Société

Du machisme dans l’art aussi!

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:4977 Le 09/03/2017 | Partager
Les œuvres féminines souvent sujettes à des réflexions sexistes
Toujours une petite place dans les ouvrages d’histoire
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26 femmes artistes ont exposé leurs œuvres au Musée Mohammed VI d’Art moderne et contemporain. Cette exposition, placée sous le thème «Femmes, artistes marocaines de la modernité, 1960-2016», a débuté fin novembre 2016 et s’est prolongée jusqu’au 8 mars  (Source: Fondation nationale des musées, 2016)

A l’instar d’autres domaines, l’art n’a pas été épargné par la misogynie. Les femmes artistes sont, pour ainsi dire, souvent confrontées à des jugements sexistes. Leurs œuvres sont qualifiées à travers leur sexe. Or, «le domaine de l’art est un monde où les frontières se déplacent et où les libertés s’exercent», insiste Rim Laâbi, plasticienne et professeur d’art, lors de la conférence: «Le sexe de l’art: des évidences à questionner». La rencontre a été organisée en marge de l’exposition «Femmes, artistes marocaines de la modernité, 1960-2016», au Musée Mohammed VI d’Art moderne et contemporain.

La première preuve irréfutable d’une activité artistique féminine est une fresque pompéienne qui représente une femme en train de peindre. Cette œuvre prouve que les femmes artistes étaient bien présentes dans l’Antiquité.
Aujourd’hui, être femme artiste du modernisme signifie avoir un espoir et se battre chaque jour pour contrer les stéréotypes. En effet, quelle que soit leur sensibilité esthétique ou leurs prétentions au statut d’artistes, elles sont presque tout le temps discréditées. Par ailleurs, l’on retrouve dans la majorité des expositions plus d’œuvres appartenant à des artistes hommes qu’à des femmes. Les ouvrages relatant l’histoire de l’art ne font pas mieux. Jugerait-on l’art féminin comme étant mineur, ou bien sont-elles moins réellement présentes? «Seule une politique d’action générale, prenant en compte tous les effets de domination masculine, à commencer par l’Etat, l’école, les institutions cultuelles et culturelles peuvent aider les femmes à reprendre la place qui leur est due», souligne Laâbi, commissaire de l’exposition. «Mais, il reste beaucoup à faire!», poursuit-elle.  

Rim Laâbi est plasticienne, théoricienne de l’art, docteur des arts plastiques et sciences de l’art à la Sorbonne. Elle est actuellement professeure à l’université Mohammed V  de Rabat, où elle donne trois cours en «Histoire des arts et des idées», «Arts plastiques» et «Sciences de l’art». Laâbi a assuré le commissariat de l’exposition centrée sur la femme qui propose une réflexion sur les créations féminines et leur visibilité sur la scène artistique marocaine, ainsi que sur leur apport à l’histoire de l’art.

 

 

 

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