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Neet: Comment peut-on les ignorer?!

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4990 Le 28/03/2017 | Partager
Presque 2,7 millions de jeunes inactifs âgés entre 15 et 29 ans
Une catégorie peu étudiée et mal connue
Une véritable bombe à retardement sociale
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Sur les plus de 1,68 million de 15-24 ans ni à l’école, ni en formation, ni en emploi, 78% sont des filles. Cela reflète la faible participation des femmes à l’emploi en général. En effet, seules 23,6% de la gent féminine en âge de travailler sont actives

Dans la force de l’âge, et pourtant totalement inactifs. On les appelle les Neet, ces jeunes ni en éducation, ni en formation, ni en emploi (Not in Education, Employment or Training). Ils ne font, pour ainsi dire, rien de spécial de leur vie. Au Maroc, ils sont près de 2,7 millions âgés entre 15 et 29 ans à être dans cette situation. Une population impressionnante, mais jusque-là, totalement ignorée.

Le Haut commissariat au plan (HCP) n’a commencé à délivrer des statistiques sur cette catégorie qu’à partir de 2015, où il n’avait donné que des pourcentages, dont notamment celui de 27,9% des 15-24 ans sans aucune activité particulière. En 2016, le HCP revient avec des valeurs. Près du quart des 15-24 ans sont des Neet, soit plus de 1,68 million. La catégorie des 18-24 ans est celle qui en compte le plus, avec 53,5% parmi les filles (1,08 million) et 15,5% parmi les jeunes hommes (308.000). La Banque mondiale, elle, élargit ses calculs aux 15-29 ans. En considérant qu’environ 30% de cette tranche d’âge sont des Neet, l’institution les situe donc à presque 2,7 millions de personnes.

Pourquoi ces jeunes n’exercent-ils aucune activité particulière? Il n’existe pas vraiment d’études poussées sur la question, mais les facteurs peuvent être multiples. Pour une grande partie d’entre eux, tout commence lorsqu’ils quittent l’école. Les abandons scolaires restent très importants. Jusqu’à plus de 350.000 par an. Trop jeunes et très peu qualifiés, ils ont du mal à s’insérer sur le marché de l’emploi après avoir mis un terme à leur scolarité. Leur seule option est d’enchaîner les petits jobs précaires, ou encore, de rester chez eux. Face à la dureté des conditions de travail, beaucoup jettent l’éponge. Pour rappel, près des deux tiers des salariés ne bénéficient pas de contrat de travail et plus des trois quarts (78,4%) ne disposent pas de couverture médicale.
Les filles sont encore plus nombreuses à choisir de rester à la maison. Leur seule occupation, participer aux tâches ménagères. Cela va dans le sens de la très faible contribution des femmes à l’économie au Maroc. Leur taux d’activité est de seulement 23,6% (2016). Cela signifie que seules 23 femmes sur 100 occupent un emploi ou sont en train d’en chercher un, tandis que 77% sont inactives. Chez les hommes, le taux d’activité est de 70,8%.

Les diplômés, pour leur part, souffrent du problème d’inadéquation entre leur profil et celui des emplois créés. La majorité est formée en sciences sociales et non en spécialités techniques. Or, ces spécialités sont les plus demandées par les employeurs. Sans compter leurs déficiences en matière de compétences comportementales. Ne trouvant pas de poste à la hauteur de leurs ambitions ou correspondant à leurs aptitudes, certains virent vers l’inactivité.
2,7 millions de Neet, cela représente 10,6% de la population en âge de travailler (estimée à 25,3 millions) qui est désœuvrée, menacée d’exclusion sociale et de fragilité. C’est aussi l’équivalent d’environ 23% de la population active (11,7 millions). Une grande bombe à retardement sociale, mais qui ne semble pas inquiéter outre mesure. Pour l’heure, seule la société civile va à sa rencontre et tente de la faire sortir de sa bulle.
 

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