Habillage_leco
Competences & rh

Contre le décrochage, investir dans la qualité

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4990 Le 28/03/2017 | Partager
Mettre des passerelles entre l’enseignement général et la formation professionnelle aussi
Les jeunes peuvent désormais découvrir des métiers dès le collège
rachid_benmokhtar_090.jpg

Rachid Benmokhtar, ministre de l’Education nationale: «Nous savons qu’il y aura encore des abandons. Mais nous pensons que la situation s’améliorera en parallèle avec l’amélioration de la qualité de la formation offerte. Il faut bien le reconnaître, cela prendra du temps» (Ph. Bziouat)

- L’Economiste: Comment votre département lutte-t-il contre l’abandon scolaire?
- Rachid Benmokhtar:
Pour les enfants en situation d’abandon, notre département dispose du système d’éducation non formelle qui existe depuis plusieurs années. Il reçoit cette année près de 70.000 jeunes. Ce qui est nouveau aujourd’hui, c’est que nous y associons la formation professionnelle. Nous ouvrons donc la voie soit au retour vers l’enseignement général, soit à la formation professionnelle. D’un autre côté, il y existe des passerelles que nous construisons. L’une des plus importantes est celle entre le secondaire et la formation professionnelle. Avec le bac pro, nous avons ici une voie naturelle.

- Qu’en est-il des moins de 12 ans?
- Nous avons le parcours collégial professionnel qui réduira, nous l’espérons, ces abandons. Il existe depuis maintenant deux ans. Certains jeunes ne se sentent pas intéressés par l’enseignement théorique. Nous leur offrons donc la chance d’apprendre et de pratiquer un métier. Maintenant, malgré cela, nous savons qu’il y aura encore des décrochages. Mais nous pensons que la situation s’améliorera en parallèle avec l’amélioration de la qualité de la formation offerte. Il faut bien le reconnaître, cela prendra du temps.  Dans le parcours collégial professionnel, les jeunes ont le choix de valider leur stage et ensuite travailler. Ou de partir au lycée pour enchaîner avec un baccalauréat professionnel. Ces possibilités leur donnent plus de confiance.

- Le chiffre des 300.000 abandons par an, est-ce toujours d’actualité?
- Ce qui est sûr, c’est que les abandons il y en a, et il y en aura pour encore un certain temps. Le chiffre me semble, cela dit, exagéré aujourd’hui. Je pense qu’il faut raisonner en pourcentage, car le chiffre dépend aussi de l’augmentation des effectifs chaque année. C’est au niveau du collège que nous enregistrons le plus grand nombre d’abandons. Et c’est là aussi où nous sommes en train de déployer des efforts sur la qualité de l’enseignement: approche d’enseignement du français et de l’arabe, communication… Toutefois, nous avons des volets sur lesquels il est difficile d’agir rapidement. A titre d’exemple, près de 32% des enfants qui abandonnent au niveau du collège le font parce qu’ils n’aiment pas l’école. Et ça, c’est un gros problème. Nous devons donc tout faire pour qu’ils l’aiment. Le parcours collégial contribuera, je crois, à cela.
Il faut noter un point important concernant les statistiques, elles n’intègrent pas les enfants en âge de scolarisation qui s’inscrivent à la formation professionnelle. A l’international, cela diminue les performances du Maroc. Actuellement, nous travaillons sur l’intégration de la formation professionnelle. Ce faisant, il y a plus de 500.000 enfants qui ne sont pas dans la rue mais en formation, alors qu’on considère qu’ils n’existent pas.
Propos recueillis par Ahlam NAZIH

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc