Culture

Festival de Fès Mettre en musique «l’eau et le sacré»

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5003 Le 14/04/2017 | Partager
La 23e édition invite philosophes, scientifiques et théologiens
Rendez-vous est ainsi pris du 12 au 20 mai

■ Zhour Alaoui: «Lutter contre la montée des extrémismes»

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Pour Zhour Alaoui, ambassadeur du Maroc à l’Unesco, «l’organisation du festival de Fès est très importante pour contrecarrer la montée des extrémismes». «C’est un événement qui vient rappeler combien le dialogue est nécessaire et combien le Maroc est un berceau des cultures et de la tolérance», ajoute la diplomate. Pour elle, le festival de Fès a une notoriété très importante et s’inscrit dans la continuité des manifestations organisées avec succès par le Maroc telle la COP22. Maintenant, il faut accompagner cette dynamique et promouvoir le Royaume.
Fès bénéficiant d’une promotion internationale, grâce notamment à l’Unesco, ne peut être que fier de son événement. «Ce qui est remarquable aussi, c’est la politique entreprise par SM le Roi, qui encourage la préservation du patrimoine de notre pays, le faire-savoir, et le faire évoluer de façon à ce qu’il s’adapte et soit en interaction avec un environnement moderne», conclut Alaoui.

                                                              

■ Abderrafih Zouitene: «La Chine à l’honneur»

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Pour sa 23e édition du 12 au 20 mai 2017, le Festival de Fès des musiques sacrées du monde célébrera l’eau dans sa dimension sacrée. «A sa création, Fès incarnait l’eau et était une ville aux mille sources. Et l’eau est fondamentale dans la vie spirituelle», exprime Abderrafih Zouitene, président de la Fondation Esprit de Fès et du festival. C’était lors de la présentation de l’événement, lundi dernier à Paris, au sein de l’appartement de Bonaparte, et plus précisément dans la chambre à coucher de la princesse Palatine. Devant un parterre de journalistes et d’intellectuels, Zouitene a noté que «pour la seconde année consécutive, le festival met à l’honneur une culture: après l’Inde, la Chine au patrimoine millénaire d’une incroyable richesse sera honorée». La soirée inaugurale de cette manifestation donnera le ton de cette 23e édition qui se veut engagée en faveur du respect de l’environnement, comme le prolongement naturel d’une démarche spirituelle. «Comme à l’accoutumée,  nous misons sur une programmation articulant excellence artistique, humanisme et quête spirituelle. La musique et les arts en général sont bien ce «supplément d’âme» indispensable au quotidien et au monde, mais ils peuvent aussi être une invitation ferme à l’engagement», promet le directeur de l’ONMT.
Le bon sens écologique, la conscience de notre interdépendance, l’amour de la terre et de ses fruits seront largement encouragés par cette édition.

                                                              

■ Christian Cambon: «Une réponse à l’extrémisme»

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Pour Christian Cambon, président du Groupe interparlementaire d’amitié (GIA) France-Maroc du Sénat, «le festival de Fès des musiques sacrées du monde est la manifestation la plus originale dans ce domaine et attire les meilleurs talents… il est en train de conquérir une place unique dans son genre et répond, par la musique, le chant et le dialogue, aux atrocités et à l’extrémisme, au terrorisme et au djihadisme». «C’est une manifestation de la tolérance. Et dans les jours que nous vivons, la tolérance est certainement une valeur qu’il faudrait promouvoir», déclare Cambon à L’Economiste. Et d’ajouter: «dans cette liberté culturelle prônée par ce festival, il faudrait également saluer l’évolution du Maroc dans la démocratie qui est de plus en plus affirmée. Là où la culture s’exprime librement, c’est là où la démocratie évolue le mieux. Et c’est là tout le sens de cette manifestation et c’est pourquoi nous la soutenons au Sénat.
 Au quotidien, la mission du groupe d’amitié franco-marocaine au Sénat, est de soutenir le développement de la relation entre la France et le Maroc dans ses dimensions politique, économique et culturelle. «Pour ce qui est de cette 23e édition, la thématique de «l’eau» est fondamentale. D’autant qu’en Afrique il y a des problèmes innombrables relatifs à la pénurie de l’eau. Mettre en relation cette problématique avec le sacré et la dimension spirituelle est un symbole de paix et de sérénité», estime le président du GIA.

                                                              

■ Chakib Benmoussa: «La spiritualité de l’eau»

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Pour Chakib Benmoussa, ambassadeur du Maroc à Paris, «le festival des musiques sacrées reflète l’attachement du Maroc aux valeurs et au dialogue universel des cultures». «Grâce à son président et son équipe, la continuité de l’esprit de Fès et son festival se renouvelle», ajoute-t-il. Aussi bien le Maroc que la France se mobilisent pour défendre ces valeurs communes et font en sorte que leur coopération culturelle soit extrêmement forte. Le diplomate marocain a fait référence au dernier salon du livre où le Maroc était l’invité d’honneur. Mais pas seulement.
Le colloque tenu récemment à l’Institut du monde arabe (IMA) a félicité les engagements culturels du Royaume. Par ailleurs, Benmoussa a convié les hôtes du Sénat à venir visiter les monuments fraîchement restaurés à Fès. Pour lui, sa médina reflète la richesse de la civilisation et du patrimoine marocain. Ce serait également l’occasion de débattre des problèmes existentiels de l’eau pour le Maroc, situé dans une région semi-aride, et son savoir-faire dans ce domaine qu’il exporte dans d’autre pays africains. «Le Royaume a fait de la politique de l’eau un axe majeur de son développement et ceci depuis plusieurs décennies», rappelle l’ancien ministre de l’Intérieur.

                                                              

■ Le forum confié à Driss Khrouz

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Après le philosophe Yves Michaud en 2016, le «Forum de Fès: Une âme pour la mondialisation» sera confié cette année au professeur Driss Khrouz. Selon lui, «le montage de ce forum obéit à quatre caractéristiques essentielles». D’abord, il s’agit de faire de cet événement une rencontre de réflexion ludique, un moment de vacances, de culture, et de spiritualité afin de permettre aux festivaliers de retrouver l’essence des mots et des choses dans cette médina fantastique. Secundo, le responsable du forum veut articuler les tables rondes, dans l’esprit et les résonnances, avec l’ensemble du programme du festival.
«Notre troisième exigence est d’articuler les débats entre ce qui est marocain et ce qui régional d’essence en considérant que le Maroc s’inscrit dans l’univers à travers sa personnalité et ses échanges avec son environnement», explique Khrouz. Enfin, le Forum de cette année constituera un dialogue entre les théoriciens, praticiens, et opérateurs marocains et étrangers. Y participent notamment le grand philosophe Edgar Morin, Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l’eau, Abdeladim Lhafi, Haut-commissaire aux eaux et forêts, Pierre-Louis Mayaux, chercheur en politique de l’eau et de l’environnement Cirad/Ecole de gouvernance et d’économie (EGE).
Tous devront interroger le sacré et la spiritualité qui habitent l’eau et la vie, montrant que Fès est un creuset millénaire des civilisations, langues et cultures. «Nous nous intéresserons également au Sebou qui est paradoxal à travers sa beauté et sa pollution. Sa dépollution aussi. Les actes de notre forum seront publiés», confie l’ancien directeur de la bibliothèque nationale.

DNES à Paris, Youness SAAD ALAMI 

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