International

La Syrie victime d’un attentat des plus meurtriers

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5004 Le 17/04/2017 | Partager
Les personnes évacuées ciblées par un kamikaze
La communauté internationale réagit

Les réactions se sont succédé, hier dimanche, suite à l’un des attentats les plus sanglants en Syrie, ayant fait 112 morts et une centaine de blessés le samedi 15 avril. Le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, Stephen O'Brien, s'est dit «horrifié» par cet attentat «monstrueux et lâche».

«Les auteurs de cette attaque ont fait preuve d'une indifférence éhontée pour la vie humaine», s’est-il indigné. De son côté, le pape François a appelé dimanche à la paix au Moyen-Orient et en Syrie, «des pays martyrisés et victimes d'une guerre qui ne cesse de semer horreur et mort», dans sa traditionnelle bénédiction Urbi et Orbi.

L’attaque a été menée par un kamikaze à bord d'une camionnette piégée contre des bus transportant des personnes évacuées des localités loyalistes du nord du pays. «Parmi les morts figurent 98 personnes évacuées de Foua et Kafraya dans la province d'Idleb, au nord-ouest de la Syrie», indique Rami Abdel Rahmane, directeur (OSDH) qui s'appuie sur un vaste réseau de militants et de sources à travers le pays en guerre. «Les autres personnes tuées sont des travailleurs humanitaires locaux ou des rebelles», a-t-il précisé. Le bilan risque de s'alourdir davantage en raison de personnes grièvement blessées.

Le régime syrien a inculpé les «groupes terroristes», un terme utilisé par le pouvoir pour désigner les rebelles et les jihadistes. De son côté, le groupe rebelle Ahrar Al-Cham a nié toute implication. «Nous rejetons toutes les accusations mettant en cause l'opposition pour ce crime haineux. Notre rôle était d'assurer la sécurité des civils, pas de les tuer», a assuré Ahrar al-Cham sur Twitter. Le processus d'évacuation impliquant des milliers de Syriens de quatre localités assiégées avait été lancé vendredi dernier, suite à un accord signé par le Qatar, soutien de la rébellion, et l'Iran, allié du président Bachar al-Assad.

Cette opération avait été bloquée samedi sur la route de Rachidine pendant des heures en raison de désaccords entre les parties adverses. Quelques heures après l'attaque, l'opération avait repris et les personnes évacuées avaient poursuivi la route pour rejoindre leur destination finale. Cinq bus transportant des évacués des villes rebelles de Madaya et Zabadani sont repartis de la zone de Ramoussa, près d’Alep, où ils étaient bloqués sous contrôle du régime. Cinq autres cars transférant des personnes de Foua et de Kafraya et qui étaient bloqués par les rebelles à Rachidine ont aussi pu reprendre la route.

 

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