Competences & rh

Généraliser les expériences qui marchent

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4990 Le 28/03/2017 | Partager
Les centres d’orientation peuvent être dupliqués dans les associations de quartiers
Les fédérations sectorielles appelées à s’ouvrir à la société civile
leila_benhima_cherif_090.jpg

Leila Benhima Chérif, présidente de L’Heure joyeuse: «Les jeunes que nous recevons ont connu l’école de la rue. Ils ont fait des petits métiers, sans réelle compétence ou formation. L’Heure Joyeuse les fait revenir dans la formation, pour leur faire retrouver la dignité par l’emploi. Ces jeunes sont formidables. Ils ont besoin qu’on leur tende la main et qu’on leur donne leur chance» (Ph. Khalifa)

- L’Economiste: A votre avis, pourquoi les Neet ne suscitent-ils pas suffisamment d’intérêt?
- Leila Benhima Chérif:
La responsabilité est, en fait, sur les deux flancs. Il n’existe pas assez d’outils innovants tels que ceux que nous proposons à L’Heure Joyeuse dans les quartiers qui en ont besoin. Nous avons développé un projet pilote de formation, d’orientation et d’insertion professionnelle dont il faut présenter très rapidement les résultats aux ministères de l’Emploi et de l’Education nationale. Il faudrait voir comment le dupliquer simplement et former des formateurs, car nous avons besoin d’hommes et de femmes dédiés à ces métiers. Redonner la confiance, la dignité, l’envie de s’insérer en tant que citoyen à des jeunes laissés pour compte, ce n’est pas évident.
Maintenant, il ne faut pas non plus se tromper, parce que ces jeunes, aussi, ont une part de responsabilité. Il est important de leur expliquer que la facilité n’existe pas et qu’il est nécessaire de montrer sa volonté de s’en sortir. Mais il n’y a pas de fatalité. Il y a encore 6 ans, quand nous parlions de l’insertion de ces jeunes à la CGEM, l’on nous regardait l’air de dire que nous sommes fous. Aujourd’hui, nous avons pu en placer dans de grandes sociétés.
Les centres d’orientation et d’insertion professionnelle que nous avons développés peuvent être montés dans chaque association de quartier.

- Que peuvent faire les autres acteurs, comme le patronat par exemple?
- La CGEM fait déjà beaucoup, elle nous reçoit et nous écoute. Toutes les entreprises ont besoin d’ouvriers, de techniciens et de techniciens spécialisés. Les jeunes que nous formons sont capables de répondre à ce besoin. A Mkansa, où beaucoup de sociétés nous font confiance, nous disposons d’un projet incroyable pour former des électriciens en bâtiment. L’originalité, c’est que nous avons travaillé avec les employeurs pour créer un cursus qui répond exactement à ce qu’ils cherchent. Ce que je demande à la CGEM, c’est qu’elle encourage ses fédérations spécialisées à écouter et à travailler avec des associations comme la nôtre, de façon à référencer des métiers porteurs de valeur ajoutée pour les jeunes peu ou pas qualifiés.

- Pour l’instant, vous ne proposez que des métiers pour les garçons, qu’en est-il des filles?
- En effet, mais en même temps, nous travaillons avec l’OFPPT. Les filles qui passent par nos cellules d’orientation peuvent intégrer les centres de l’Office. Créer un centre de formation par apprentissage est très compliqué. Développer un partenariat public-privé, en général, est très difficile. La direction de la formation professionnelle, par exemple, ne nous paie pas à temps et ce n’est pas normal.
Nous aimerions lancer plus de projets, cependant, il faut d’abord que les choses changent entre nous et l’administration. Nous essayons, malgré tout, d’avancer. Avec l’Anapec, par exemple, nous nous apprêtons à lancer une borne de l’agence à L’Heure Joyeuse, afin de faire gagner du temps aux jeunes.

Propos recueillis
par Ahlam NAZIH

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc