l’administration et les professionnels
Objectif: intégrer l’amont agricole et l’industrie
Entretien avec Mohamed Fikrat, président de la Fenagri
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Le projet de contrat-programme prévoit deux types de mesures. Des encouragements spécifiques à chaque branche industrielle et des mesures transverses ciblant la réglementation (réforme des circuits de distribution) et la promotion extérieure 

- L’Economiste: D’importantes avancées ont été réalisées par l’amont agricole sans qu’une véritable stratégie de l’agro-industrie soit mise en place. Quelle explication?
- Mohamed Fikrat:
L’agriculture et l’industrie agroalimentaire sont unies par des liens très étroits et font partie de la même chaîne de valeur. Pour le secteur agricole, l’industrie agroalimentaire constitue un débouché important et indispensable, créateur de plus de valeur pour le produit agricole. Pour l’industrie agroalimentaire, le secteur agricole reste un partenaire incontournable, et un préalable nécessaire pour son développement.
Le plan Maroc Vert lancé en 2008 s’est fixé pour objectif de faire de l’agriculture un moteur de la croissance économique du pays, en développant une agriculture à haute performance (Pilier I) et une agriculture solidaire (Pilier II). Grâce à cette stratégie, d’importantes avancées ont été effectivement réalisées, et de nombreuses filières dépassent les objectifs de production fixés dans leurs contrats-programmes respectifs. C’est un acquis important, et il s’agit aujourd’hui de poursuivre cette dynamique en dotant l’industrie agroalimentaire d’une vision et de moyens adéquats pour valoriser davantage la production agricole et permettre ainsi une réelle intégration amont-aval de l’ensemble de la chaîne de production: amont agricole et industries de première et deuxième transformation.

- L’interprofession a-t-elle déjà défini les axes prioritaires du plan d’action à mettre en place?  
- C’est le chantier initié en 2015 par la Fenagri (Fédération statutaire de la CGEM), en partenariat et synergie avec la Comader, le ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime et le ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie numérique pour aboutir à un projet de contrat-programme du secteur agroalimentaire.En février 2015, les départements de l’Agriculture et de l’Industrie  ont lancé une étude stratégique pour déterminer les axes et secteurs prioritaires de développement de l’industrie agroalimentaire. La Fenagri et les professionnels se sont fortement impliqués dans le suivi et les travaux de l’étude. Celle-ci a permis d’aboutir en septembre 2015 à un projet de stratégie et un plan de développement du secteur agroalimentaire.
Sur la base des conclusions de l’étude, l’interprofession, en collaboration avec la Comader, a organisé une série de concertations avec les partenaires publics en vue de définir les objectifs et le plan d’action du projet de contrat-programme. Il  est aujourd’hui prêt, et nous espérons qu’il sera signé prochainement. 

- Selon quelles mesures d’accompagnement?
- Deux types de mesures structurent le projet de contrat-programme, avec d’une part, des mesures spécifiques à chaque branche d’industrie, et d’autre part, des mesures transverses à l’ensemble de l’activité agroalimentaire. 
De manière générale, toutes les mesures visent à encourager l’investissement de développement et  de mise à niveau de l’outil productif ainsi que les exportations, à promouvoir l’innovation et le développement de produits à forte valeur ajoutée et à soutenir la formation professionnelle et la création d’emplois.

- Des marchés ont-ils aussi étés ciblés?
- Le développement des exportations nécessite une approche différenciée par filière et par produit: certaines filières ont clairement une vocation exportatrice, alors que d’autres sont historiquement tournées vers le marché local.  
Dans ce contexte, les mesures du contrat-programme visent principalement à renforcer la présence des produits marocains sur les marchés où ils sont compétitifs, et à ouvrir de nouveaux débouchés à fort potentiel.

- Comment dynamiser les produits traditionnels à l’export comme les olives de table, les conserves végétales et l’huile d’olive?     
- Le Maroc dispose d’une multitude de produits du terroir riches et variés, qui reflètent les richesses naturelles de ses territoires. Il dispose également d’une longue tradition gastronomique et culinaire, sur la base de laquelle il a su développer toute une gamme de produits typiques de notre pays. Le défi aujourd’hui est de faire reconnaître l’excellence de nos produits traditionnels sur les marchés extérieurs. Pour cela, il est primordial de relever le niveau de production et de productivité des producteurs locaux (Pilier II du PMV), d’encourager les efforts d’innovation, d’assurer la promotion des produits traditionnels sur les marchés internationaux et de continuer les efforts de labellisation pour garantir la qualité des produits.

 

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