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Analyse

Anti-terrorisme: La coopération avec l’Algérie est décisive

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4972 Le 02/03/2017 | Partager
L’entêtement du voisin de l’Est favorise l’installation de nouveaux groupes terroristes
Les armes en provenance de la Libye entrent au Maroc via l’Algérie
Toute personne faisant l’apologie du terrorisme sur les réseaux sociaux sera poursuivie
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Sa nomination à la tête du BCIJ a donné un visage à la lutte marocaine anti-terroriste. Celui qui était visé par la Salafia jihadia en 2004 dit qu’il «ne faut pas avoir peur de ces organisations. Il faut les combattre. Tout le monde doit participer à cette bataille» (Ph. Bziouat)

- L’Economiste: Vous venez de démanteler une cellule qui voulait créer une base arrière de Daesh. Quel est le niveau de la menace que constitue cette organisation pour le Maroc?
- Abdelhak Khiam:
Compte tenu du nombre de cellules démantelées dernièrement, il est clair que Daesh vise l’Etat marocain. Ce qu’on appelle «l’Etat de la khilafa» ne ménage aucun effort pour propager son idéologie et conquérir tous les Etats islamiques. La dernière cellule démantelée était à un stade très avancé en matière de logistique et d’arsenal d’armes et de produits explosifs. Elle projetait de créer un climat de psychose au sein de la population. Elle visait des personnalités publiques et des intérêts étrangers au Maroc. Elle voulait aussi créer une base arrière pour renforcer ses rangs par d’autres cellules.

- Vous avez saisi un véritable arsenal de guerre. Par quel moyen ces armes arrivent au Maroc?
- Ce qui a été établi, d’après les éléments de l’enquête, c’est qu’il s’agit d’armes qui ont été introduites depuis l’Algérie. Mais elles sont en provenance de la Libye.

- Face à cette situation, comment remédier au manque de coopération des Etats voisins, principalement l’Algérie?
- Je ne cesse de le dire. La menace terroriste plane sur toute la région. D’autant plus que Daesh a déjà mis le pied en Libye. Tant que le problème politique de ce pays n’est pas résolu, le danger sera toujours là. Il ne concerne pas uniquement le Maroc, mais aussi l’Algérie qui souffre déjà de l’activisme du groupe Al Qaida au Maghreb islamique au sud de son territoire. A cela s’ajoute un problème créé de toutes pièces par l’Algérie au Sahara. A travers les enquêtes que nous avons entreprises, nous avons établi de manière claire l’implication de séparatistes dans des organisations terroristes et criminelles. Le Maroc prend toutes ses dispositions pour assurer sa sécurité. Mais l’absence de coopération et de coordination avec nos voisins algériens constitue une opportunité pour l’installation d’organisations terroristes dans la région. Il faut être clair: la sécurité de nos deux pays dépend d’une coordination qui doit avoir lieu entre les services de renseignement marocains et algériens. Malheureusement, ils s’entêtent. J’espère qu’ils vont se rendre à l’évidence.

- Des membres du PJD avaient suscité la polémique après l’arrestation de jeunes proches de ce parti dans le cadre d’une affaire d’apologie du terrorisme. Quelle est votre position par rapport à ce dossier?
- La force des organisations terroristes est liée à leur exploitation des réseaux sociaux pour propager leur idéologie, endoctriner et recruter. Je crois que les textes de loi sont clairs. Un article de la loi anti-terroriste spécifie que toute personne qui fait de l’apologie des actes terroristes sera poursuivie. Pour moi, il s’agit dans cette affaire d’une application stricte de la loi. Nous ne prenons pas en considération que telle personne appartient à un parti politique ou à un autre.

- Quelle est votre stratégie de lutte contre l’endoctrinement et l’embrigadement via les réseaux sociaux?
- L’approche générale du Royaume en matière de lutte anti-terroriste privilégie l’anticipation. Certes, la Constitution garantit la liberté des personnes. Mais à partir du moment où il y a des signes qui montrent qu’un individu fait l’apologie d’un acte terroriste ou bien entre en contact avec des organisations terroristes, bien sûr, des mesures légales s’imposent par le biais du BCIJ et de la DGST.

- Comment vous vous préparez pour faire face aux risques que pose le retour des Marocains des zones de combat?
- Nous disposons d’une loi adoptée en 2014. Toute personne qui rejoint les zones de tension peut être poursuivie en vertu de ce texte. Celles qui rentrent sont arrêtées et soumises à un interrogatoire pour être déférées devant la justice. Jusqu’à maintenant, leur nombre a atteint 78 personnes.

Procédure

«Tout se passe dans le respect total de la loi». C’est ce qu’a expliqué Abdelhak Khiam concernant le déroulement de la procédure d’interpellation des personnes impliquées dans des affaires terroristes. Il a rappelé que «toutes les opérations d’arrestation sont filmées. Nos interventions sont effectuées durant les heures légales en notifiant à la personne interpellée le motif de son arrestation et son droit de garder le silence». Elle a également le droit d’avoir un avocat, qui peut la rencontrer 36 heures après son arrestation. Il a fait savoir que le BCIJ a pris une autre initiative, «qui n’est pas stipulée par la loi». Toute personne arrêtée est soumise à un examen médical à son entrée, avant de passer à l’interrogatoire. Au moment de sa présentation devant la justice, elle est soumise à un nouvel examen médical pour éviter certaines accusations.

Propos recueillis par
Mohamed Ali MRABI

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