International

Commerce mondial: Comment atténuer les impacts négatifs

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5000 Le 11/04/2017 | Partager
Promouvoir davantage la formation et la mobilité
Objectif: sauvegarder les emplois
Une étude conjointe du FMI, la BM et l’OMC
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Pour atténuer l’impact négatif du commerce mondial, trois institutions internationales appellent à une adaptation des politiques. Elles rappellent aussi les effets positifs du libre-échange (Ph. AFP)

Le commerce international n’a pas que des avantages. S’il permet d’obtenir des gains de productivité et des privilèges pour les consommateurs, il peut aussi entraîner des suppressions d’emplois. Des politiques nationales bien conçues peuvent alors aider les chômeurs à se réinsérer. C’est ce que soulignent les économistes de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM) dans une étude conjointe publiée à quelques jours de leurs réunions de printemps prévues du 17 au 23 avril à Washington.

De 1960 à 2007, le commerce mondial a crû de 6% par an en moyenne, entraînant une croissance des économies d’environ 3% en moyenne durant la même période. Mais «ces dernières années, un ralentissement du rythme des réformes commerciales et une poussée du sentiment protectionniste ont freiné l’avancée du commerce, de la productivité et de la croissance des revenus», note le document. Ce sont quelque 1 million d’emplois manufacturiers aux Etats-Unis et 1,4 million d’emplois non-manufacturiers qui ont disparu entre 1999 et 2011 du fait de la concurrence chinoise. «Les pays qui souffrent le plus de la faiblesse du commerce mondial sont ceux dont la croissance dépend traditionnellement beaucoup des exportations et dont la dynamique de la demande intérieure est faible», selon Natixis. C’est le cas de l’Allemagne et de l’Italie. Les Etats-Unis sont le pays qui souffre le moins.

La libéralisation des échanges contribue de plusieurs façons à la croissance. Elle ouvre aux producteurs des marchés plus importants et leur permet d’accroître leur échelle de production. Tout en offrant aux consommateurs des produits plus diversifiés et meilleur marché. Elle procure aussi de nouveaux débouchés pour les investissements. Dans le même temps, certains pays ont subi des conséquences négatives. En baissant les prix des produits manufacturés fabriqués à l’étranger, ce commerce a «détruit des emplois notamment en Europe et aux Etats-Unis».

Les trois institutions internationales recommandent de promouvoir la formation professionnelle et la mobilité des salariés. Les dirigeants sont invités aussi à accélérer les réformes tout en adoptant des politiques d’ouverture des échanges. Ils doivent de surcroît redoubler d’efforts dans les infrastructures et le logement afin de favoriser la mobilité de la main d’œuvre. Des secteurs comme les services ou le commerce électronique peuvent représenter une forte contribution à la croissance.

Les procédures douanières améliorées, combinées à une rapidité et à une fluidité plus importantes des échanges, permettront de relancer le commerce mondial. Beaucoup d’espoirs sont placés dans l’Accord sur la facilitation des échanges entré en vigueur le 22 février. Sa mise en œuvre complète devrait entraîner une réduction des coûts du commerce de 14,3% en moyenne, dont les pays en développement seraient les principaux bénéficiaires. Il devrait aussi permettre de réduire de plus d’un jour et demi les délais d’importation des marchandises et de près de deux jours les délais d’exportation, soit une réduction de 47% et 91%, respectivement, par rapport à la moyenne actuelle.
L’impact ne peut qu’être positif sur le Maroc (cf. notre édition N°4968 du 24/02/2017).

 

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