Economie

BAD: Une nouvelle stratégie pour le Maroc

Par Safall FALL | Edition N°:4980 Le 14/03/2017 | Partager
L’agro-business, les métiers mondiaux et les énergies renouvelables: Les priorités
Un portefeuille de 20 milliards de DH, 35 opérations… Le Maroc, un client choyé
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La banque s’est dotée d’un «nouveau pacte pour l’énergie en Afrique 2016-2025» pour booster les énergies vertes dans le continent. Au Maroc, elle a investi dans la réalisation de la centrale solaire Noor 1, du complexe d’Ouarzazate

Avec plus de 20,5 milliards de DH d’engagements pour 35 opérations (17 prêts et 18 dons), le Maroc est le premier client de la Banque africaine de développement (BAD). Et le pays est bien parti pour se maintenir en haut du podium sur les cinq prochaines années. L’institution financière vient d’approuver, à Abidjan, une nouvelle stratégie pour le pays sur la période 2017-2021. La particularité de cette feuille de route est qu’elle intervient dans un contexte à mi-chemin des différentes stratégies sectorielles.

L’objectif de l’institution financière sera justement d’appuyer le Maroc à «accélérer» -un terme décidément à la mode-  «la transformation de son économie et le renforcement de sa résilience». Pour y arriver, la banque annonce un appui ciblé au développement du secteur privé et à la réduction des disparités liées à l’emploi (âge et genre). Ce qui fait que ses interventions porteront ainsi sur deux axes majeurs. Le premier consiste en «la promotion de l’industrialisation verte par les PME ainsi que du secteur exportateur», expliquent les économistes de la banque.

La priorité de la banque sur ce chantier sera d’appuyer le Maroc à lever les contraintes réglementaires et de financement, affectant les PME et l’export. L’institution mettra notamment l’accent sur les secteurs de l’agro-business, les métiers mondiaux industriels du Royaume (aéronautique, automobile, IT…), ainsi que les énergies renouvelables. Une filière sur laquelle elle est déjà bien présente en termes de volume d’investissements consentis. «La banque intensifiera le dialogue avec le secteur privé au cours de la période 2017-2021, en se positionnant dans des approches innovantes où son additionnalité est forte», prévoit-on auprès de l’institution financière.

Tout cela passera par une densification du tissu industriel par les PME dans ces secteurs stratégiques, l’ascension et la création des chaînes de valeur par les PME pour augmenter la part de la valeur ajoutée locale dans les biens et services exportés. Il s’agit aussi de booster l’innovation, l’entrepreneuriat et la création d’emplois.
Quant au second axe d’intervention de la BAD, il sera dédié à «l’amélioration des conditions de vie par l’emploi pour les jeunes et les femmes, ainsi qu’en zone rurale». Là, la priorité est mise sur la promotion de l’employabilité, l’entrepreneuriat, et le passage de la formation à l’emploi.

Le bailleur veut aider le Maroc à «lever les contraintes identifiées dans le diagnostic de croissance et portant sur le capital humain, en général, et sur l’éducation en particulier». L’institution financera des appuis budgétaires aux réformes en cours dans les secteurs en question.
A ce jour, le portefeuille Maroc de la BAD couvre sept secteurs, avec une orientation très marquée pour les infrastructures (85% des engagements) et un taux de décaissement dépassant 54%. L’énergie pèse déjà près de 39% des engagements. Elle est suivie par les transports (24,8%), l’eau et l’assainissement (14,5%) qui font l’essentiel des interventions de la banque. «Il faut néanmoins noter que ce portefeuille reflète principalement les projets d’investissements de la banque».
39% des allocations sur la période 2012-2015 se sont opérés par des appuis budgétaires à l’Etat.  Un véritable bailleur en série…

Des opportunités et limites

Dans son Document de stratégie pays (DSP), la banque souligne la dépendance structurelle de la croissance à la performance agricole. La variation du PIB est justement passée de 4,5% en 2015 à une prévision de 1,8% en 2016. C’est pour cela d’ailleurs que la banque compte mettre en place plusieurs opérations d’appui à l’accélération du processus d’industrialisation du pays.
L’institution financière relève aussi la stabilité économique encore fortement arrimée à la croissance européenne, ainsi que le «ralentissement du rythme de la mise en place des réformes».

 

 

 

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