Habillage_leco
Analyse

Maroc/Afrique de l’Est: Pourquoi la tâche sera compliquée

Par Safall FALL | Edition N°:4995 Le 04/04/2017 | Partager
L’Afrique de l’Est en zone relais pour l’offre exportable marocaine dans le continent
5,5% de croissance portée par le Rwanda, l’Ethiopie, le Kenya et la Tanzanie
La logistique, la langue et les influences des puissances régionales… les contraintes
marche_afrqieu_est_095.jpg

Pour diversifier leurs économies vers le secteur des services et d’autres moins dépendants de facteurs exogènes, les «dragons» de l’Afrique de l’Est mènent la croissance africaine

Au lendemain des récentes tournées royales dans la région, le business marocain veut transformer l’essai dans cette région du continent. Avec une croissance de 6% pour l’économie la moins dynamique, l’est du continent mérite bien le sobriquet d’«Afrique utile». Parce que c’est là où se joue véritablement l’avenir des relations économiques maroco-subsahariennes. Dans la zone de confort occidentale des économies francophones, les opportunités sont proches de l’essoufflement. La croissance de l’Afrique de l’Ouest est passée de 4,4% en 2015 à 0,1% en 2016.

La chute des cours des matières premières est passée par là, entraînant les économies les plus puissantes (Nigéria, Côte d’Ivoire, Ghana, etc.). La région accueille toujours plus des deux tiers des investissements et du commerce marocains dans le continent. Le business a néanmoins horreur des frontières. Surtout lorsqu’elles deviennent de plus en plus étroites. La langue des affaires se parle aussi en Afrique de l’Est et le Royaume a bien des atouts à y faire valoir. La région vient d’enregistrer, pour la 4e année consécutive, une croissance moyenne de 5,5%.

Le Rwanda et la Tanzanie, les deux premières étapes de cette 2e édition de l’African business connect, sont avec le Kenya et l’Ethiopie les principales locomotives de cette dynamique économique. «En Ethiopie, les dépenses d’infrastructure en ont été le principal facteur», explique le dernier rapport de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, rendu public il y a une semaine. «Au Kenya, l’investissement dans les infrastructures et le dynamisme de la consommation des ménages ont continué de stimuler la croissance compensant une baisse de l’activité touristique due aux questions de sécurité», est-il indiqué.

Au Rwanda, ce sont les services et le secteur agricole qui ont porté la croissance du pays en 2016. Cela en aurait certainement été davantage si l’économie n’était pas confrontée à la chute des prix de certains produits de base et le déficit infrastructurel. Quant à la Tanzanie, «la forte demande intérieure, la croissance des secteurs des services et de l’industrie manufacturière» ont véhiculé la croissance.

Mais il ne s’agit pas de ramasser des affaires à la pelle. La tâche ne sera pas facile. Les écueils sont multiples. Le premier est celui de la langue. Même si une bonne partie de la délégation d’affaires assure ne pas en souffrir, il n’en demeure pas moins une contrainte. L’autre défi, qui est d’ailleurs quelque peu lié à ce dernier, est la mentalité locale des affaires. Elle reprend tous les bons clichés de pragmatisme du business à l’anglo-saxon. L’autre contrainte est plutôt opérationnelle. Elle est relative à la problématique logistique.

L’éloignement géographique de ces marchés par rapport au Maroc et le déficit de connectivités directes -maritimes, terrestres, ou aériennes- laissent peu de marge de manoeuvre à l’export. S’y ajoute la sérieuse concurrence que pourraient représenter d’autres puissances économiques de taille. Il s’agit, par exemple, de l’Afrique du Sud qui a fait de cette région un véritable pré-carré.

Le géant opère surtout dans les services financiers et bancaires, mais aussi dans la grande distribution et l’industrie agroalimentaire. La Chine et le Brésil sont aussi parmi ces «pure players» aux influences importantes dans les économies de la région. Ces deux acteurs sont notamment présents dans les secteurs des mines et du BTP. Sur ce dernier segment, la vieille approche chinoise «Infrastructures contre ressources naturelles» trouve toujours un répondant positif dans ces pays.

Immobilier, industrie, banque...

Le groupe BMCE Bank of Africa est engagé dans plusieurs projets d’investissement lancés récemment sur le marché rwandais. Dans l’immobilier, par exemple, l’entité participe au financement d’un important projet de 5.000 logements économiques à Kigali. Le site sera développé par Palmeraie Développement. Dans le secteur pharmaceutique, l’institution financière accompagne aussi le laboratoire Cooper Pharma dans un projet industriel de 10.000 m2. Ces deux projets ont été lancés en marge de la dernière visite royale.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc