Entreprises

Valorisation des déchets: Ces industriels pionniers du recyclage

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:4970 Le 28/02/2017 | Partager
Managem: Plus du tiers de sa production de cobalt est issu de la valorisation de ses rejets
Kilimanjaro, un modèle à dupliquer auprès des ménages
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L’industrie du recyclage et de la valorisation des déchets est en plein développement. Ce marché porteur est investi par des pionniers tels que Managem, CMCP, Kilimanjaro,… (Ph. L’Economiste)

Loin d’être une source de dépenses inutiles, la valorisation des déchets est devenue un axe stratégique de développement de grandes et petites industries. En effet, des entreprises comme Managem, Kilimanjaro Environnement, CMCP-International Paper… ont déjà intégré cette donne dans leur process. Ces entreprises démontrent comment elles ont pu transformer une contrainte environnementale en activités génératrices de richesses et de valeurs. Pour y arriver, ces entreprises ont repensé, imaginé des modèles économiques à travers l’innovation, la R&D, afin de revaloriser les déchets industriels et ménagers.

Forte de son centre de recherche Reminex, Managem a pu valoriser des rejets cumulés depuis 1928 de ses mines de cobalt. La filiale minière de la SNI a réussi à développer un procédé industriel permettant de produire annuellement 500 tonnes de cobalt métal. Le groupe a pu traiter ses effluents liquides de l’ensemble des unités hydro-métallurgiques, pour produire du sulfate de sodium et recycler l’équivalent de 500 m3/j d’eau. Du coup, plus du tiers de sa production de cobalt est issu de la valorisation de ses rejets. Mieux encore, Managem est en plein développement d’une filière de recyclage et de valorisation des déchets des équipements électriques et électroniques (D3E).

Le groupe minier revalorise également ses déchets dans des alliages spéciaux, batteries de téléphone... Ses investissements dans la R&D ont permis la création de nouveaux métiers à l’instar de la production d’oxyde de fer destinée à l’industrie cimentière, de l’acide sulfurique utilisé dans les procédés d’hydrométallurgie...
Avec un taux de recyclage de papier d’environ 30%, la filière papier est l’une des plus dynamiques du Maroc. Elle recycle près de 100% du carton usagé. Cependant, comparé aux pays d’Europe, il y a du chemin à faire. Des pays européens comme la France, l’Espagne… ont un taux de recyclage du papier d’environ 60%, loin derrière l’Allemagne (80%). Le recyclage du papier carton est une industrie lourde avec un ticket d’entrée assez élevé.

A titre d’exemple, une machine de recyclage de papier (carton, chutes d’imprimerie, papiers corbeilles, journaux, magazines et revues, archives…) coûte entre 500 et 600 millions de DH. Le marché est dominé par des filiales de grands groupes tels que CMCP-International Paper (filiale de l’américain International Paper), qui recycle près de 70% du papier au Maroc. «Tout le monde doit mettre la main à la pâte pour améliorer les taux de recyclage et de ramassage», confirme Mounir El Bari, président de la Fédération des industries forestières, des arts graphiques et de l’emballage (Fifage). Pour y arriver, le tri à la source devra devenir un réflexe quotidien auprès des ménages.

Le cas d’école Kilimanjaro

Autre cas d’école en matière de valorisation des déchets: l’entreprise Kilimanjaro. Grâce à la technologie numérique, Kilimanjaro Environnement innove en érigeant le citoyen en un acteur majeur du recyclage des déchets ménagers. La start-up s’est lancée en 2014 dans une phase test afin d’étendre ses services à la collecte d’huiles usagées et matériaux de recyclable auprès des particuliers (cf. www.leconomiste.com; édition n°4875 du 13/10/2016). L’entreprise développe l’application Eko-Geste Dari pour l’usage des particuliers. Grâce à cette application mobile gratuite,  les particuliers peuvent commander à tout moment le passage d’un collaborateur de Kilimanjaro afin d’effectuer une collecte.

 

 

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