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Présidentielle française: Encore du temps pour convaincre les indécis

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4987 Le 23/03/2017 | Partager
Environ 40% des Français ignorent encore pour qui voter au 1er tour
Une campagne marquée par une succession de scandales
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La campagne présidentielle française continue d’être éclipsée par les scandales. L’enquête visant le candidat de droite François Fillon a été élargie et le ministre socialiste de l’Intérieur Bruno Le Roux a démissionné à la suite de révélations sur des emplois parlementaires octroyés à ses filles. Il a été remplacé par le secrétaire d’Etat au Commerce extérieur Mathias Fekl à ce poste stratégique.
Les démêlés de Fillon, mais aussi de la candidate de l’extrême droite Marine Le Pen, visée par des affaires d’emplois fictifs au Parlement européen et de financement illégal de campagne, donnent une tonalité particulière à cette campagne présidentielle. Les principaux candidats ont beaucoup à faire pour marquer des points et tenter de convaincre les nombreux indécis et sceptiques, à un mois du premier tour (23 avril).

Marine Le Pen y est donnée en tête, au coude à coude avec le centriste Emmanuel Macron, selon les sondages. Environ 40% des Français ignorent encore pour qui voter au premier tour. Mais leur intérêt reste très fort: «près de 10 millions d’entre eux (soit 48% de part d’audience), ont suivi lundi dernier le premier débat télévisé entre les cinq principaux candidats». Dans l’un des échanges les plus vifs, Macron a accusé Le Pen de «diviser la société» après qu’elle eut évoqué la question du burkini. Le conservateur François Fillon, quant à lui, a reproché à la dirigeante du Front national de vouloir entraîner le pays vers le «chaos» avec son projet de sortie de l’euro.

Le débat a été axé aussi sur l’avenir économique de la France, l’immigration, la sécurité ou l’Europe. Le socialiste Benoît Hamon et le représentant de l’aile radicale Jean-Luc Mélenchon ferment le ban des principaux candidats. En dépit de meetings réussis le week-end dernier, les deux hommes peinent à faire décoller leur campagne.
Le risque d’attentat a déjà conduit les pouvoirs publics à renforcer la sécurité des candidats et des meetings électoraux. Les autorités françaises ont par ailleurs appelé à une mobilisation générale face aux «cybermenaces». Autre signe d’inquiétude, la France a emboîté le pas des Pays-Bas, de la Norvège, de l’Allemagne ou de l’Irlande, en annulant le vote électronique des Français de l’étranger pour les prochaines législatives.

Les nouvelles attentes

■ La croissance au rendez-vous
La croissance française devrait accélérer à 1,4% en 2017, après 1,1% en 2016. Elle sera portée par son moteur traditionnel, la consommation des ménages, qui devrait croître de 2% et contribuer à la croissance du PIB à hauteur de 1,1 point. L’investissement des ménages devrait aussi reprendre des couleurs cette année (+3,6%). «Malgré cette dynamique encourageante, l’économie française accumule toujours certains retards. Le niveau de la dette publique, qui représente 96,7% du PIB contre 64,4% fin 2007, montre une partie de ce qui a changé en dix ans, mais en dresse un panorama trop restreint», selon Stéphane Colliac, économiste France chez Euler Hermes.
■ Les attentes économiques de l’électorat français
A la lumière de la résurgence du vote populiste à travers le monde, les économistes se demandent quel était le prisme à travers lequel les électeurs et les candidats se positionnent. «Le temps a fait son œuvre et la pyramide de Maslow de la présidentielle a évolué. Les candidats et l’électorat ont rebattu les cartes du scrutin, qui semble désormais reposer sur ce que nous appelons les 3 R: Rééquilibrage, Revenus, et Repli», note Stéphane Colliac.  Il explique: «Rééquilibrage, certes déjà initié, mais qui reste inachevé. Revenus, parce que leur progression a été trop faible. Repli, car la décennie perdue a engendré un désaveu grandissant vis-à-vis des institutions».
■ Le coût de l’incertitude politique
«…2006-2016 apparaît comme une décennie perdue, ce qui explique en partie pourquoi le monde a les yeux rivés sur le risque d’un vote disruptif en France», indique pour sa part Ludovic Subran, chef économiste d’Euler Hermes. Selon les estimations, «les marchés craignent déjà l’élection d’un président sans majorité parlementaire et donc un rythme de réforme au ralenti». Le coût de l’incertitude politique est de 30 points de base sur les taux obligataires français.

 

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