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Analyse

Forum Afrique Développement: Petits volumes d’échanges, gros espoirs

Par Soufiane NAKRIHassan EL ARIF | Edition N°:4982 Le 16/03/2017 | Partager
2 milliards de dollars d’opérations réalisées en 2015
Le Sénégal est le premier client du Maroc en Afrique subsaharienne
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- Pour la période 2008-2014, 2,2% des exportations du Maroc vont vers l’Afrique subsaharienne et principalement aux pays tels que le Sénégal (14,2%), la Mauritanie (11,1%)- Les principaux fournisseurs du Maroc sont le Nigéria (37%), l’Afrique du Sud (21,4%), le Gabon (5,7%), la Côte d’Ivoire (4,2)%, le Ghana (3,9%), la Guinée (3,4%)

Le Maroc est-il en train de tourner le dos à son principal client historique, l’Europe? Les échanges commerciaux entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne se sont élevés à plus de 2 milliards de dollars  en 2015 contre environ 1,6 milliard l’année

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Les produits alimentaires et animaux vivants restent les principaux éléments exportés en Afrique subsaharienne sur la période de 2010 à 2014. Une nouvelle catégorie connaît un essor: les combustibles minéraux

précédente. En dépit de cette croissance, le volume des opérations commerciales réalisées avec les pays de l’Afrique subsaharienne est 15 fois plus petit que celui réalisé avec l’Europe. Les échanges commerciaux sont orientés essentiellement vers les pays de l’Afrique de l’Ouest. Ils sont marqués par une croissance des exportations (834,5 millions de dollars en 2015) en hausse moyenne annuelle de 20%. Ces exportations sont dominées par cinq groupes de produits: les produits alimentaires, chimiques, les machines et matériels de transport, les lubrifiants et les combustibles minéraux. Des produits qui sont confrontés à une très forte concurrence européenne, américaine et asiatique, notamment chinoise. «Cet état de chose pourrait être associé à plusieurs raisons telles que l’ancienneté de leurs partenariats avec l’Afrique subsaharienne, leur influence sur le marché mondial, la compétitivité de leurs produits et leur niveau de développement», expliquent les experts d’OCP Policy Center.  D’autre part, le volume des importations se situe à seulement 75 millions de dollars en moyenne au cours des quinze dernières années. Il est composé essentiellement des combustibles, des produits alimentaires et de la matière brute.

La Banque africaine de développement estime à 6% la part de l’Afrique subsaharienne dans les exportations marocaines et un peu moins de 1%. Pour les économistes de l’OCP Policy Center, les échanges commerciaux entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne devraient augmenter dans les années à venir compte tenu des négociations des accords de partenariats stratégiques en cours.   
Le Sénégal est le premier client du Maroc en Afrique subsaharienne. Entre 1999-2014, les flux commerciaux provenant du Sénégal ont nettement progressé en passant de 12,3 millions de dollars à 156,2 millions de dollars, soit une progression annuelle moyenne de 18,5%. Les principaux produits exportés par le Maroc vers le Sénégal  sont les combustibles minéraux, lubrifiants, les articles manufacturés, les produits chimiques, les machines et matériels de transport et  les produits alimentaires et animaux vivants.

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Côte d’Ivoire: La machine repart mais…:
• 23,7 millions d’habitants
• PIB par tête d’habitant: 1.325 dollars
• Taux de croissance (2016): 8%

• Dette publique: 49% du PIB

En 2016, la Côte d’Ivoire a connu une solide croissance grâce à la poursuite des grands travaux publics de réhabilitation des infrastructures dans le cadre du 2e plan national de développement 2016-2020, l’amélioration du climat des affaires et de la stabilité politique. Autant de facteurs qui ont permis de compenser l’impact négatif sur le tourisme de l’attentat perpétré en mars 2016 dans la station balnéaire de Grand-Bassam. De plus, les prix garantis aux agriculteurs, la mise en place de l’assurance maladie universelle et l’augmentation des salaires ont continué de tirer la consommation intérieure dans une conjoncture marquée par une inflation maîtrisée. Les projections pour 2017 restent favorables. En effet, la croissance continuera d’être portée par les travaux de construction et de réhabilitation des infrastructures, les investissements dans l’agroalimentaire et le logement, la consommation intérieure…  Les récentes mutineries d’une partie de l’armée ivoirienne, réclamant l’amélioration de ses conditions matérielles, pourraient assombrir les perspectives économiques en détériorant le risque pays.

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Bénin: Un guichet unique aux investisseurs
• 10,8 millions d’habitants
• PIB par tête d’habitant: 780 dollars
• Taux de croissance (2016): 5,5%
• Dette: 42,5% du PIB

En 2016, le Bénin a enregistré un taux de croissance de 5,5%. Les prévisions de Coface tablent sur 5,7% en 2017.
Le coton constitue la principale culture d’exportation dans le secteur primaire qui représente 36% du PIB. Toutefois, sa production au cours de la campagne 2015-2016 a baissé de 31,1%, passant de 393.200 à 300.000 tonnes. En cause, la sécheresse pendant la période des semis. En revanche, la production des autres cultures a connu une nette progression, en particulier les cultures vivrières comme la noix de cajou.
La croissance du secteur secondaire en 2015 a été tirée par les industries manufacturières (égrenage de coton, ciment et construction). Le BTP est dynamisé par la construction et la réhabilitation de divers axes routiers ainsi que de grands hôtels à Cotonou, la capitale économique.
Pour sa part, le secteur tertiaire, qui représente environ 50% du PIB, est en progression continue grâce notamment aux télécoms, aux services financiers et aux transports. Le gouvernement a pris des mesures (guichet unique, dématérialisation des formalités…) pour réduire les délais de traitement des conteneurs au port de Cotonou, principale plateforme. Le commerce de réexportation a été pénalisé par le ralentissement que connaît le Nigéria. 
Les perspectives 2016 et 2017 demeurent liées au contexte électoral, qui se traduit généralement par un ralentissement de l’activité, des risques de tension sociale et une période d’attentisme des investisseurs. Les risques sécuritaires et les changements de politique économique au Nigéria demeurent aussi une source de risque.

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Tchad: Le budget à la diète
• 11,56 millions d’habitants
• PIB par tête d’habitant: 942 dollars
• Taux de croissance : -1,1%
• Dette publique: 45% du PIB

Après une année morose en 2016, l’économie tchadienne devrait reprendre des couleurs en 2017. L’industrie pétrolière reste dominante (20% du PIB) et connaît de sérieuses difficultés en raison de la baisse du cours du pétrole. Toutefois, la récente reprise des cours et la découverte de nouveaux champs pétroliers, notamment à Bongor, devraient apporter un nouveau souffle à l’économie. 
La croissance devrait être soutenue par le secteur non pétrolier. Le commerce et le transport (22% du PIB) devraient enregistrer une embellie malgré les conditions de sécurité que traverse le pays.
L’agriculture (12% du PIB) devrait tirer l’économie grâce au plan de soutien gouvernemental au profit de la production de coton malgré la faiblesse des cours mondiaux. Un plan quinquennal 2016-2020 vise à rééquilibrer l’économie nationale via la valorisation du potentiel agricole du pays. Le plan comprend d’autres axes, notamment l’amélioration du capital humain, de la gouvernance et la protection sociale. Cependant, l’investissement public sera freiné par le manque de financement. Il faudra s’attendre à ce que la hausse des cours des matières premières et la perturbation des échanges commerciaux avec les pays voisins (Cameroun et Nigéria, notamment) pour insécurité entraînent une hausse de l’inflation.
La contribution des différents bailleurs de fonds représente un poste de recettes important. En novembre 2016, le FMI a procédé au transfert de 61 millions de dollars dans le cadre du programme de facilitation élargie de crédit (FEC). Le gouvernement devrait également réduire ses dépenses de manière drastique pour réduire le déficit budgétaire.

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Sénégal: Un plan d'émergence en 27 projets
• 14,9 millions d’habitants
• PIB par tête d’habitant: 913 dollars
• Taux de croissance (2016): 5,1%
• Dette publique: 57,3% du PIB

En 2015, le Sénégal a enregistré un taux de croissance de 5,1% contre 4,3 en 2014. Pour 2016, il devrait se situer autour de 6% et augmenter à 6,5% en 2017. 
L’année 2015 correspond à la deuxième phase de la mise en œuvre des projets du plan Sénégal émergent (PSE) et des grandes réformes qui s’y rattachent.
Ainsi, sur les 27 projets programmés, 17 ont déjà été lancés et 10 sont en cours d’exécution. Parmi ces projets, figure le développement de plateformes logistiques intégrées dont la zone économique Diamniado. Le pays connaît un rythme d’urbanisation soutenu. En 2013, il a atteint 45,2% contre 38% en 1988 en raison de la forte prévalence de l’exode rural. L’arrivée massive de populations rurales dans les villes génère une forte demande en infrastructures socioéconomiques.
Le secteur primaire pesait près de 16% du PIB alors que le secteur secondaire contribue pour 22% au PIB. En 2015, il a connu une croissance estimée à 7,7% contre 2,9% l’année précédente. Une hausse attribuée au dynamisme notamment des corps gras alimentaires, des produits alimentaires, chimiques, à l’industrie de raffinage de pétrole… Quant au secteur tertiaire, services publics compris, sa part dans le PIB est estimée à 62%. En 2015, il a marqué le pas puisqu’il n’a évolué que de 4,8% contre 5% en 2013. Une évolution soutenue essentiellement par le commerce, le transport, les services financiers et l’immobilier.

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Zambie: L’économie subit l’effondrement du cuivre
• 16,2 millions d’habitants
• PIB par tête d’habitant: 1.490 dollars
• Taux de croissance (2016): -3,7%
• Dette publique: 56,1% du PIB

La Zambie traverse actuellement sa pire crise économique en dix ans à cause de l’effondrement des cours du cuivre (-28%) en raison du ralentissement de la demande en Chine, de la pression sur le budget de fonctionnement et d’investissement de l’Etat et des délestages électriques qui pénalisent l’économie réelle.
La conjoncture économique a été aggravée par la faiblesse de la production agricole et l’aggravation des coupures de courant. L’économie réelle a chuté à son plus bas niveau depuis 15 ans. Selon les estimations, le PIB a reculé de 3,7% contre 5% en 2014.
La production de maïs a reculé de 22% à cause du manque de précipitations. A l’inverse, la production minière est restée inchangée par rapport à l’année précédente. 
La croissance devrait rester faible à moyen terme car le pays reste déficitaire en énergie électrique et dépendant des importations de pays voisins pour couvrir ses besoins. La campagne agricole 2016 devrait être décevante en raison du phénomène climatique El Niño.
La confiance dans l’économie nationale n’est pas au beau fixe et la dépréciation de la monnaie nationale (kwacha) de 42% par rapport au dollar américain. D’où une inflation de 21%. La conjoncture économique a entraîné 9.000 pertes d’emplois dans le secteur privé formel.

 

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