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Société

La police soigne son image

Par Ali ABJIOU | Edition N°:4979 Le 13/03/2017 | Partager
Pas de torture dans les geôles, avouent à l’unisson les responsables
La BCIJ fait un pas en avant et filme tout, même les interrogatoires

Les dérapages font partie du passé, ne cessent de déclarer les responsables sécuritaires marocains. Ils viennent de  le réitérer encore une fois à Tanger, le vendredi dernier. Le département le plus en vue, celui du Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), dirigé par le très médiatisé Abdelhak El Khayam, assure avoir pris toutes les dispositions pour éviter même la suspicion de l’existence de tels cas. «Toutes nos interventions sont filmées, comme on peut le constater par les médias. Les salles d’interrogatoires aussi sont équipées par des caméras, une décision que nous avons prise dès le départ», avoue El Khayam, qui intervenait lors d’une conférence organisée par le Centre marocain pour la démocratie et la sûreté en partenariat avec la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Tanger et le Conseil de la région. 

Les interventions filmées permettent déjà de s’assurer qu’elles se font avec un haut degré de professionnalisme et à des heures légales, loin des raids nocturnes que l’on peut voir dans d’autres pays. Des possibilités que permettent un bon renseignement et une grande capacité d’anticipation.
Pour Mohamed Dkhissi, directeur de la police judiciaire à la Direction générale de la Sécurité nationale, la philosophie a changé et l’aveu n’est plus le saint graal, l’objectif ultime de toute enquête policière. «Nous nous portons plutôt sur la recherche des faits via des moyens technologiques modernes», explique Dkhissi.

La DGSN est en train de changer de visage en optant pour une main de fer dans un gant de velours, un gant bien épais, semble-t-il. Dkhissi assure que plus de 500 de ses officiers ont été formés aux questions des droits de l’homme et que ses équipes n’ont de cesse de se rapprocher du citoyen en optant pour des commissariats encore plus proches et ouverts, mais aussi par un effort de sensibilisation. En 2016, le nombre d’élèves concernés par les campagnes de sensibilisation dans les écoles avoisine le 1 million. Ce dernier insiste sur la grande expérience et le savoir-faire accumulés par les équipes sécuritaires marocaines dont l’expérience est donnée en exemple dans divers pays. « Ne sous-estimez pas votre police!» lance-t-il à l’assistance. Cette dernière a réussi de jolis coups, surtout en matière de  lutte antiterroriste, la spécialité du BCIJ. En 2016, ce ne sont pas moins de 168 groupes terroristes qui ont été démantelés et près de 3.000 personnes arrêtées en relation avec ce fléau. Le résultat est là avec 341 opérations terroristes avortées grâce à l’effort d’anticipation.

En général, les forces de l’ordre ont réussi à arrêter 162.000 recherchés en 2016, soit une augmentation de 25% par rapport à 2015. Pour les premiers mois de 2017, ce sont 27.000 qui sont tombés dans les mailles des forces de l’ordre.
L’image des policiers mal payés et dont l’avancement piétine est, elle aussi, balayée d’une main. Entre 2015 et 2016, 22.500 agents de police ont été promus. Mais en contrepartie, les brebis galeuses ne sont pas épargnées, car 468 policiers ont été déférés devant la justice pour des actes répréhensibles divers.

Aux intellectuels de prendre leurs responsabilités

El Khayam, qui intervenait devant un parterre d’universitaires et d’étudiants chercheurs, n’a pas manqué de rappeler aux intellectuels leur rôle dans la lutte contre les extrémismes. «Forces de l’ordre, société civile et religieux, la plupart des acteurs ont apporté leur grain de sable dans la lutte contre les phénomènes extrémistes, mais l’intellectuel est le grand absent», affirmait le patron du FBI marocain. Ces derniers doivent en revenir à leur mission et aider dans la lutte contre les idées extrémistes et ceux qui les portent. Car, en substance, la lutte contre les groupes terroristes ne se base pas uniquement sur une approche sécuritaire, mais sociale plus profonde afin de comprendre les agissements de ces embrigadés et de leurs motivations.

 

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