Dossier Spécial

500.000 tonnes d’engrais écoulés au Maroc par an

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5005 Le 18/04/2017 | Partager
Malgré de faibles volumes, le marché africain est le nouveau filon de l’OCP
A l’international, la reprise repart de plus belle
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L’usine du groupe OCP à Jorf Lasfar. C’est de ce site et de celui de Safi que partent les fertilisants destinés au marché national
(Ph. L’Economiste)

L’agriculture marocaine absorbe bon an mal an près de 500.000 tonnes d’engrais. La consommation des fertilisants est un baromètre de la «météo» du secteur agricole. Une bonne année agricole se déteint automatiquement sur le volume des ventes. Les besoins pour la campagne en cours sont estimés à plus d’un demi-million de tonnes.

L’approvisionnement du marché national est opéré via les deux  plateformes industrielles à Jorf Lasfar et Safi. Sur ce total, plus de 30.000 tonnes/an de produits de spécialités (engrais solubles à usage d’irrigation en goutte-à-goutte et produits Feeds-complément de l’aliment pour bétail) ont été écoulés. Le réseau de l’OCP compte 67 points de vente directs des partenaires-distributeurs, assurant une large couverture territoriale.

Sur la période 2012-2016, l’OCP a mené des campagnes de sensibilisation auprès de 65.000 agriculteurs. Ainsi, 11 caravanes agricoles thématiques ont effectué 84 étapes sur cette période. En tout, 829 jours de formation leur ont été dispensés notamment sur les besoins techniques et de fertilisation raisonnée.
De même, 8,7 millions d’hectares de sols agricoles ont été analysés, soit 31.000 échantillons de sols prélevés dans le cadre du projet Carte de Fertilité du Maroc.

Sur le plan international, la demande est restée soutenue en 2016, la croissance de la consommation agricole ayant été sous-tendue par la baisse des prix des engrais. En conséquence, les volumes à l’exportation de l’OCP ont substantiellement augmenté grâce à une plus grande diversification et personnalisation des produits. Les exportations vers l’Afrique ont augmenté de 70%, atteignant 1,7 milliard de tonnes en 2016 contre 1 million en 2015. Le redressement de la demande provenant d’Amérique latine, et plus précisément de l’Argentine et du Brésil, a stimulé les exportations, dont les volumes ont augmenté de 900.000 tonnes.

Les ventes de produits de spécialité représentant 25% des exportations d’engrais en 2016, enregistrant une hausse de 45% par rapport à l’année passée. Cela est largement dû aux importants efforts menés par l’OCP dans le développement de sa gamme de produits de spécialité, tout particulièrement en Afrique via de nombreuses initiatives.

L’OCP a intensifié la diversification de ses produits et la flexibilité de son outil industriel. Aujourd’hui, il propose, outre les produits standards tels que le DAP (engrais binaire), le MAP (engrais binaire composé de deux agents fertilisants), le TSP (engrais entièrement phosphaté), des produits modulés selon les besoins des consommateurs. En 2015, l’OCP a exporté pas moins de 34 formules différentes. Des produits de spécialité qui génèrent des marges plus intéressantes que les produits classiques. D’ailleurs, c’est ce qui a permis de réaliser 1,7 million de tonnes sur l’Afrique en 2016, en hausse de 70% par rapport à 2015.

La demande va exploser dans le monde

Si la production agricole mondiale augmente plus lentement au cours de cette décennie, comparée à la précédente, cette tendance devra s’inverser, pour que la terre puisse nourrir les 9,2 milliards d’individus qu’elle abritera en 2050. En même temps, les terres arables baisseront de 0,20% à 0,12% par habitant, en 2050.
La production alimentaire devra augmenter de 70%, soit de 1,5% par an. Seul un tel rythme de croissance permettra à la production de céréales, par exemple, de répondre à une consommation équivalente à celle d’aujourd’hui dans le monde, à savoir entre 400 et 1.500 g/jour/personne. Pour faire face aux besoins alimentaires de la planète à cet horizon, les engrais sont incontournables. Ils sont le seul moyen dont dispose l’humanité pour augmenter substantiellement les rendements à l’hectare, et donc limiter la superficie des terres agricoles au détriment d’un couvert forestier déjà mis à mal. Une demande mondiale de phosphate et d’engrais en forte hausse dans les 10 prochaines années. De 50 millions de tonnes actuellement, la demande d’engrais passera à environ 70 millions de tonnes en 2020, soit une croissance moyenne de 2,6% par an. C’est donc 2 millions de tonnes d’engrais supplémentaires qui devront être produites chaque année.

 

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