Régions

Violences contre les femmes: L’enfer à Marrakech

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:4979 Le 13/03/2017 | Partager
1.304 cas relevés en 2016 contre 244 un an plus tôt
63% des Marocaines en sont victimes et seules 3% portent plainte
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Dans la plupart des cas, le prédateur n’est autre que le conjoint. Le danger vient donc de l’intérieur du foyer. Les hommes incriminés ont très souvent été eux-mêmes victimes de violence pendant leur enfance. Pour eux, le phénomène est banalisé (Ph. Fotolia)

Le dernier rapport de la Banque mondiale fait froid dans le dos. Dans le monde, 70% des femmes sont victimes de violences. Au Maroc, ce taux est de 63% d’après le HCP. Sur ces 6 millions de femmes touchées, seules 3% portent plainte pour 1% d’agresseurs pénalement poursuivis. Le Groupe de recherche sur les entreprises familiales et les stratégies des organisations (GREFSO) vient de réunir des magistrats, avocats, psychologues, universitaires et managers, ou acteurs associatifs, pour débattre de la discrimination et de la violence contre les femmes, à l’occasion du 8 mars. Au sein de la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales (FSJES) de Marrakech, tous ont pu dresser le bilan en fonction de leur rôle et de leurs expériences.

La magistrate Hakima Behti révèle que Marrakech est la ville la plus touchée par la violence. Les statistiques 2016 de l’Observatoire national des droits humains (ONDH) parlent de 244 cas en 2015, 1.304 cas en 2016, et 200 cas en 2 mois en 2017. «Cette augmentation importante des cas de violence prouve que l’on ne parle pas ici de cas isolés, mais clairement de pratiques sociétales», insiste-t-elle. Médecin psychiatre, Imane Benhima présente, quant à elle, les résultats de l’étude faite par l’équipe du CHU de Marrakech sur 265 femmes hospitalisées ou en période de grossesse.

«Elles sont 16% à subir des violences physiques. Une violence régulière qui conduit à une dépression sévère, modérée ou légère, et parfois à des tentatives de suicide», précise-t-elle. Tous les intervenants s’accordent à dire que la problématique centrale concerne l’idéologie et l’état d’esprit régnant dans la société. Combattre les stéréotypes liés au sexe féminin est indispensable. Cela nécessite la révision du système d’éducation, avec une plus grande attention aux messages transmis aux filles, dès leur plus jeune âge.  

Aux commandes de cette journée, Doha Sahraoui précise que «ce rendez-vous est destiné à inspirer les étudiantes et à les sensibiliser sur les violences sous toutes leurs formes, pour changer le cours des choses». Car, qu’elles soient étudiantes ou enseignantes, les femmes sont confrontées à différentes violences au sein même des universités. L’idée d’y ouvrir une cellule d’écoute a été soulevée et serait d’une grande utilité.
Les invitées à cette journée de débat ont défini 7 éléments fondamentaux pour réussir une carrière. Et ce, malgré les obstacles. Pour transcender leur vulnérabilité face à la discrimination, elles ont cherché l’autonomie, osé entreprendre des projets et évité la peur.
De notre correspondante,
Stéphanie JACOB

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