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Culture

Musécole: La fabrique d’artistes en herbe

Par Amine Boushaba | Edition N°:4991 Le 29/03/2017 | Partager
Des ateliers encadrés par des artistes de renom à l’école Massignon
Un musée temporaire avec un catalogue digne des grandes institutions
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Une journée spéciale pour les élèves qui participent à des ateliers d’art sous la supervision d’artistes reconnus (Ph. ABo - Les visages ont été modifiés)

C’est une journée décidément pas comme les autres pour les  élèves de l’école Louis Massignon Bouskoura1, qui a investi cette année son nouveau site à quelques kilomètres de Casablanca. Comme chaque année, l’institution s’est transformée, hier 28 mars, le temps d’une journée, en un immense atelier d’art, où une quarantaine d’artistes, encadrent et accompagnent les élèves dans leurs créations picturales. L’ambiance était festive et les enfants, un brin survoltés par le plaisir de la libre création, tourbillonnent autour des enseignants et artistes encadrants qui leur apprennent de manière ludique le b.a.-ba de l’art plastique et contemporain, les initient à la création et leur font découvrir le cheminement d’une œuvre d’art…

Norredine Boumaaza, l’un des artistes peintres qui accompagnent les élèves dans cette aventure, est émerveillé par la créativité des enfants: «Aujourd’hui, nous travaillons sur le concept du tampon, moi j’essaye d’apporter aux enfants la technique, la maîtrise et le contraste des couleurs, mais je suis très impressionné  par leur spontanéité qui m’inspire: la transgression des cadres, le décalage ou la superposition des couleurs… autant de gestes enfantins qui donnent des résultats très intéressants». Dans la cour de l’école, c’est «la grande lessive» qui s’étale toute en couleurs. Des peintures, dessins et collages, en format A4 sont étendus sur des cordes à linge qui traversent la cour.

Le concept de cette installation éphémère a été créé en 2006 par la plasticienne  française Joëlle Gonthier. Son objectif est de promouvoir la pratique et l’enseignement artistique. Son titre fait référence à la pratique ancestrale de la lessive qui réunissait autour d’un même point d’eau les habitants d’un quartier ou d’une cité. Cette année, elle a été célébrée un peu partout le 23 mars, et qu’importe si à l’école Massignon, on a pris quelques libertés avec la date pour la faire coïncider avec l’évènement. Street art, peinture, sérigraphie, photo… Musécole, c’est le nom de l’évènement, en est à sa sixième édition, et est devenu au fil des années le rendez vous incontournable de ce que compte aujourd’hui le monde des arts plastiques au Maroc. Mahi Binebine, El Hocine Tallal,  Zine El Abidine Al Amine, Karim Tabit, Yan Chatelin ont déjà mis la main à la pâte. Toutes les disciplines sont explorées selon une thématique annuelle.

C’est avec la représentation du corps que Musécole a été inauguré, pour s’intéresser ensuite à l’art du portrait, aux arts abstraits pour adopter cette année une  thématique d’actualité celle de l’écologie, puisqu’il a été demandé aux élèves  de toutes les classes de la PS au CM2 de s’intéresser aux quatre éléments: l’eau, la terre, le feu et l’air. Cette rencontre entre les artistes et les élèves est très importante pour nous » précise Bruno Le Morvan, directeur de l’école Massignon Bouskoura 1. «C’est un moment de partage, où le regard et l’expérience des artistes permettent aux enfants de regarder le monde autrement et de sortir des cadres qu’ils se sont construits.

C’est une manière différente d’appréhender l’art, qui permettra aux élèves de construire un nouveau regard et qui vient enrichir l’enseignement proposé au fil de l’année». Parallèlement aux ateliers, un musée temporaire est installé dans l’école pour une huitaine de jours, et où des artistes majeurs exposent leurs œuvres aux côtés de représentants de la nouvelle génération d’artistes contemporains. Le catalogue édité pour l’occasion, n’a rien à envier à ceux des plus grandes expositions institutionnelles. On y retrouve Farid Belkahia, Mohamed Melehi, Miloud Labied, Moa Bennani, Mohamed Kacimi, Fatiha Zemmouri, aux côtés d’artistes internationaux tels que l’espagnole Amparo Sard, la pop artiste Cali ou encore le bouillonnant Georges  Moquay.

Des œuvres prêtées par des collectionneurs, des parents d’élèves mais aussi des galeries qui jouent chaque année le jeu. Les visites du musée sont toujours accompagnées de guides, artistes et enseignants, qui expliquent, initient les élèves à la lecture des œuvres sous ses différents aspects. D’ailleurs, comme à chaque édition, un diaporama élaboré par le cofondateur de l’évènement, Ali Alami (parent d’élève, passionné d’art), est projeté pour apporter des éléments de connaissances sur la thématique de l’édition. Cette année, l’édition est particulière puisque, grâce au nouveau site, l’événement associe l’école Bouskoura 1 et 2 du groupe scolaire Louis Massignon. Ce qui fait plus d’un millier d’enfants «et autant de parents qui sont associés à l’opération et qui sont invités à visiter le musée», précise Le Morvan.

 

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