Entreprises

CAM résiste à la contraction du PIB agricole

Par Franck FAGNON | Edition N°:4992 Le 30/03/2017 | Partager
Plus d’un milliard de DH de créances passées en pertes, ce qui renchérit le coût du risque
Néanmoins, le résultat net reste quasi stable à 542 millions de DH
Le PNB progresse de 14% porté par les commissions et les activités de marché
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Le groupe CAM a tiré son épingle du jeu en 2016 malgré un contexte difficile marqué par la baisse des taux, mais aussi la diminution des revenus des ménages ruraux après une mauvaise campagne agricole (Source: CAM)

A l’environnement de taux bas et la contraction des marges d’intermédiation qui ont ralenti la croissance du produit net bancaire des banques en 2016, Crédit Agricole du Maroc, doit en plus composer avec la contraction du PIB agricole et la baisse des revenus des ménages ruraux. C’est un facteur de risque supplémentaire pour le groupe qui est fortement exposé au monde rural. Toutefois, il est parvenu à préserver ses bénéfices à 542 millions de DH, en léger recul de 1%.

La part qui revient au groupe s’établit à 525 millions de DH en baisse de 3% en raison d’une part des minoritaires plus importante qu’en 2015. «Nous avons passé les douze dernières années à diversifier notre activité. Aujourd’hui, nous en récoltons les fruits. L’impact de la contraction du PIB agricole sur les activités de la banque sera moindre», avait réagi un cadre du groupe en septembre dernier (L’Economiste N°4860 du 21/09/2016).

Au niveau commercial, l’ouverture de 300.000 nouveaux comptes et 26 points de vente en 2016 a en partie permis d’améliorer de 4% les dépôts clientèle et de 5% l’encours des crédits. Mais, la baisse des taux sur le marché a réduit de 7% la marge d’intérêts. Cette contre-performance a été compensée par la bonne tenue de la marge sur commissions (+10%) et par l’envolée du résultat des activités de marché qui a été multiplié par 4,5. En conséquence, le chiffre d’affaires du groupe s’élargit de 14% à 3,7 milliards de DH.

Les charges générales d’exploitation progressent moins vite (6% à 1,6 milliard de DH), ce qui permet d’améliorer le coefficient d’exploitation de 3,3 points à 44,7%. Crédit Agricole du Maroc revient dans la moyenne du marché. Le passage du résultat brut d’exploitation (+23% à 1,7 milliard de DH) au résultat d’exploitation a été perturbé par un coût du risque en forte hausse de 46% à 904 millions de DH. Les créances passées en perte se chiffrent à plus de 1 milliard de DH, ce qui annihile la nette amélioration des reprises de provisions (+58% à 1,9 milliard de DH). Les dotations de l’exercice totalisent 1,6 milliard de DH en augmentation de 3%.

 

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