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Politique

Des entrepreneurs se mobilisent pour Macron

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4980 Le | Partager
Ils se disent apolitiques mais intéressés par l’initiative En Marche
Prévue ce mois de mars, la visite d’Emmanuel Macron au Maroc n’est pas encore confirmée
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Malgré l’engouement qu’il suscite, Emmanuel Macron n’est «ni un prophète, ni un homme providence», selon ses sympathisants au Maroc, qui veulent inscrire son mouvement dans la durée, «même s’il perd les élections» (Ph. AFP)

En Marche, le mouvement lancé par Emmanuel Macron, continue de faire des émules. Le candidat aux présidentielles françaises a renforcé sa position dans les sondages d’opinion. Le dernier en date, celui de BVA-Salesforce, le met en tête du premier tour des prochaines élections, à égalité avec Marine Le Pen, dirigeante du Front national. Cet élan de soutien au candidat Macron a atteint le Maroc, avec un mouvement de soutien très remuant. Il faut dire que le modèle proposé par l’ancien ministre du gouvernement François Hollande séduit des personnes qui étaient jusque-là apolitiques. «Ils représentent une grande partie des Marcheurs marocains», assure Hamza Hraoui, référent national d’En Marche Maroc.

Ils sont essentiellement des entrepreneurs ou exerçant des professions libérales. Le mode d’organisation adopté est «inédit pour une formation politique», avance-t-il. Ce mouvement est géré comme «une startup, avec des comités dédiés aux villes de Casablanca, Rabat, Marrakech, Tanger, El Jadida et Béni Mellal». Chacune de ces antennes fonctionne de façon autonome, est-il indiqué.
La tension qui caractérise la campagne présidentielle en France a également influencé le rythme de travail d’En Marche Maroc. «Nous nous réunissons pratiquement toutes les semaines», affirme Hamza Hraoui. Le week-end dernier, une réunion a été tenue à Béni Mellal. Mardi prochain, une autre est prévue à Ouarzazate. Lors de ces rencontres, les comités de soutien «travaillent sur des sujets de fond, comme la fiscalité, le co-développement économique, l’enseignement». Un travail qui devra aboutir à l’élaboration d’un mémorandum qui sera remis à Emmanuel Macron, afin de «nourrir son plan de transformation.

Surtout qu’il n’a pas présenté un programme classique comme Fillon ou Hamon», explique le référent national de ce mouvement au Maroc. Or, c’est justement sur «le manque de clarté de son programme» que Macron est attaqué. Pour ses sympathisants marocains, «c’est une attaque classique. Car, ses adversaires sont déstabilisés par cette nouvelle offre politique qu’ils ont du mal à lire». Actuellement, les rebondissements de la campagne électorale en France ont chamboulé l’agenda de Macron. Une visite au Maroc était programmée pour ce mois de mars. Pour l’instant, rien n’est encore confirmé. «S’il ne vient pas, il fera certainement une promesse publique pour que Rabat soit la première capitale qu’il visitera en tant que chef d’Etat», assure un membre du comité marocain de soutien au candidat aux présidentielles. Pour lui, il s’agit d’un grand signal, surtout après sa visite en Algérie il y a quelques semaines.

Globalement, l’élan lancé par Emmanuel Macron semble faire des adeptes au Maroc. «C’est un mouvement qui donne envie de politique à un moment où tout le monde la fuit», estime Hraoui. D’où la volonté de «l’inscrire dans la durée, même s’il perd les élections», ajoute-t-il. Malgré cet engouement, les sympathisants de Macron restent pragmatiques. «Ce n’est pas un homme providence ni un prophète. Il séduit parce que nous sommes en face d’un manager et un chef d’Etat et non pas d’un homme politique classique», explique-t-il. Résultat: les réunions des comités d’En Marche Maroc attirent des électeurs français installés dans différentes villes du Royaume, mais aussi des Marocains, «qui n’ont aucun intérêt à défendre lors de ces élections, mais ils s’intéressent et suivent cette nouvelle façon de faire la politique». Il faut aussi préciser que Hamza Hraoui, référent national d’En Marche Maroc, n’est pas français ni binational. C’est ce qui fait que ce Mouvement est une initiative «atypique».

Vers un mouvement maroco-marocain

Au-delà du soutien à Emmanuel Macron dans la campagne présidentielle, le mouvement En Marche semble inspirer des personnes jusque-là apolitiques, pour lancer une initiative similaire au Maroc. L’objectif est de mettre en place un «mouvement citoyen, progressiste, qui pourrait s’impliquer dans les réformes, en partenariat avec les institutions», explique Hraoui. Un noyau dur est déjà constitué. Il compte parmi ses membres des profils similaires à ceux d’En Marche. Il s’agit essentiellement d’entrepreneurs ou de personnes exerçant des professions libérales. On y trouve aussi des membres du réseau associatif Tarik Ibnou Ziyad initiative (TIZI), très dynamique durant les dernières années. Pour les porteurs de ce projet, «le contexte est favorable. Surtout que les citoyens en ont assez des mêmes figures et que les partis vivent une véritable crise de leadership».

 

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