Economie

Crise des retraites: Le débat ouvre des pistes de sortie

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4982 Le 16/03/2017 | Partager
Le PAM pour une proposition de loi destinée à corriger la réforme paramétrique
Les limites d’un rapport qualifié de politique
La CGEM préconise des actions concrètes à court et moyen termes

Le débat sur le rapport de la Commission d’enquête parlementaire n’a pas suscité les mêmes hostilités que celles exprimées au moment de l’adoption de la réforme du système des retraites en 2016. Mais la ligne de démarcation entre partisans et adversaires ou bien entre majorité et opposition a été nette. Après avoir abordé certaines conclusions du rapport, Aziz Benazzouz, chef du groupe parlementaire, a voulu être pragmatique, en invitant ses confrères à mettre en place une commission commune chargée d’élaborer une proposition de loi. 

L’objectif est de corriger les nombreuses insuffisances de la réforme paramétrique adoptée l’année dernière. Par la même occasion, il faudra stopper les rentes des retraites des parlementaires, note-t-il. Pour convaincre, il donne l’exemple d’un jeune parlementaire de la liste nationale des jeunes qui a passé un mandat au Parlement. «Comme il ne va pas rempiler en tant que parlementaire, il bénéficiera d’une retraite de 5.000 DH par mois. Il faut en finir avec cette aberration», souligne le chef du groupe parlementaire du PAM. En tant que président de la Commission d’enquête, il a rappelé l’objectif initial: «ceux qui croyaient que cette initiative visait à envoyer des responsables en prison, se sont trompés.  L’idée est de saisir les causes du déficit dont le premier a été enregistré en 2014», dit-il. En fait, le rapport de cette commission est qualifié de politique. Ses auteurs ont cherché à rester vagues sans faire endosser la responsabilité à personne, à part à l’Etat. Les adversaires du rapport affirment que la Commission n’a pas le droit de faire des recommandations. Selon la loi organique, il s’agit d’un travail de contrôle et de détermination des responsabilités avant de le transférer à la justice. Autre critique formulée : le rapport ne devait pas contenir des extraits des auditions, avec les noms et les qualités des intervenants.
Abdelilah Hifdi, chef du groupe parlementaire de la CGEM soutient le travail  de la commission d’enquête, «un exercice démocratique qui renforce les capacités du Parlement à un meilleur contrôle du travail du gouvernement». Pour lui, les conclusions du rapport abondent dans le sens des documents produits par d’autres institutions comme ceux de la Cour des comptes ou du CESE. Pour le représentant de la CGEM, la crise de la CMR s’explique notamment par le retard pris dans la réforme préconisée par la Commission nationale. Au-delà de ces éléments, Abdelilah Hifdi a fait des propositions concrètes. A court terme, il préconise de prendre des dispositions dont l’une vise l’amélioration de la gouvernance de la CMR, particulièrement au niveau de la gestion de son portefeuille financier. Les textes relatifs à ce portefeuille doivent être révisés en vue de diversifier les investissements et garantir contre les risques qui menacent les équilibres de la Caisse. Idem pour les allocations familiales qui ont besoin d’une solution légale. De même, le chef du groupe de la CGEM  est favorable à la généralisation du régime de la retraite complémentaire en vue d’augmenter le niveau des réserves financières de la Caisse et d’améliorer le montant des pensions.
Par ailleurs, son groupe avait voté en faveur de la réforme paramétrique qui a permis d’alléger la pression sur les réserves du régime des retraites et de retarder le retour au déficit à l’horizon 2028. «Ce qui nous pousse à trouver des solutions radicales aux déséquilibres structurels, dans le cadre d’une vision globale et à long terme », dit-il. L’idée est de passer de deux pôles, public et privé, selon une feuille de route claire pour une réforme par étapes, dans le cadre d’une approche participative. En d’autres termes, il s’agit de se doter d’une loi cadre qui prévoit, avec un calendrier, les différentes étapes de la réforme. 
La FDT abonde dans ce sens: «il fallait une loi-cadre pour fixer l’horizon de la réforme globale», a affirmé Abdelhamid Fatihi, secrétaire général de la FDT. Sur ce volet, la réforme paramétrique ne fait qu’ajourner la crise à 2028. D’ailleurs, il s’est demandé pourquoi le gouvernement n’a pas pris en compte les recommandations de la Commission nationale sur la réforme des retraites, ni les avis de la Cour des comptes, du CESE et de la BIT qui militaient pour une réforme globale.

Politique de la chaise vide

 

L’absence du gouvernement lors de la présentation du rapport comme hier au moment de sa discussion a suscité des interrogations de plusieurs parlementaires. Pour Aziz Benazzouz, chef du groupe parlementaire du PAM, aucun prétexte ne pourrait justifier cette politique de la chaise vide. Surtout qu’il s’agit de la première commission d’enquête parlementaire de cette législature. Il fallait l’encourager pour améliorer la pratique démocratique  et le rôle de la Chambre des conseillers dans le contrôle du travail du gouvernement. Certains ont invoqué l’absence du gouvernement en raison de son statut de chargé des affaires courantes. Cela lui dicte une certaine retenue. Cet argumentaire ne convainc pas le conseiller du PAM qui rappelle que le chef du gouvernement a présidé le conseil d’administration de la CMR le 27 janvier dernier. Pour lui, le gouvernement fuit ses responsabilités. Le patron de l’exécutif en tant que président du Conseil d’administration et son ministre des Finances, qui assure la tutelle sur le secteur devaient faire le déplacement. 

 

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