Politique

Gouvernement El Othmani: Le PJD grand perdant

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4998 Le 07/04/2017 | Partager
Le parti privé de plusieurs secteurs stratégiques
Des colorations politiques pour boucher les trous

Qui va se hasarder à mesurer l’ampleur des dégâts collatéraux du coup de massue reçu par le PJD? Dans cette épreuve, le parti de Abdelilah Benkirane y a laissé des plumes. Même s’il est arrivé en tête des dernières élections législatives, avec 125 sièges, le PJD en est sorti le grand perdant. Saâdeddine El Othmani a validé une architecture qui affaiblit lourdement sa formation politique. En est-il conscient? Les prochaines semaines le diront.

En tout cas, la contestation dans les rangs du PJD commence à grossir. Des appels à la tenue d’un Conseil national extraordinaire visent à mettre tout cela sur la table. Le PJD a effectivement perdu plusieurs secteurs jugés importants. En tête, le département de la Justice et des libertés dirigé par Mustapha Ramid. Celui-ci a accepté le ministère d’Etat en charge des droits de l’homme.

Quelles relations va-t-il entretenir avec le dynamisme de Driss Yazami, président du CNDH. Le PJD a récupéré à peine un Secrétariat d’Etat confié à Khalid Samadi. En outre, la chaise musicale entre les ministres de l’Equipement (Abdelkader Amara était à l’Energie) et celui de l’Energie (Aziz Rabbah était à l’Equipement) n’est pas profitable à l’Etat. Les deux membres du gouvernement vont perdre beaucoup de temps à découvrir les arcanes des départements respectifs. Un secteur stratégique a été abandonné par le PJD, celui des Finances. En effet, le ministère délégué chargé du Budget (confié au PJD dans le gouvernement sortant) a disparu. Mohamed Boussaid est désormais seul aux commandes.

Autre nouveauté, les attributions des secrétaires d’Etat ont été fixées dès la nomination du gouvernement. Traditionnellement, leurs prérogatives sont accordées par leur ministre de tutelle.
En outre, avec El Othmani, on assiste au renforcement de la technocratie. Ce qui n’était pas le cas dans le gouvernement Benkirane I où deux ministères de souveraineté ont été accordés aux politiques: l’Intérieur était confié à Mohand Laenser et les Affaires étrangères et la coopération au même Saâdeddine El Othmani, aujourd’hui chef de gouvernement.

Par ailleurs, les pratiques de colorations politiques n’ont pas disparu. Comme pour Mohamed Hassad, repeint aux couleurs du Mouvement populaire. Il est chargé de remettre sur les bons rails, le ministère de l’Education nationale. Des critiques du casting qui commencent à fuser, particulièrement sur ses capacités à diriger un département aussi complexe, oublient qu’il a bien piloté le département de l’Intérieur depuis le premier remaniement.
En tout cas, dans cette opération, il va agir en binôme avec Larbi Bencheikh, lui-même repeint aux couleurs du MP. Tout deux avaient comme mentor feu Abdelaziz Meziane Belfkih. Dans  ce même élan, il n’est pas exclu que l’ancien ministre de l’Intérieur prenne en main les destinées du MP lors de son prochain congrès, prévu en 2018.

 

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