Entreprises

Dix candidats pour la reprise du raffineur Samir

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:4982 Le 16/03/2017 | Partager
Aucun Marocain sur la liste finale
Pourquoi des prétendants disqualifiés par le tribunal
Dirham symbolique, PPP et liquidation... des options plausibles
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Les repreneurs potentiels de la Samir pouvaient consulter le cahier des charges dans cette salle. Elle fait aussi office de bibliothèque de la Cour d’appel de commerce de Casablanca 

L’argent vient du Nord, l’expertise du Sud! Ce scénario pourrait résumer en quelque sorte l’opération de rachat qui pourrait aboutir dans le dossier Samir. «Dix candidats se sont déclarés. Leurs offres sont en cours d’examen afin de choisir éventuellement la plus valable d’entre elles. La justice n’est tenue par aucun délai de réponse», rapporte une source proche du dossier. 
La cession de l’unique raffineur marocain a été lancée le 8 février 2017 par la Cour d’appel de commerce de Casablanca. Les candidats avaient 30 jours pour se déclarer. Le délai de remise des manifestions d’offres a pris fin vendredi 10 mars. «Vu que c’est un jour ouvrable, la justice n’a fermé ses portes aux offreurs que le lundi d’après. Une manière aussi pour se montrer le plus prudent possible afin d’éviter toute contestation future», commente un avocat d’affaires. 
Il va sans dire que ceux qui sont sérieusement intéressés par la reprise de Samir ont pris les devants. C’est aussi l’avis du liquidateur Mohamed El Krimi (cf. L’Economiste n° 4965 du 21 février 2017). 
Les dix candidats en lice sont américains, européens et arabes. Il n’y a eu finalement aucun repreneur marocain parmi eux. Le tribunal a exigé que l’offre comporte un prix de cession, ses modalités de règlement, la date de réalisation de la cession ainsi que les garanties d’exécution de l’offre. D’autres conditions portent sur «la valeur ajoutée économique, sociale, environnementale et financière attendue de l’investissement». Les candidats à la reprise de la compagnie devaient également

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présenter «les bilans et annexes de leur trois dernières années» d’activité.   
Pour l’heure, presque aucun détail ne filtre sur les offres: prix, noms des repreneurs, nature du business plan... Les réserves de nos sources se justifient par «l’intérêt de la procédure et de l’entreprise en difficulté».  
L’expertise judiciaire a évalué le patrimoine de Samir à 21 milliards de DH. A ce jour, seuls deux prétendants sont connus. Studio Mazzenti & Partners, cabinet d’avocat italien qui agit pour le compte d’un client resté anonyme, et Anglo Energy DMCC. Leurs offres respectives n’ont pas dépassé les 32 milliards de DH. «Il est presque certain que les autres concurrents ne vont pas dépasser ce montant», pronostique l’avocat d’un des fournisseurs de Samir.    

Conditions indiscutables & fatwa syndicale 

Sur les 20 candidats annoncés initialement, la moitié a été finalement retenue par le tribunal. Tous ces prétendants avaient retiré le cahier des charges pour pouvoir se présenter à la course. 

Pourquoi il y a eu 10 candidats recalés? D’une part, le manque de temps pour préparer le business plan de cinq ans, et d’autre part, l’inadéquation de certaines offres  de rachat avec les attentes de la justice. 
Le syndic judiciaire avait bel et bien insisté sur le maintien de l’outil industriel et la préservation des emplois. Deux conditions qui, si elles venaient à se réaliser, inciteraient le liquidateur «à céder la Samir à un dirham symbolique». Sans pour autant que l’acquéreur ne reprenne les 43 milliards de dettes qui pèsent sur la compagnie?
L’avis à manifestation d’intérêt du 8 février 2017 fait état de ces deux conditions indiscutables. Il y est question  «de niveau et de perspectives d’emplois justifiés par l’activité considérée». La Samir compte 900 salariés dont 10% de femmes. 
Protéger l’emploi demeure un grand enjeu dans ce dossier. Car il a des répercussions politiques indéniables. Qui prendrait le risque d’avoir la CDT sur le dos? Certainement pas le gouvernement qui a encore du mal à se former. Le chef de la centrale syndicale, Noubir Amaoui, «avait averti par téléphone le chef du gouvernement en personne sur la situation financière alarmante de la Samir. Et ce, dans le but de l’alerter afin de freiner l’hémorragie», nous confiait un membre du bureau exécutif de la centrale syndicale. Ce qui explique aussi le réveil tardif de certaines institutions comme le «gendarme» boursier, l’Office des changes et la douane qui est le plus grand créancier du raffineur (cf. L’Economiste du 8 août et 7 septembre 2015).  
Protection de l’emploi, sauvegarde de l’outil industriel et «souveraineté énergétique» sont à l’origine d’une autre fatwa syndicale. Le partenariat public-privé (PPP) qui induirait le retour de l’Etat au capital de la raffinerie. «Cette option reste jouable si jamais aucune offre de reprise n’est validée par le tribunal», assure une source syndicale. Reste à en justifier l’opportunité économique.  

 

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