International

Taux d'intérêt bas: Un risque pour la stabilité financière

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4999 Le 10/04/2017 | Partager
Banques, assurances et fonds de pension seraient pénalisés
Les recommandations du FMI

Le vieillissement de la population et le ralentissement de la croissance de la productivité, observés dans nombre de pays développés, pourrait engendrer une conjoncture plus faible et des taux d’intérêt réels et nominaux plus bas. Une situation qui pourrait représenter un défi pour les établissements financiers, relève le FMI dans son rapport sur la stabilité financière dans le monde. Il est publié à quelques jours des réunions de printemps du Fonds et la Banque mondiale qui se dérouleront du 17 au 23 avril à Washington.

Il faudrait s’attendre à un impact sur les banques, les compagnies d’assurances et fonds de pension. Mais aussi des produits que propose le secteur financier. Dans un tel contexte, «les courbes de taux s’aplatiraient sans doute». «Ce qui réduirait les bénéfices des banques et poserait des problèmes durables pour les compagnies d’assurance vie et les régimes de retraite à prestations définies», de l’avis des experts du FMI. Si les taux des dépôts bancaires ne peuvent descendre (largement) en dessous de zéro, les bénéfices des banques s’en trouveront comprimés davantage.

Les établissements plus petits, moins diversifiés et financés essentiellement par les dépôts seraient les plus touchés. Ce qui pousserait à la consolidation du secteur. Au moment où les banques sont en quête de rendement sur leurs marchés nationaux et étrangers, de nouveaux risques liés à la stabilité financière pourraient survenir dans les pays d’origine et d’accueil. De telles tendances ont ainsi déjà été observées au Japon.
L'autre impact de cette croissance faible et ce vieillissement de la population c'est qu'ils tendraient sans doute à réduire la demande de crédit des ménages et des entreprises. Tout en augmentant la demande de dépôts bancaires liquides et de services transactionnels de la part des ménages. Résultat, «l’activité locale des banques dans les pays avancés pourrait évoluer vers la prestation de services soumis à commission».

L’équipe du FMI a formulé une série de recommandations. Les dispositifs prudentiels devraient permettre d’assurer la stabilité à long terme au lieu de succomber aux demandes de déréglementation. Lesquelles visent à atténuer les crises à court terme. En ce qui concerne les banques, les politiques engagées devraient contribuer à favoriser une «consolidation sans heurts et la fermeture des institutions non viables». La mise en place d’exigences de solvabilité encourageant les compagnies d’assurance vie à prendre les mesures requises pour adapter leur modèle économique serait absolument essentielle.

La surveillance et la réglementation des activités de gestion d’actifs gagneraient en importance au fur et à mesure de la montée en puissance de ce segment dans le secteur financier. Les pays émergents seraient avisés d’accroître leur résilience aux chocs mondiaux. Ils devraient notamment «approfondir leurs marchés financiers intérieurs et développer leur base d’investisseurs nationaux».

                                                                                  

La BCE coupe court aux spéculations

La Banque centrale européenne (BCE) a fait savoir qu’elle n'a pas l'intention de relever ses taux d'intérêt avant la fin de son programme d'achats d'actifs. «Nous ne sommes pas encore parvenus à un stade où la dynamique de l'inflation peut s'auto-entretenir sans le soutien de la politique monétaire», a estimé son président Mario Draghi.  Afin de soutenir une inflation jugée trop basse et de relancer la croissance en zone euro, la BCE a fixé depuis 2014 ses taux d'intérêt à leur plus bas niveau historique. Elle a lancé aussi en mars 2015 un programme de rachats massifs de dettes surnommé «QE», qui a porté à ce jour sur près de 1.800 milliards d'euros. Des spéculations ont émergé ces dernières semaines sur un éventuel revirement de la BCE, sur fond d'embellie économique en zone euro. L'inflation a atteint 2% sur un an en février, un niveau considéré par la BCE comme un signe de bonne santé de l'économie, avant de retomber à 1,5% en glissement annuel en mars.

Le banquier central avait répondu aux critiques, surtout venues d'Allemagne, sur les effets néfastes de taux bas pour les épargnants. Cette politique a amené un très net «assouplissement des conditions financières alors que les effets secondaires négatifs ont été jusqu'ici limités». Combinées à des octrois de crédit à long terme à taux très bas pour les banques, les mesures de la BCE ont, selon lui, permis de «stimuler la croissance et d'éloigner le risque de déflation en zone euro, aidées par le coup de pouce induit par la baisse des prix du pétrole».

 

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