Politique

Sahara: Les enjeux du rapport de Gutteres

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4999 Le | Partager
Le document, présenté dans les prochains jours, est le 1er de son mandat
Bientôt un successeur à Christopher Ross
Vers le retour des équipes de la Minurso?
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Antonio Gutteres, nouveau secrétaire général de l’ONU, présentera dans son rapport des recommandations décisives pour le processus de résolution du dossier du Sahara (Ph. AFP)

Programmée initialement vendredi dernier, la réunion du Conseil de sécurité pour la présentation du rapport du secrétaire général de l’ONU sur le dossier du Sahara a été finalement reportée. Les derniers rebondissements en Syrie ont chamboulé l’ordre du jour des Nations unies.
Très attendue, la présentation de ce rapport permettra d’appréhender plusieurs aspects de l’évolution du dossier du Sahara dans le sillage des changements géopolitiques mondiaux. C’est la première année où Antonio Gutteres, nouveau SG de l’ONU, se prête à cet exercice. Va-t-il maintenir l’approche de son prédécesseur, marquée par la tergiversation? Pour l’instant, les relations semblent plus apaisées sous son mandat.

Les interactions sont aussi positives. Le Maroc a fait preuve de bonne foi en réagissant à l’appel de Gutteres suite à la montée de la tension à Guergarate. C’est l’un des éléments décisifs dans cette nouvelle étape dans le processus de résolution de ce dossier. Le rapport qui sera présenté aux membres du Conseil de sécurité devra mentionner le respect du Maroc des résolutions onusiennes. Les actions ont été menées à Guergarate dans la légalité. Gutteres devra aussi pointer l’entêtement du Polisario. En dépit du retrait du Maroc, cette entité a poursuivi ses provocations en maintenant des patrouilles dans la zone tampon. Rappelons que des dirigeants du Polisario avaient menacé à plusieurs reprises de reprendre les armes. Ce qui montre le manque de volonté d’aboutir à une solution pour ce dossier.

Toutefois, les conclusions de ce document, élaboré essentiellement par l’envoyé personnel du SG de l’ONU Christopher Ross et les représentants de la Minurso, risquent de comporter une certaine complaisance en faveur du Polisario et une minimisation des réalisations du Maroc. Il faut dire qu’étant conscient qu’il présente son dernier rapport, Ross, pourrait jouer sa dernière carte en orientant les faits en défaveur de Rabat. Les relations entre les deux parties se sont détériorées après les agissements et les déclarations de l’envoyé personnel en faveur du camp adverse.

Le Maroc a protesté contre les positions partiales de l’ancien ambassadeur américain à Alger. La nomination d’un nouvel envoyé personnel de Gutteres constitue aussi l’un des enjeux pour les prochains jours. Le profil choisi devra obtenir l’approbation des Etats membres du Conseil de sécurité. C’est l’une des occasions pour en savoir plus sur la position de la nouvelle administration américaine concernant l’affaire du Sahara. L’orientation des Etats-Unis sous le mandat Trump sera également visible dans le texte qui sera soumis au Conseil de sécurité.

L’influence américaine est décisive sur cet aspect. En 2013, la tension était montée entre Rabat et Washington. Le Roi est intervenu personnellement pour couper la route à «l’instrumentalisation des questions de droits de l’homme», pour introduire des conclusions contre le Maroc. Cette version du rapport prévoyait un appel à l’élargissement des attributions de la Minurso. Le parti pris de cette mission onusienne a été vigoureusement contesté par Rabat. Le retour des équipes de la Minurso au Sahara est aussi au programme des prochaines réunions du Conseil de sécurité prévues en avril. L’annulation de l’arrêt du Tribunal européen voulant interdire l’application de l’accord agricole au Sahara devrait aussi figurer sur le rapport du SG de l’ONU.

L’atout africain

La situation régionale sera aussi mise en avant dans le rapport annuel sur le Sahara. Cette année, le Maroc a de nouveau fait preuve de dynamisme en actant son retour à l’Union africaine. Le nouveau positionnement de leadership continental sera décisif dans le processus de résolution de ce dossier. Les retraits de reconnaissance du Polisario se multiplient en Afrique. Avec son retour à l’UA, Rabat va mieux faire entendre sa voix, faisant barrage à la propagande du camp adverse. L’un des premiers bras de fer a eu lieu il y a quelques semaines. Le Maroc s’est montré ferme face à la tentative de l’Algérie d’inscrire l’affaire du Sahara à l’ordre du jour de la Commission de paix et de sécurité, présidée par son représentant. La réponse était sans équivoque: ce dossier est traité uniquement dans le cadre du processus lancé par l’ONU.

 

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