Economie

Collectivités locales: Le feuilleton de grèves reprend

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5000 Le 11/04/2017 | Partager
Un appel de l’UMT pour ce jeudi 13 avril
Le dossier revendicatif n’a pas changé depuis 2011
Les grévistes déplorent l’absence de dialogue avec le ministère de tutelle
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Pendant plusieurs semaines, les communes et les arrondissements ont été pratiquement paralysés au grand dam des usagers. Rien n’a changé entre-temps et le dossier revendicatif est pratiquement le même (Ph. L’Economiste)

Les collectivités locales ont bien choisi leur timing. Quelques jours après la nomination du gouvernement El Othmani, les communes et les arrondissements démarrent un mouvement de grève. À peine installé à la tête de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit doit déjà faire face à son premier débrayage. L’UMT, syndicat le plus représentatif du secteur, a lancé un appel à la grève pour ce jeudi 13 avril.

L’UMT espère ainsi attirer l’attention sur son dossier revendicatif, juste après l’installation des nouveaux ministres de l’Intérieur et de l’Emploi, directement concernés par ce mouvement. La centrale syndicale déplore notamment l’absence de dialogue avec le ministère de tutelle depuis 2011. «Nous avons eu l’engagement de Cherki Draiss pour entamer un dialogue en mai 2016. A ce jour, rien n’a été fait», déplore Saïd Chaoui, SG de la Fédération nationale des ouvriers & fonctionnaires des collectivités locales, affiliée à l’UMT.

Les revendications ont trait à plus de liberté syndicale, l’instauration du dialogue, l’augmentation des salaires et la mise en place de l’Institut des œuvres sociales promis depuis 2002. «Quinze ans plus tard, nous en sommes toujours au même point», poursuit le syndicaliste. Les grévistes réclament aussi le retrait de la réforme de la retraite et la récupération des sommes prélevées sur leurs salaires, ainsi que la régularisation de la situation des fonctionnaires diplômés.
Ce mouvement n’est pas sans rappeler la série de grèves des collectivités locales observées en 2011. Pendant plusieurs semaines, les communes et les arrondissements ont été pratiquement paralysés au grand dam des usagers.
Rien n’a changé entre-temps et le dossier revendicatif est pratiquement le même, à savoir: la révision du statut du personnel, des indemnités, de la formation continue, des œuvres sociales, des examens d’aptitude professionnelle et des libertés syndicales.  

Pourtant, ce secteur est le 2e pourvoyeur en termes d’effectifs après l’enseignement. En effet, le Maroc compte plus de 150.000 fonctionnaires répartis sur les 12 régions, 83 préfectures et provinces et 1.503 communes. Les deux tiers de ces effectifs sont classés entre l’échelle 6 et 9.  
Il s’agit d’un secteur peu syndicalisé aussi. Près de la moitié (47%) des fonctionnaires est sans appartenance syndicale. Sans compter ceux affiliés à d’autres syndicats, comme l’ODT, qui n’a pas rallié ce mouvement. Ce qui risque de peser sur le taux de participation.

 

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