Economie

Budget/Investissement: Les décaissements chutent de plus de 10%

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:4985 Le 21/03/2017 | Partager
12,9 milliards de dirhams débloqués à fin février
Les arriérés de compensation s'élèvent à 1,9 milliard de DH
Le déficit budgétaire recule de plus de la moitié
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La TVA à l'intérieur et l'importation est en hausse de 12,6%. Depuis janvier, l'on note une reprise de la TVA à l'intérieur. Cette reprise s'accompagne d'un recul des remboursements à 562 millions de dirhams contre plus de 1 milliard l'année dernière 

La baisse du déficit budgétaire à 5,9 milliards de dirhams à fin février contre 14,1 milliards de dirhams en 2016 aurait été une bonne nouvelle. Sauf qu'elle s'accompagne d'une chute de 10,7% de l'investissement financé par le budget de l'Etat confirmant l'information sur les retards de paiements.  Le blocage dans la formation du gouvernement se fait sentir même si les crédits nécessaires à la marche des services et la perception des recettes sont ouverts par décret. Cette situation pourrait impacter la croissance prévue à moins d'une accélération du rythme une fois la crise dépassée.  

Ainsi les dépenses des ministères ont marqué le pas de 22,8%  et les charges communes de 6,2%. Sur une prévision d'investissement de 63,5 milliards de dirhams, l'Etat a débloqué 12,9 milliards de dirhams à fin février contre 14,5 milliards l'année dernière.
La rubrique compensation n'a pas connu de mouvement. Les statistiques de la trésorerie générale du Royaume indiquent qu'aucune dépense n'a été déboursée. En parallèle, les chiffres de la Caisse de compensation révèlent que les créances dues aux opérateurs du gaz butane et du sucre, au 28 février 2017 et portant sur le mois de décembre 2016 et janvier 2017, s'élèvent à 1,96 milliard de dirhams. «Des valeurs non échues», selon la Caisse de compensation.

Les deux premiers mois de l'année sont marqués par une quasi-stagnation du budget de fonctionnement en raison non seulement de l'absence de paiements au titre de la compensation mais aussi en raison d'un recul de 3% des dépenses du personnel. Les salaires servis par la TGR à fin février ont atteint 17,9 milliards de dirhams contre 18,5 milliards de dirhams une année auparavant. Pour l'instant, les recrutements dans la fonction publique au titre de 2017 sont gelés puisqu'en l'absence de la loi de finances aucun poste budgétaire n'est ouvert.

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La part de l'investissement dans la structure des dépenses à fin février a reculé de 2,1 points. En revanche, l'on note une légère hausse des dépenses du personnel et du matériel

Les transferts aux établissements publics se poursuivent. La Caisse marocaine de retraite a reçu 927 millions de dirhams contre 915 millions à fin février 2016.  De même, un montant de 4 milliards de dirhams au profit d'autres établissements publics est enregistré ainsi que 713 millions au profit des comptes spéciaux du Trésor. Les dépenses de l'Etat sont également marquées par une hausse des charges de la dette. D'un côté, le remboursement du principal a pris  10,9% et de l'autre les intérêts de la dette ont baissé de 6%.  

Globalement les dépenses ont diminué de 1,5% s'établissant à 57,4 milliards de dirhams alors que les recettes se sont accrues de 2,4% s'élevant à 29,9 milliards de dirhams. Certaines recettes fiscales ont connu une baisse importante. C'est le cas de la TIC sur le tabac qui a cédé 11,6%! En parallèle, la taxe sur produits énergétiques a pris 10,3% générant 2,1 milliards de dirhams.  Les droits de douane ont également décroché de 19% alors que la TVA à l'importation augmente de 8% tirée par les produits énergétiques dont les achats ont augmenté de plus de moitié au cours des deux premiers mois de l'année atteignant ainsi 10,3 milliards de dirhams. Les recettes de la TVA sur les produits énergétiques ont  augmenté de 36,6% et seulement de 3,7% sur les autres produits.

Signe peut-être d'une reprise de la consommation, la TVA à l'intérieur bondit de 18,6%. En revanche, les remboursements liés à cette taxe ont chuté: 562  millions de dirhams contre plus d'un milliard de dirhams l'année dernière.
 L'impôt sur les sociétés a généré 2,1 milliards de dirhams alors que les recettes de l'IR ont progressé de 1,9%. L'on note une légère reprise de l'IR sur les profits immobiliers. Quant aux droits d'enregistrement et de timbre, ils se maintiennent à 4,4 milliards de dirhams. De leur côté, les recettes non fiscales se sont établies à 1,1 milliard de dirhams contre 1,6 milliard l'année dernière. Une baisse attribuée notamment à la diminution de 91,5% des recettes en atténuation de la dette. Les versements des comptes spéciaux du Trésor ont atteint 266 millions de dirhams et les recettes de monopole ont atteint 272 millions de dirhams. L'ONDA, l'Office des changes et Bank Al-Maghrib ont opéré les premiers versements prévus.

 

 

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