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Régions

L’Oriental mise sur la filière de l’amandier

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5003 Le 14/04/2017 | Partager
Prospecter de nouvelles voies pour étendre la culture
80% de la production est commercialisée sans valorisation
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L’amélioration des paquetages avec spécification des variétés sont des atouts à exploiter dans toute stratégie de marketing et de création d’emploi (Ph. AK)

Organisé pour la 1re fois dans l’Oriental, mercredi dernier, le séminaire sur la capitalisation des expériences menées au niveau de la filière de l’amandier a permis d’évaluer le partenariat belgo-marocain en matière de coopération internationale et engager une réflexion pour le développement du secteur. «Cela permettra également d’examiner de nouvelles pistes pour étendre cette culture, au potentiel important, au niveau de la région», a précisé Mohammed Sadiki, SG du ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et forêts.

La filière de l’amandier est l’une des plus organisées. De nombreuses coopératives, groupements d’intérêt économique (GIE) et unités de valorisation ont été créés ces dernières années. Une unité est déjà opérationnelle et deux autres sont en cours de lancement. A l’origine de cette croissance, un programme de développement pour l’extension de la culture sur 10.000 hectares supplémentaires depuis 2008. Un bémol toutefois: «Le Maroc a fait de la durabilité de l’agriculture et des systèmes alimentaires un impératif en mettant en place une stratégie transversale de développement de l’agriculture. Il est temps d’augmenter la valeur marchande de cette filière car 80% de la production est vendue sans valorisation», précise Sadiki.

L’idée est d’assurer le triage, l’empaquetage et la transformation pour un meilleur bénéfice aux agriculteurs et groupements d’intérêt économique. L’organisation professionnelle, à travers les coopératives, a permis de toucher la femme rurale qui est très impliquée et intéressée par cette production. Plusieurs témoignages de femmes, qui ont réussi leurs projets, ont ponctué cette journée. Elles ont surtout insisté sur l’importance d’accompagner leurs coopératives en matière de formation, conseil et de commercialisation.

Pour Mohammed Mhidia, wali de l’Oriental, Marie Christine Boeve, représentante résidente de l’Agence belge de développement CTB, Claudine Aelvooest, première secrétaire de la coopération, et Mimoun Oussar, président de la Chambre d’agriculture, la filière de l’amandier est appelée à créer de l’emploi, notamment pour les femmes et jeunes ruraux. «L’un des objectifs prioritaires du développement escompté est de créer de la valeur ajoutée et freiner l’exode rural, tout en contribuant à la pérennisation et la valorisation de la productivité», a expliqué Mhidia.

Quant aux animateurs de ce séminaire, ils ont détaillé les techniques pour améliorer la production et la valorisation ainsi que les stratégies à mettre en place pour assurer une meilleure commercialisation. Pour rappel, le projet de développement de la filière de l’amandier dans la région de l’Oriental (PROFAO) relève du Pilier II du Plan Maroc Vert. Il vise un accompagnement de la petite agriculture solidaire et pluviale au niveau de la région et s’intéresse au développement, à la valorisation et à la gestion durable de la filière de l’amandier à travers la reconversion de superficies importantes en plantations d’amandiers, consacrées autrefois à la culture de céréales.

Ce programme de coopération est lancé au profit de plus de 2.630 agriculteurs dont 187 femmes au niveau de la préfecture d’Oujda-Angad et les provinces de Berkane, Jerada et Taourirt. Il s’étale sur une superficie de 6.000 ha pour un coût global de 118 millions de DH. Les impacts socioéconomiques attendus sont notoires, puisqu’il va permettre la création de120.000 JT et l’amélioration des revenus des agriculteurs de 1.760 DH /ha à 12.500 DH/ha.

Au niveau national

L’amandier, après l’olivier, est l’espèce fruitière qui occupe le plus de superficie au Maroc avec plus de 166.000 ha, dont 135.000 ha productifs et 32.000 ha irrigués au niveau national. Les bassins de production sont concentrés dans les régions de Fès-Meknès, Souss-Massa et l’Oriental, représentant plus de 50% de la superficie nationale et assurant près de 70% de la production moyenne globale du pays. La production moyenne en amandes non décortiquées des trois dernières campagnes est estimée à près de 104.000 tonnes, soit un rendement moyen de l’ordre de 0,8 t/ha. Les rendements varient de 0,1 t/ha à 9 t/ha, sont variables d’une localité à l’autre et dépendent des ressources hydriques mobilisées au profit de la culture. La moitié de la production nationale environ (47%) est vendue en coques sans aucune transformation et seules 29% des amandes sont transformées en pâte, en amande effilée ou en huile d’amande.

De notre correspondant,
Ali KHARROUBI

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